Communique du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi 12 décembre  2002

 

Le Bureau politique de l'A.FP s'est réuni, le jeudi 12 décembre 2002, sous la présidence du Coordonnateur national, M. Madieyna Diouf, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, en mission à l'étranger. Lors de cette séance, le Bureau Politique de l'AFP a examiné l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du parti

Le Bureau Politique de l'AFP tire la sonnette d'alarme : un spectre hante la démocratie sénégalaise, c'est le spectre de la pensée unique, qui menace les libertés fondamentales. Ceux qui projettent publiquement de "formater la conscience des Sénégalais " ont confirmé, dans le cadre du dossier du Fonds de Développement Economique et Social du Sénégal, leur volonté de passer aux actes, quoi qu'il en coûte à la République, à l'Etat de droit et à la morale.

A cet égard, le refus persistant de la RTS, de diffuser la conférence de presse du Secrétaire Général de l'AFP, et ce malgré la condamnation et les injonctions du Haut Conseil de l'Audiovisuel, mettent à nu le mépris des Institutions de la République par le nouveau parti-État. Enfin, tirant les enseignements des agissements de l'État-PDS, dont l'unique objectif est de porter atteinte à l'intégrité morale et aux qualités d'homme d'Etat de M. Moustapha Niasse, le Bureau politique de l'AFP attire l'attention des démocrates et des Républicains sur la gravité des méthodes du pouvoir, pour qui les intérêts du PDS passent au- dessus de tout, dussent-ils se réaliser au mépris de l'éthique républicaine et de la sauvegarde des intérêts de l'Etat du Sénégal.

Le Bureau politique de l'AFP félicite tous les militants, les démocrates et les membres de la société civile qui se sont dressés contre cette entreprise machiavélique. Il exprime, de nouveau, sa solidarité indéfectible au Secrétaire Général de l'AFP, M. Moustapha Niasse, et invite toutes les structures du parti à demeurer vigilantes pour la sauvegarde des acquis démocratiques que le réflexe totalitaire s'emploie à rogner.

Au lieu de se décider à s'attaquer, enfin, aux vrais problèmes qui assaillent les Sénégalais, le Gouvernement de Me Wade poursuit sa fuite en avant en présentant un budget 2003 fondé sur une hypothèse de hausse des recettes fiscales de 5 % et un taux de croissance de l'économie de 7 % en 2003 ! Une analyse, même sommaire des tendances des principaux leviers de l'économie, laisse augurer une détérioration sérieuse de la situation. Le déficit prévisible de la balance des biens et services, les conséquences de la campagne agricole calamiteuse 2002-2003, le marasme actuel du secteur industriel, la chute de la demande intérieure avec l'absence de revenus monétaires en milieu rural sont incompatibles avec un taux de croissance de l'économie en 2003 supérieur de 4,5 points à celui de 2002. Cette hypothèse est légère et incongrue.

Il en est de même de la demande sociale. L'accroissement de la pression fiscale, qui sera consécutive au rétrécissement prévisible de l'assiette par rapport aux perspectives de croissance, sera de nature à freiner le développement de l'emploi dans le secteur privé. D'autre part, la politique agricole désastreuse du Gouvernement a éliminé, depuis deux ans, du circuit économique 70 % des consommateurs sénégalais. L'appauvrissement du monde rural est sans précédent.

Dans le projet de budget, il n'y a pas de mesures d'envergure en faveur du monde rural alors que la Présidence de la République, la Primature, le Ministère des Affaires Etrangères, les Forces Armées, le Ministère de l'Intérieur bénéficient de mesures nouvelles de l'ordre de 6 milliards. Pendant ce temps, le fonds de calamité en faveur du monde rural n'est que de 3 milliards.

Examinant les développements inquiétants relatifs au mouvement social, l'AFP exprime sa solidarité à tous les travailleurs qui luttent pour l'amélioration de leurs conditions de vie, notamment aux syndicats enseignants qui se heurtent aux manœuvres de diversion d'un Gouvernement incapable d'appréhender les enjeux de premier ordre de l'éducation.

Par ailleurs, en dépit de sa modicité criarde, eu égard à l'ampleur de la catastrophe, la provision de 8 milliards cfa annoncée par le Gouvernement pour l'indemnisation des familles des victimes du "Joola", ne bénéficie même pas d'inscription particulière au titre des mesures nouvelles, inscription qui garantirait son exécution. De surcroît, après avoir promis urbi orbi le remorquage de l'épave du bateau, le Gouvernement de Me Wade continue d'organiser la banalisation et l'oubli.

Examinant le deuxième point de son ordre du jour, le Bureau Politique félicite l'ensemble des militants, qui se sont attelés à la structuration dans la quasi-totalité des départements des organes du parti. Il exhorte les militants à parachever, dans les conditions idéales, la construction du parti et l'affirmation de son identité en tant que de parti de masse et de conquête des libertés démocratiques. A cet effet, le Bureau politique invite l'ensemble des militants à réaliser, dans les délais prescrits, toutes les recommandations et décisions des commissions de travail, mises en place en vue du 1er Congrès du parti et prendre toutes mesures nécessaires pour baliser le terrain du changement politique et social et du redressement moral du Sénégal.

 

Dakar, 12 décembre 2002

Le Bureau Politique de l'AFP