Cérémonie de présentation des vœux de l’Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (ANCP)
au Secrétaire Général du parti
 

Allocution de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général de l’AFP

Dakar, Hôtel Terrou-Bi, jeudi 22 janvier 2015

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Camarade Coordonnateur de l’Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès,

Mesdames, Messieurs les membres et animateurs de l’ANCP,

Mesdames, Messieurs les membres du Bureau politique de l’AFP,

Mesdames, Messieurs, Camarades du parti, membres du Comité directeur,

Mesdames, Messieurs,

La cérémonie d’échange de vœux était et est restée dans les habitudes de notre parti, un rituel porteur de sens et source d’engagement. Cette cérémonie résulte d’une pratique initiée par l’ANCP, depuis le début de la création du parti.

Elle se tient, habituellement, dans un Hôtel de la place.

Je veux préciser, dès l’abord, que la date de cette rencontre a été fixée il y a plus d’un mois, son programme établi et son déroulement tracé.

De ce fait, notre rencontre de cet après-midi n’a nullement été dictée par une quelconque relation avec l’actualité politique et encore moins avec les nuages que certains s’évertuent à créer, dans le but  de bâtir une assise – bien fragile, du reste – destinée, dans leur esprit, à s’offrir une rampe de lancement pour je ne  sais quelle ambition.

Tout est ainsi clair, dès le départ.

Cette cérémonie constitue un cadre privilégié de mobilisation et de remobilisation des énergies, des idées, des pensées, habitant les militantes et les militants de notre parti, sur le présent de notre pays, sur son futur, sans oublier son glorieux passé dans le champ de l’effort, profondément ancré dans l’espace de l’éthique de vie, de la morale républicaine et d’une constante recherche du progrès pour tous, dans la concertation, l’ouverture d’esprit, la solidarité et la générosité qui font la force de toute communauté humaine.

            Mes chers Camarades,

L’Alliance des Forces de Progrès n’est pas un parti de circonstance.

L’Alliance des Forces de Progrès ne peut, en aucun cas, être un fonds de commerce sur lequel n’importe qui, quand il le désire, peut faire une OPA, comme dans une foire où des maquignons et des marchands de rêve se disputent, avec acharnement, les restes d’un mobilier usé considéré comme définitivement disloqué et propre à être livré à l’encan. L’AFP est un jeune parti. Et ce parti n’implosera.

J’y reviendrai.

Le Sénégal est à la croisée des chemins, fidèle en ce début de l’An de Grâce 2015, aux exigences de son destin, qui requiert sagesse dans la réflexion, force dans l’action, clarté dans les choix, persévérance et endurance dans l’effort, le tout orienté vers un souci constant et une volonté inébranlable d’atteindre l’efficacité.

Dans cette voie, l’engagement des cadres, tout particulièrement en Afrique, est une nécessité historique. En effet, de par son savoir, son savoir-faire et son savoir-être, le cadre doit répondre non seulement à l’interpellation des impératifs du développement, mais aussi aux injonctions sociales. Plus et mieux, les cadres doivent s’engager à imaginer des solutions à des problèmes inédits et à des besoins fortement ressentis mais pas toujours clairement exprimés.

L’AFP, notre parti, ne saurait, dans ce combat, occuper que la place qui est la sienne, c’est-à-dire la première. Comme nous le faisions, à la Place de l’Obélisque, pendant la lutte de libération, quand nous faisions face, les mains nues mais prêts à donner notre vie, aux forces aveugles qui voulaient nous dénier nos droits et annihiler notre volonté de bouter dehors ceux qui dirigeaient ce pays comme leur patrimoine propre, confondant autorité et violence, droits et libéralités consenties selon le bon vouloir du prince, incapables de se projeter dans l’avenir, sans aucun sens de l’Etat, oubliant les leçons de l’histoire et le sort qui a été réservé au Roi Cadmos et à tous ceux qui, un jour, ont rêvé de réduire au silence les consciences et le destin des hommes.

Le Sénégal, tout comme la plupart des Etats africains, évolue au milieu d’un contexte caractérisé par l’irruption de données nouvelles dans notre sous-région – difficultés économiques, chômage des jeunes, précarité dans le monde rural, tentatives de déstabilisation de la part de forces qui prônent la violence et s’attaquent aux libertés élémentaires des populations – au moment où, sur la scène internationale, nos responsabilités sont de plus en plus larges, car la géopolitique, la géostratégie et les nouveaux périls rendent plus ardues les missions à accomplir, pour faire face, avec résolution et vaillamment.

C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, au-delà des compétences techniques, il convient  plus que jamais de s’évertuer à comprendre le monde pour le transformer, au profit de l’intérêt général et du plus grand nombre.

Ces impératifs de l’heure rappelés, vous me permettrez de formuler à l’intention de tous nos camarades, hommes, femmes et jeunes, sans oublier les personnes du 3ème âge, des vœux chaleureux, pour que l’année 2015 soit pleine pour nous tous et pour nos familles de paix, de sérénité, de bonheur, de prospérité et de satisfaction de nos aspirations multiples et variées, par la Grâce de Dieu, notre Seigneur, le Clément et le Miséricordieux, Créateur et Maître du monde et de l’univers.

L’ensemble de ces réalités explique et justifie la singularité de cette cérémonie d’échanges de vœux, singularité qui réside, cette année, dans l’organisation de deux exposés suivis de discussions. Nous consacrerons ces discussions, cet après-midi, à la mise en œuvre effective du Tarif Extérieur Commun (T.E.C.) dans les Etats membres de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), d’une part, et à la situation dans le monde rural au Sénégal, d’autre part, sous l’éclairage des données identifiées et dans la perspective des projets contenus dans le Plan Sénégal Emergent (P.S.E.).

Les deux sujets retenus revêtent une grande importance.

Le Tarif Extérieur Commun est une innovation de taille dans le processus qui porte la construction d’une Afrique de l’Ouest intégrée au plan économique et dans le domaine des échanges qui cadrent et encadrent la circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services, de même que la circulation et la valorisation des expériences vécues ou en cours. Ces expériences sont reconnues et évaluées dans les domaines de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée, et cette option doit être poursuivie tant il est vrai que le développement et le progrès ne sont réalisables qu’à partir de politiques publiques organisées et soutenues, plus particulièrement sur les axes de découvertes nouvelles, de publications de travaux scientifiques et d’échanges entre établissements d’enseignement supérieur et d’Instituts spécialisés.

Le développement trouve les sources de sa progression dans la science et la maîtrise des connaissances qui permettent à l’homme d’évoluer dans son environnement en le transformant, étape après étape.

Dans cet esprit,le rôle des Universités est stratégique.

Encourager les chercheurs et rendre performants les équipements des laboratoires de recherchesconduit vers la création et la maîtrise de technologies nouvelles, comme cela  est pratiqué, depuis de longues années, voire des décennies, dans les pays industrialisés de l’hémisphère nord et dans certains pays développés de l’hémisphère sud comme l’Australie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et en Asie : Singapour, Corée du Sud, Chine, Japon, notamment.

S’agissant du monde rural, il est aujourd’hui établi que le progrès et la croissance sont portés par le niveau de productivité des activités des zones agricoles, principalement. D’abord pour assurer, autant que possible et par étapes, la réponse la plus convenable à la demande des populations en matière de produits alimentaires de qualité, riches en protéines et en éléments nutritifs pour la santé et pour le développement de l’intelligence des citoyens, ensuite par la transformation sur place de certains produits à vocation industrielle, créant ainsi des revenus substantiels et une plus-value durable en faveur de tous.

Je suis persuadé que de nos discussions, sortiront des idées majeures, des projets nouveaux et des pistes d’actions qui seront  une source inépuisable de références fiables et confirmées, afin de faire entrer notre pays dans l’ère de l’émergence, ce qui est pour nous une ambition à la fois légitime et réalisable.

Nous le pouvons si nous le voulons et il se trouve, précisément que nous le voulons déjà.

Un grand penseur a écrit : « rien de grand ne se fait sans de grands hommes et ceux-ci le sont  pour l’avoir voulu ».

Je laisse aux Conférenciers le soin de nous accompagner, par leurs exposés, sur ce chemin exaltant de l’échange et de la réflexion commune, moyens privilégiés de s’enrichir mutuellement, pour réaliser nos rêves d’un Sénégal de grandeur, d’unité, de paix et de solidarité partagées, pour nous-mêmes et pour les générations futures.

Je ne saurais terminer cette allocution sans évoquer, brièvement, en restant sur les hauteurs, la situation dans laquelle certains, l’on ne sait pourquoi, persistent à vouloir que notre parti soit au bord d’une implosion.

Lorsqu’on s’exprime, en son nom personnel, pour donner son avis sur la vie du parti, dans des conditions qui sont les siennes, l’on a tendance à titrer : « les jeunes filles du parti disent… ».

Lorsqu’un groupe de jeunes, habité par le syndrome d’Icare, décide de « présenter un candidat à l’élection présidentielle à venir, en 2017, l’on titre : « les jeunes du parti contestent la décision du Bureau politique de l’AFP, défient le Secrétaire Général et décident de présenter un candidat ».

Deux décisions sont intervenues à la Permanence de l’AFP le lundi 10 mars 2014. La première s’est  traduite par l’adoption d’une Déclaration, adoptée à l’unanimité des 129 membres du Bureau politique présents, y compris les responsables régionaux, les responsables départementaux, la Présidente du Mouvement National des Femmes pour le Progrès, le Secrétaire Général du Mouvement National des Jeunes pour le Progrès et le Coordonnateur National de l’Alliance des Cadres pour le Progrès. A cette occasion, le vote a été public, en présence des représentants de toute  la presse nationale et internationale, au terme de 8 heures de débats où chacun a eu la liberté de s’exprimer.

Dans cette Déclaration, le Bureau politique de l’AFP a souligné que si le schéma politique en cours se maintient, l’AFP n’envisage pas de présenter à la prochaine élection présidentielle un candidat, considérant que le bilan qui serait présenté par la Coalition BennooBokkYakkar l’engagerait pleinement, en raison de son implication dans l’exercice du pouvoir, sous la direction du Président Macky Sall.

Cette décision est une décision du parti. Le Secrétaire Général a voté pour son adoption. Il appartient au parti de la respecter et de la faire observer. 

La seconde décision, que certains ont tendance à oublier, a été prise par le Secrétaire Général lui-même.

Quelle est cette décision ?

Elle se résume de la manière suivante :

Moi, Moustapha Niasse, citoyen sénégalais, je tiens à affirmer, après l’adoption de cette Déclaration du Bureau politique et prenant entièrement mes responsabilités, que si, à partir de ce jour, un membre du parti, homme ou femme, décidait, quelles qu’en soient les raisons, d’être candidat, si Dieu fait que je sois là, je n’apporterais à ce candidat, homme ou femme, jeune ou moins jeune, ni ma caution, ni mon soutien politique, ni mon appui financier, ni ma bénédiction.

Le parti est comptable de la décision qu’il a prise.

Il lui appartient de protéger et d’appliquer cette décision, face à quiconque a pu participer au vote du 10 mars pour, aujourd’hui, pour des raisons que nous voulons ignorer, décide de se dédire, c’est leur affaire.

La décision que moi, Moustapha Niasse, citoyen sénégalais, j’ai prise, personnellement, le 10 mars 2014, en tirant les conclusions de la réunion du Bureau politique, relève entièrement  de ma responsabilité. Nul ne peut la changer : je ne cautionnerai personne, je ne soutiendrai personne, je n’apporterai un appui financier à personne et je ne bénirai personne car je sais ce qu’est le respect de la parole donnée, le sens de la loyauté et le courage de défendre, vaille que vaille, la vérité.

Le silence et la patience, depuis des temps immémoriaux, sont les armes des plus forts.

Je défendrai ce parti, que nous avons créé ensemble, il y a seize ans. Certains de nos camarades nous ont quittés au milieu du combat. Nous respectons leur mémoire et nous saluons leur engagement, en priant pour eux afin que Dieu les accueille en Son Paradis.

D’autres camarades ont préféré, volontairement, quitter le parti, en vertu de la liberté reconnue à chacun de choisir son chemin et de prendre la direction qui lui convient, en paix et en conformité avec sa propre conscience.

Ces camarades-là, dans leurs relations avec nous tous, bénéficient, de notre part, d’une considération qui est à la mesure des étapes que nous avons ensemble parcourues, un temps donné, au service de notre pays.

Ceux qui sont restés dans le champ de l’effort et du combat, sont bien nombreux parce que ni les menaces d’orage ni les éclairs qui déchirent le ciel de la météorologie politique ne sauraient les déstabiliser ou émousser leur ardeur.

Ils sont ici.

Ils sont ailleurs.

Ils attendent qu’arrive l’heure des combats pour marcher, sans regarder les dangers ni faire attention aux risques liés à la vie militante.

Comme les vieux rameurs de la tragédie grecque, résolument, ils vont vers le  rivage en lui tournant le dos.

Dans quelques mois, l’AFP devra être en mesure de fixer la date de son prochain Congrès ordinaire, dans le courant du deuxième semestre 2015 ou du premier trimestre 2016.

Il est temps, en effet, que le parti se dote, dans les formes convenues, d’une Direction dont les membres auront été démocratiquement élus, depuis les Communes rurales, les Départements, les Régions de l’ensemble du Sénégal, au terme d’une opération propre et sous contrôle, de renouvellement des instances de base. Au terme de cette opération, et dans un mouvement ascendant et vertical, les délégués au Congrès éliront, dans un cadre transparent et non contestable, les dirigeants du parti.

Savoir quitter les choses, en toute connaissance de cause, dans la plénitude de ses propres facultés mentales et intellectuelles, est un souci qui m’a conduit, au Congrès de mars 2011, que j’entendais laisser à des jeunes le soin de succéder aux hommes de ma génération, à la tête de notre parti.

La question de la succession, il faut avoir le courage de le dire, est à l’origine, depuis quelque temps, des concerts de croassement, des imprécations désespérées, des philippiques guerrières, des proclamations qui s’entrechoquent au croisement des ambitions.

Si un membre du parti est candidat ou souhaite l’être en 2017, rien ne l’empêche de le dire et d’agir en conséquence.

Moi, Moustapha Niasse, je ne le soutiendrais en aucun cas. Cette décision m’appartient et à moi seul. C’est ma liberté, tout comme celle de ceux qui se présenteraient à une quelconque élection.

Il est si évident que ce n’est pas à la fin d’une carrière, reconnue bien  remplie par tous, que l’on bâtit des plans de promotion.

Dieu trace le destin de chacun.

Je sers mon pays et ses populations.

Si Dieu me prête vie, même étant à la retraite et avec les possibilités que le Seigneur m’a données, je poursuivrai cette mission, soutenant les personnes qui se trouvent dans le besoin, celles qui souffrent, celles qui sont démunies, celles qui n’ont pas été favorisées par le sort.

Pour conclure, mes chers Camarades, permettez-moi de vous dire qu’aussi longtemps que je dirigerai ce parti, jusqu’à l’avènement de la succession démocratique que j’appelle de tous mes vœux, l’AFP sera protégée, renforcée, consolidée et les actes d’indiscipline ainsi que les provocations de toute nature seront gérées comme il se doit, traitées en conséquence vaille que vaille, en application des Statuts et du Règlement intérieur, avec vigueur et avec rigueur.

Au demeurant, les actes posés font l’objet d’une procédure, conformément aux textes qui régissent la vie et le fonctionnement du parti et, le moment venu, les décisions seront prises.

C’est une question de responsabilité car les idéaux et les principes qui ont été à la base de la création de l’AFP ne sont pas circonstanciels. Ils sont immuables et constitueront, en tout temps et en tout lieu, la boussole de notre parti.

Mes chers Camarades,

Je vous invite à garder en mémoire cette réalité intangible qui nous a permis, depuis la création de notre parti, de surmonter, ensemble, toutes les épreuves.

Je vous remercie.

 

Moustapha Niasse