Point de presse du Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse

Dakar, le 28 Septembre 2005

Déclaration liminaire

 

 

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, au nom du Bureau politique de l’AFP, vous souhaiter la bienvenue.

 Vous avez eu l’amabilité de répondre à notre invitation, à l’occasion du point de presse que nous tenons aujourd’hui, avec vous, au Siège de notre parti.

 Comme vous le savez, l’actualité nationale, dans notre pays, revêt un caractère tout à la fois multiforme et préoccupant, sous divers aspects.

 Les Sénégalais, à juste titre, s’interrogent. Ils s’interrogent sur le présent. Ils s’interrogent sur l’avenir. Dans quelques jours, les Ecoles seront réouvertes et l’Université commencera de fonctionner, à Dakar comme à Saint-Louis. Les Lycées et Collèges, l’enseignement élémentaire, les structures de l’Education nationale, en général, dans les secteurs publics et privés, entameront une nouvelle année scolaire et universitaire, pour gérer, ensemble, l’avenir de notre jeunesse par le biais de l’enseignement et de la formation, domaine privilégié où se construisent et se consolident les valeurs permanentes qui font le citoyen et le patriote.

 Le monde paysan, à quelques semaines de la récolte de l’arachide, au moment où le maïs et le mil arrivent à maturation, attend, légitimement, que les efforts entrepris depuis plusieurs mois dans les champs trouvent récompense de la part des pouvoirs publics. Des villes et des villages, depuis le mois d’août, ont été envahis par les eaux, avec, comme conséquence, de nombreuses familles sans abri, regroupées dans des sites provisoires dont certains se trouvent être des lycées, collèges ou écoles primaires.

 Un tel contexte, qui ne doit cependant pas nous décourager, appelle une réflexion approfondie et des comportement sereins, dans un sursaut d’échanges ouverts, qui nous permette de sortir de ces situations, en sauvegardant l’essentiel et en gérant, avec efficacité, les priorités nationales.

 Evidemment, c’est aussi dans un tel contexte que la politique semble prévaloir, de plus en plus, au milieu du débat public. Sans doute les dossiers politiques revêtent-ils un intérêt contingent et répétitif attirant vers eux la tension et les conversations. Cependant, il demeure évident que les problèmes qui nous interpellent doivent et peuvent trouver des solutions conformes à l’intérêt général.

 L’Alliance des Forces de Progrès, à l’occasion de l’une de ses réunions, a voulu mettre l’accent sur la nécessité, pour les Sénégalais, de consacrer davantage de temps et de réflexion à l’action intelligente, bien pensée, efficace par rapport aux réflexes politiques.

 Nous savons que depuis quelques jours, l’opinion sénégalaise suit, avec attention, ce que l’on appelle les prolongements d’une rencontre qu’un citoyen, de surcroît Secrétaire Général d’un parti légalement constitué, a eue, un soir, avec le Chef de l’Etat, pour parler, avec celui-ci, de la situation de notre pays et des moyens de sortir le Sénégal des difficultés dans lesquelles il évolue présentement.

 Beaucoup a été dit et écrit à ce sujet.

 Nous avons estimé, à l’AFP, qu’il était normal de poursuivre notre dialogue avec le peuple, pour dire et redire que notre parti, en toutes circonstances, tient à demeurer dans le sillage direct de l’idéal qui a présidé à sa création : se mettre au service du peuple, dans la transparence et ne négliger aucun effort pour contribuer à l’amélioration du niveau de vie des Sénégalais, à la préservation de leur bien-être, à la consolidation et à la protection de leurs libertés.

 Nous voulons, avec vous, cet après-midi, discuter, librement, du dossier de cette rencontre avec le Chef de l’Etat. Nous ne voulons, comme d’habitude, guère polémiquer.

 Nous voulons simplement réaffirmer que nous sommes prêts, chaque fois que le Président de la République en exprimera le souhait, à aller le rencontrer et, discutant avec lui, à lui exprimer nos idées, avis et choix sur les grands dossiers qui concernent les Sénégalais. Nous le faisons et nous continuerons de le faire, dans la liberté de la ligne d’action décidée par la Direction de notre parti. Dans cette démarche, nous demeurons fidèles à une logique politique qui doit être le crédo de tout citoyen.

 L’Alliance des Forces de Progrès est membre fondateur du Cadre Permanent de Concertation de l’Opposition (CPC) et de Clarté Na Leer. Dans ce cadre, nous participons, activement et à tous les niveaux, à la mise en œuvre des programmes de travail que nous avons adoptés et à la défense des idéaux que nous partageons. Plus que jamais, et sans ressentir nul besoin de donner des gages, nous restons, résolument, engagés, à ce titre, au milieu du combat contre toute idée de couplage illégal des élections et contre tout projet tendant à modifier le calendrier républicain par une violation de la Constitution. Mieux, nous entreprendrons, tous ensemble, les initiatives les plus opportunes pour exiger et obtenir que les prochaines élections, législatives comme présidentielles, se déroulent dans une totale transparence, conformément au Code électoral et sous le contrôle contradictoire et public de tous les acteurs concernés et du peuple.

 Il y a 24 heures, les Sénégalais saluaient, encore une fois, la mémoire de nos compatriotes victimes du naufrage du bateau « Le Joola », le 26 septembre 2002, au milieu de l’océan, au large des côtes de la Gambie. La hausse des prix des denrées de première nécessité, l’augmentation du prix des produits pétroliers et celle des prix du transport urbain et interurbain, les coupures fréquentes d’électricité, les ravages causés par le choléra, la persistance des ordures ménagères non ramassées et la destruction de l’environnement qui en résulte, sont autant de dossiers qui doivent être traités et réglés avec une extrême urgence.

 Les Sénégalais ont raison de s’interroger sur leur présent et sur leur avenir.

 Le CPC et Clarté Na Leer ont indiqué, avec force et conviction, la volonté commune qui nous anime tous de faire en sorte qu’un climat apaisé intervienne au Sénégal, pour permettre au peuple de se prendre en charge, dans la sérénité, face aux défis qui nous interpellent et cela malgré les dérives répétées causées, chaque jour, par le pouvoir en place. Etre des patriotes et être des démocrates impliquent que nous privilégions, en toutes circonstances, l’intérêt national, ce qui ne pourrait, cependant, en aucun cas, nous conduire à fermer les yeux sur la sauvegarde des principes et des mécanismes sans lesquels l’avenir de notre pays serait gravement et durablement compromis. L’AFP est dans l’opposition. Nous voulons que les changements qu’exige le peuple interviennent dans ce pays. Cela est possible. Cela est réalisable.

 A l’issue de notre dernière rencontre avec le Président de la République, nos partis et leurs leaders ont réaffirmé leur ouverture vers un dialogue responsable mais sans compromission. Ce dialogue se poursuivra entre Clarté Na Leer et le pouvoir et c’est à cet égard et dans cet esprit qu’un Comité paritaire a été mis en place, qui devrait commencer ses travaux très bientôt, avec une égale représentation du pouvoir et de l’opposition, pour examiner et résoudre, dans toute la mesure du possible, les questions urgentes d’intérêt national. La paix, la stabilité, la sécurité des citoyens et l’unité nationale ne pourront être sauvegardées qu’au prix d’un sursaut lucide, patriotique et sincère.

 A présent, nous nous tenons à votre disposition pour répondre à vos questions.