DECLARATION DE M. MOUSTAPHA NIASSE, SECRETAIRE GENERAL DE L'AFP SUR LES EVENEMENTS DE KEDOUGOU

Appel à la sérénité

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A Kédougou, aujourd’hui, il s’est déroulé des évènements qui ont opposé la jeunesse du Sénégal Oriental à des forces de l’ordre public. 

Selon les informations fournies par les médias, la jeunesse de Kédougou a marché pour protester contre un système de recrutement non revêtu d’objectivité, concernant les emplois liés à de nouveaux projets dans le secteur minier. 

Un régime pris dans l’étau du désarroi, voire de la panique, a opté dangereusement pour le raidissement, aux fins de cacher une impuissance que le mouvement historique est en train de mettre au grand jour. Les évènements tragiques qui sont en train de se dérouler dans la ville de Kédougou sont non seulement l’expression d’un ras-le-bol général face à l’incompétence et aux dérives des tenants du pouvoir, mais traduisent également les réflexes dictatoriaux des individus qui ont accaparé l’appareil d’Etat à la faveur de fausses consultations électorales qui ont mis à nu leur manque de légitimité. Quoi de plus normal que des jeunes expriment pacifiquement leur mécontentement face au sous-emploi, au chômage et à la frustration provoquée par des activités économiques qui n’induisent aucune amélioration de leur sort ? La mesure et la sagesse qui devraient animer l’autorité, à quelque niveau que ce soit, face à des situations aussi sensibles, imposent le dialogue et la persuasion, au lieu des méthodes fortes qui ont envenimé la situation.

La répression brutale qui a provoqué la mort d’un jeune et plusieurs blessés graves est à dénoncer, surtout dans un contexte d’exacerbation des tensions causées par une frustration populaire profonde, dans une région périphérique qui décline son mémorandum volumineux depuis plusieurs années. L’AFP condamne cette gouvernance et ces méthodes d’un autre âge, en porte à faux avec la justice, la morale et les dispositions de la Constitution qui consacre le droit à la marche, souvent ignoré par les tenants du pouvoir, pour des raisons fallacieuses. L’AFP invite encore une fois le gouvernement à se ressaisir, et à faire preuve de sérénité pour éviter à notre pays des convulsions encore plus tragiques, dont Me Abdoulaye Wade sera le premier comptable.

Nous saisissons cette douloureuse circonstance pour exprimer la solidarité de l’AFP avec les populations de Kédougou et pour nous incliner devant la mémoire du disparu, en présentant nos condoléances attristées à sa famille éplorée.

 

Fait à Dakar, le 23 décembre 2008 

 

Moustapha Niasse