Diaspora citoyenne de Cincinnati

 

Conférence du samedi 20 novembre 2010

 

 

Sénégal : reconstruire un pays et en refaire un Etat de droit,

après dix années d’un pouvoir dit libéral

 

 

Par M. Moustapha Niasse

Ancien Premier ministre du Sénégal

Secrétaire Général de l’Alliance des Forces de Progrès

Ambassadeur de l’ONU pour l’Alliance des Civilisations

Membre du Global Leaders Forum

 

 

Permettez-moi, tout d’abord, de saluer et de féliciter, en même temps, les dirigeants et les membres de la Diaspora citoyenne de Cincinnati, pour l’initiative qu’ils ont prise et qui a permis, ensemble, ici, aujourd’hui, de nous  trouver  réunis, pour parler de notre pays, que tous nous aimons tant.

Ensuite, il me plait de relever, pour les remercier, la présence des délégations du Club de la Diaspora, de la Nouvelle Vision Africaine, du Mouvement And Défarat Djikoyi thie Sénégal Ak Diaspora, de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie-Mouvement pour la Rénovation, celle de nos compatriotes en provenance d’autres Etats, notamment de Colombus, du Kentucky, d’Indiana, de Dayton, de Détroit, de New-York et de Washington et aussi des représentants de partis membres de Benno Siggil Senegaal (B.S.S).

Il faut décerner une mention spéciale à tous les internautes qui m’ont envoyé des messages chaleureux soutenant notre rencontre de ce soir. Ils y trouvent l’occasion d’une étape nouvelle dans la marche des démocrates de notre pays vers une renaissance sénégalaise de qualité et de créativité nouvelles. Ces messages nous les recevons depuis plusieurs semaines, à travers les réseaux sociaux mis en place par les organisateurs. Ils vont, aussi, participer à nos débats grâce à la retransmission, en direct de cette séance.

La présence amicale et fraternelle de Talla Sylla et de Souleymane Jules Diop me procure une joie et un plaisir intenses. Ces deux combattants, totalement engagés aux côtés du peuple, pour la liberté, la démocratie et la paix, méritent notre hommage et nos encouragements.

 Que Messieurs Ahmet Fall et Oumar Ly, qui nous reçoivent à Cincinnati, acceptent, aussi, nos remerciements pour la qualité de l’accueil que nous avons reçue avec cette belle hospitalité sénégalaise qui entoure notre séjour parmi vous.

 Je remercie la Dahira Tijania à travers son Imam El hadji Malick Ndir, lien généreux des relations inter confrériques, l’Imam Thierno Amadou Dia, représentant de la famille Omarienne, Serigne Bassirou Mbacke et Serigne Youssoupha Bousso, guides de la communauté Mouride pour leurs prières ardentes et ferventes, qu’ils ont formulées, lors des visites que je leur ai rendues, pour bénir notre rencontre.

Je voudrais également saluer, à travers vous, le courage et le patriotisme des Sénégalais de l’extérieur. Loin des foyers qui vous ont vu grandir, vous avez pu vous adapter à une culture autre, travailler honnêtement pour gagner votre vie et participer, en même temps, à la promotion de l’économie nationale et celle des localités dont vous êtes issus.

 

 

Comme tous les Sénégalais, à présent, vous jetez sur notre cher pays, un regard plein d’interrogations.

 

Le Sénégal, en cette fin de l’année de grâce 2010, se trouve, plus que jamais, à la croisée des chemins.

 

Le 19 mars 2000, le peuple, dans sa grande majorité, s’était levé comme un seul homme, pour inaugurer une nouvelle ère de prospérité à construire, de démocratie à élargir et pour consolider et promouvoir, dans le respect total des principes de liberté et de générosité, une nouvelle éthique du développement. Celle-ci était voulue et conçue, en se fondant sur la transparence dans les comportements publics, la sacralité des principes républicains et une volonté en action de vivre en commun, dans l’unité nationale et dans la solidarité.

 

Jusque là, à part quelques années marquées du sceau d’un pouvoir qui montrait des signes évidents de vieillissement et de fatigue, notre pays était cité en exemple.

 

Le Sénégal n’était-il pas, à partir de l’année 1974, le pays du pluralisme politique naissant sur le continent africain ? Notre pays était écouté et entendu, consulté et pris en considération, sur la scène internationale. En Afrique de l’Ouest, et ailleurs sur le continent comme dans le reste du monde, les luttes engagées par les patriotes sénégalais pour faire accepter et reconnaître l’intangibilité et l’imprescriptibilité des droits humains, combats menés contre le pouvoir en place, ont été une référence dans les autres combats menés dans plusieurs autres pays, jusqu’à l’avènement, au début des années 90, du pluralisme des partis, à la faveur et à l’occasion d’une série de conférences nationales qui ont été, pour l’histoire, à l’origine de l’ouverture démocratique, aujourd’hui irréversible, au profit de la reconnaissance de la souveraineté des peuples.

 

Dans le même temps, à la Direction Générale de l’UNESCO, à la Direction Générale de la FAO , à la Présidence de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), au Secrétariat Général de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), avec l’élection brillante du Juge Kéba Mbaye, à la Cour Internationale de Justice de La Haye, dans des compétitions où des pays industrialisés avaient aussi présenté leurs candidats, et la conduite, avec succès, de plusieurs missions de médiations dans des foyers de conflits, en Afrique comme ailleurs dans le monde, étaient et demeureront, pour l’histoire, des moments forts où le Sénégal s’est distingué, soit par une élection remarquable et remarquée de ses candidats, dans des compétitions difficiles, ou en contribuant, à la grande fierté de nos compatriotes, au dénouement de crises graves, presque désespérées.

 

Tous ces hauts faits ne sont-ils pas liés à un passé lointain et ne nous invitent-ils pas, avec insistance, à une reconquête planifiée et intelligente, organisée et volontaire, des valeurs que le Sénégal perd de plus en plus à chaque instant qui passe ?

 

Le Président Abdoulaye Wade ne va-t-il pas jusqu’à combattre ces Sénégalais qui, avec brio, dirigent des Institutions du Système des Nations Unies ?

 

Il l’a fait, plus d’une fois.

 

Mais malgré les résistances que cet homme développe et organise contre la promotion de cadres sénégalais de valeur, à l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays, nombre de nos compatriotes exercent des responsabilités de haut niveau, à la Banque Mondiale , au Fonds Monétaire International, au Secrétariat des ACP à Bruxelles, à l’UEMOA, à Ouagadougou, à la C.E .A., à Addis Abéba, à l’OMS, à Genève et à Brazzaville, auprès du Secrétaire Général de l’ONU. Il en est de même à la tête d’importants Départements à la CEDEAO, à Abuja, à l’OACI, à Montréal, et à l’UNESCO, à Paris.

 

Des Sénégalais occupent, également, d’éminentes fonctions dans des entreprises privées qui contribuent au développement des pays africains, faisant bénéficier ces instances là de leur expérience et leur compétence reconnues partout dans le monde.

 

L’offensive que le Chef de l’Etat a engagée contre la FAO , allant jusqu’à proposer la dissolution de cette Institution spécialisée des Nations Unies n’a pas d’autre signification que cette volonté de discréditer les cadres sénégalais, tout comme il l’a fait en refusant, à Niamey, il y a quelques années, la reconduction du Président sénégalais de la Commission de l’Union Monétaire Ouest Africaine, en soutenant que le Sénégal n’avait pas de candidat à ce poste. Les sept autres pays membres de l’UEMOA étaient prêts à reconduire ce compatriote à la tête de cette Organisation sous régionale. Evidemment, le poste est allé à un autre pays. A la satisfaction surprenante, manifestée publiquement, du Chef de l’Etat.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Faire l’état des lieux devient, présentement, un exercice à la fois fastidieux et laborieux.

 

En effet, chaque jour, dans leur chair, les Sénégalais vivent et subissent les effets pervers, insidieux, pernicieux et destructeurs des actes cumulés et répétés d’une mal gouvernance débridée qui provoque des dégâts dans les foyers, dans les villages et dans les villes, dans la vie des femmes et des jeunes, accroissant la misère morale et physique de millions de nos compatriotes, abandonnés à eux-mêmes, dans un contexte où se perdent les repères, où les principes moraux sont violés et envahis par le flou, la confusion, le désespoir. Les personnes âgées ne sont pas épargnées, elles qui voient rognées leurs libertés, leur dignité. Leurs pensions de retraite se sont érodées et ne sont payées qu’au compte-goutte, quand il arrive qu’elles soient  payées. L’IPRES, organisme chargé de redistribuer aux bénéficiaires naturels les retenues qui avaient été effectuées sur leurs salaires pendant qu’ils étaient en activité professionnelle, s’est vu intimer l’ordre inique, par le régime de M. Abdoulaye Wade, d’acquérir pour 27 milliards CFA des terrains, dont il n’a que faire, dans la zone de l’Aéroport de Yoff, à la faveur d’une violence acquisitive, sans base juridique et de haut vol, sous le prétexte de rechercher des fonds pour bâtir, à Ouakam, la statue dite de la Renaissance africaine. Celui-ci a coûté plusieurs dizaines de milliards CFA (34, dit-on), dans une totale opacité. En plus, un fonds de 18 milliards CFA a été alloué à la promotion de cet édifice, confié à une Fondation Abdoulaye Wade, dirigée par la fille même du Chef de l’Etat.

 

Les spécialistes, il y a moins d’une semaine, ont, par voie de presse, lancé un avertissement sur le grave problème de sécurité que pose cette statue de 52 mètres de haut.

 

Ils soulignent qu’en cas de catastrophe, il y aurait de graves conséquences car les concepteurs de cette statue n’ont prévu aucune issue de secours ni aucun plan d’évacuation rapide, pour sauver les personnes qui se trouveraient à l’intérieur de cet ouvrage de 15 étages, équipé de miradors vitrés. Quel gâchis !

 

Récemment, il y a seulement quelques semaines, sur un terrain de 30.000 mètres carrés, situé à Ngor et propriété privée de M. Abdoulaye Wade, l’Etat sénégalais a entrepris d’investir 7 milliards CFA pour l’édification d’un village destiné à recevoir des hôtes de notre pays. Ces derniers séjourneront à Dakar, du 10 au 31 décembre 2010, pour seulement trois semaines, à l’occasion du Festival mondial des Arts nègres, en tant qu’invités spéciaux du président de la République.

 

Sur ce montant de 7 milliards CFA, tiré du budget de la République, sans aucune inscription figurant dans la loi de finances 2009/2010, 2 milliards sont consacrés à des travaux de terrassement, d’assainissement et de génie civil, pour rendre constructible ce terrain qui était couvert de bassins marécageux, de pierraille et de roches.

 

Le propriétaire aura ainsi réussi la prouesse de rendre utilisable son propre terrain aux frais de la puissance publique et du contribuable sénégalais. Que va-t-il faire, à la fin de ce festival, des villas en préfabriqué importées du Portugal et autres équipements actuellement en cours d’installation, pour une valeur de 5 milliards CFA ? Ne dit-on pas déjà que ces villas seront mises en vente, dans un cadre strictement privé, à des prix variant entre 300 et 500 millions CFA ? Au profit de qui et selon quels droits ?

 

Le président de la République, dans ce dossier, se contente de souligner qu’il a prêté son terrain à l’Etat pour le dépanner.

 

Peut-on trouver un cas plus grave d’enrichissement sans cause, fait accompli, procédé illicite et flagrant, en violation délibérée et préméditée des valeurs d’honnêteté qui s’imposent à tout dirigeant politique et public ?

Maitre Wade, comme d’habitude, a essayé à travers Global Voice de capturer une partie des revenus des émigrés Sénégalais en taxant plus cher leurs appels en direction du pays. Cela coûte déjà, depuis  plusieurs mois, des sommes importantes aux Sénégalais de l’extérieur.

Compte tenu de la crise financière internationale il aurait dû plutôt réfléchir à  l’amélioration du niveau de vie de nos compatriotes, lorsque l’on sait que ces derniers transfèrent au pays plus de 500 milliards de nos francs, soit plus que l’aide au développement.

Malgré la mobilisation des Sénégalais, qui a permis de rapporter cette décision illégitime, la taxe qui avait été instituée par cette mesure reste toujours en vigueur et permet à l’Etat du Sénégal de bénéficier indûment des ressources des sénégalais de l’extérieur.

A côte des Sénégalais de la Diaspora, nous continuons d’exiger  le retrait immédiat et sans condition de cette mesure .Cette taxe n’obéit à aucune contrainte liée au développement du Sénégal encore moins du secteur. Les 60 Milliards de Francs CFA ainsi tirés des revenus de nos compatriotes seront utilisés dans des conditions opaques.

 

Le listing des sujets de scandales, des cas précis et avérés de détournements de fonds publics, serait bien long si nous voulions poursuivre cet exercice.

 

Mais, je ne saurais ne pas évoquer l’achat d’un avion airbus A 319, acquis par le Gouvernement sénégalais, dans la semaine du 4 au 11 novembre 2010, à 20 milliards CFA, selon un communiqué officiel de l’Elysée. C’est là l’un des derniers scandales à contenu financier créé, dans le plus grand mépris vis-à-vis du peuple sénégalais, par le pouvoir en place à Dakar. Il faut ajouter 20 autres milliards CFA encore, pour l’équipement décidé pour cet avion, qui était celui du Glam (Groupement des liaisons aériennes ministérielles), et mis à la disposition du Président de la France pour ses déplacements officiels. Consacrer, ainsi, 40 milliards CFA à un gadget, totalement inutile, au moment où les secteurs de l’énergie, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de la protection de l’environnement, souffrent atrocement d’une insuffisance chronique de moyens budgétaires, est plus qu’un scandale. C’est un crime économique contre le peuple sénégalais.

 

Cet argent aurait pu, cependant, être mieux utilisé. Il aurait pu, en effet, permettre d’achever, pour de bon, les chantiers, à l’arrêt depuis onze ans, des hôpitaux de Fatick, Kolda et Ziguinchor, présentement envahis par les reptiles, ces chantiers étant en panne faute de nouveaux financements.

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Ce triste tableau, tout de réalité fait, appelle de la part de tous les patriotes sénégalais, un réarmement à multiples dimensions.

 

Ce réarmement doit se traduire dans des actes concrets et par la mobilisation active de tous les patriotes de notre pays. Cette voie est la seule qui nous conduira à la fin du régime PDS et à la renaissance d’un autre Sénégal.

 

Dès lors, face à cette situation, la problématique fondamentale de la reconstruction de notre pays, sur de nouvelles bases, avec de nouvelles idées, s’impose d’elle-même.

 

En quoi faisant ?

 

Pour redresser notre pays, il faut, tout d’abord, faire partir M. Abdoulaye Wade et son régime, de l’espace du pouvoir de la République.

 

Il sera alors possible de mettre en œuvre un plan d’urgence et un programme pour remettre le Sénégal sur la bonne voie, consolider son unité encore menacée par la persistance, depuis le 22 décembre 1982, soit plus de vingt huit années, de la crise casamançaise. Cette crise peut être résolue par la voie de la négociation entre les pouvoirs publics et le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC).

 

Il existe des bonnes volontés prêtes à accompagner de telles négociations jusqu’à leur terme et dans des délais raisonnables. Pour ce faire, nous devons  replanter, avec fierté et panache, le drapeau de l’intérêt national au sommet de l’Etat.

         

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Une nouvelle République est à fonder.

 

Un nouveau Sénégal est à créer.

 

Cela est possible, si nous le voulons.

 

Nous devons le vouloir.

 

L’histoire de notre peuple nous le permet et nous y engage.

 

Le destin de toute une nation fait de cette mobilisation un impératif, un devoir, un objectif, un sacerdoce.

 

Quelles sont les urgences de l’heure ?

 

Commençons par le commencement : le fait historique de la tenue des Assises Nationales.

 

Concrètement, les Assises Nationales, qui se sont déroulées pendant une année entière, constituent la référence de base, incontestée et effective, du fait qu’elles ont élaboré des recommandations précises concernant le futur schéma institutionnel du Sénégal, les réformes essentielles à mettre en œuvre pour réhabiliter tout un pays, son économie, la croissance, le bien-être et le progrès. Cette volonté organisée d’un peuple en mouvement sera déroulé selon les procédures autorisées par le droit et par la loi, en vue de remettre au travail les populations de notre pays, dans la plénitude de leurs droits et la pleine conscience des obligations qui leur incombent dans la gestion de ce qui leur appartient à tous, la souveraineté nationale et l’avenir de leur pays.

 

Un programme a été élaboré et a été proposé aux Sénégalais par les Assises Nationales et le tout figure dans la Charte de gouvernance démocratique que les parties prenantes, y compris  les formations politiques, membres de Bennoo, ont librement signée.

 

Dans ce cadre, les Associations de la Société civile et les partis politiques ont une responsabilité historique à assumer. Les premières poursuivent leur chemin, dans les formes convenues, et se battent, pas après pas, dans la même direction que les seconds, les partis politiques.

 

La Conférence de Cincinnati, qui, ce jour, nous réunit, est un maillon éloquent de l’action citoyenne, dans ce combat.

 

Dans cette même dynamique, reste posée la question du rôle des 166 partis politiques qui existent actuellement au Sénégal.

 

Quel rôle peuvent-ils jouer dans le contexte actuel ? Hormis la myriade de partis-cellophanes qui peuplent la coalition que Maître Abdoulaye Wade a créée autour de sa personne, quelle est la responsabilité des autres formations de militantes et de militants, dans la prise en charge des changements attendus ?

 

Notre réflexion pour trouver les réponses adéquates à ces questions, nous conduit à aborder la question du cadre que constitue Bennoo Siggil Senegaal, dans la lutte engagée par les patriotes de notre pays, avec le double objectif de faire partir le régime de M. Abdoulaye Wade et de s’atteler à la reconstruction du Sénégal. Il aura fallu, auparavant, achever, non seulement, le travail sur la future Constitution, mais aussi sur les réformes de fond, qui seront appliquées dans les secteurs productifs de l’économie, aux niveaux primaire, secondaire, tertiaire et dans celui de la recherche et celui des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

 

Le volet des réformes institutionnelles et de l’action politique sur le terrain, préalable sine qua non des programmes de relance économique, nous renvoie, au projet de Constitution que proposent aux Sénégalais les Assises Nationales. Nous y reviendrons plus loin.

 

Aujourd’hui, Bennoo Siggil Senegaal regroupe 30 formations politiques, toutes déterminées à jouer leur partition dans le concert  des batailles qui doivent conduire à ce double objectif.

 

Bennoo porte une utilité objective qui s’apprécie à la mesure de ses capacités potentielles de catalyser et de capitaliser une partie significative de la colère du peuple. Mais Bennoo doit s’évaluer,  s’organiser et s’élever à la hauteur des contingences, dans tous les cas incontournables.

 

Et si cette coalition politique qu’est Bennoo n’existait pas, il aurait fallu la créer.

 

De toute évidence, Bennoo Siggil Senegaal, ne pourra faire prospérer son action et sa volonté de contribuer aux changements attendus que s’il s’engage dans la voie de l’unité, de la confiance mutuelle, du dépassement et de la grandeur, à la mesure des objectifs visés et en fonction des progrès à réaliser pour faire triompher les règles démocratiques aux prochaines élections présidentielles et législatives programmées, respectivement, pour le 1er et le 2ème trimestres de l’An 2012. Cela ne laisse à l’action pour la victoire que quelque 14 à 16 mois. C’est bien peu et le temps nous est compté.

 

Pourquoi ne pas souligner qu’à l’intérieur de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal, il subsiste encore des difficultés qui trouvent leur origine dans les nuances et dans les différences que l’on rencontre dans le mode d’approche et de compréhension des urgences politiques, dont la première est l’unité dans l’action et l’unité pour la victoire. Ces divergences ne portent pas sur le programme de Bennoo, qui ne peut être que lié directement aux conclusions et recommandations issues des Assises Nationales.

 

Le problème demeure au niveau des hommes. Et c’est au niveau des hommes que doit être trouvée une solution.

 

Il en est de même concernant le schéma institutionnel qui sera mis en application en 2012, quand l’actuel Chef de l’Etat sera mis définitivement à la retraite, par le suffrage des Sénégalais. C’est la raison d’exister du projet de Constitution élaboré par les instances compétentes des Assises Nationales.

 

Parmi les priorités à l’émergence desquelles Bennoo doit contribuer, il y a, par-dessus tout, le retour à l’Etat de droit et à la bonne gouvernance.

 

Bennoo doit être en mesure de se hisser à la hauteur des efforts et des contraintes, en termes de sacrifice, qu’induit un tel projet.

 

Bennoo doit prendre une pleine conscience des enjeux et de ses responsabilités, devant le peuple et pour l’histoire.

 

C’est pourquoi les leaders politiques des partis membres de Bennoo Siggil Senegaal doivent, aux yeux du peuple, administrer la preuve de leur capacité à se dépasser, en laissant aux vestiaires leurs ambitions personnelles, démontrant, de ce fait, leur degré de patriotisme, en s’éloignant de toute idée de plans de carrière. Tout être humain suit la voie du destin que Dieu a tracé pour lui. Dieu recommande la foi, la pratique religieuse, le travail, le bien, la morale et l’amour du pays.

 

Naturellement et sous cet éclairage, Bennoo Siggil Senegaal, s’il entend aller au combat et participer à la victoire, doit être et demeurer un cadre vrai, sincère et efficace, pour rassembler et mobiliser, avec intelligence, les volontés, les synergies, les expériences et le savoir-faire de tout l’ensemble des partis qui le composent et de leurs dirigeants. Nous sommes interpelés, à ce sujet, moi-même comme les autres dirigeants politiques, dans et en dehors de Bennoo.

 

Dans quelques semaines, sans aucun doute, il faudra résoudre la question de la candidature de l’unité ou, éventuellement, des candidatures plurielles. Il ne peut y avoir de Bennoo dans la dispersion ni dans des compétitions internes destinées à identifier des candidatures qui chercheraient, les unes et les autres, sur le même terrain et au même moment, à vouloir convaincre un même peuple d’accepter un programme qui est le même pour tous les candidats, parce que conçu et élaboré par nous tous.

 

Au demeurant, c’est ce jour, samedi 20 novembre 2010, que s’est ouvert, à Dakar, le Séminaire qui avait été programmé par la Coalition Bennoo Siggil Senegaal et qui est consacré à cette question. Le programme que nous entendons proposer aux Sénégalais sera, aussi, évoqué,  sans doute, dans le prolongement du Séminaire du 6 juin 2010, qui avait permis d’aborder ce dossier.

 

Déjà, le projet de Constitution, travail commun issu des Assises Nationales, est présentement en circulation. Il contient des principes précis et des dispositions appropriées tirées du Droit constitutionnel objectif et universel, sur la base du principe sacré de séparation des pouvoirs et d’équilibre dans le fonctionnement régulier des Institutions de la République.

 

Le contenu de ce projet est résumé et expliqué à la fin du présent document.

 

Dans un autre domaine lié au précédent, je veux évoquer la gouvernance économique et sociale, sous l’angle des réformes,  sans lesquelles toute volonté affirmée de reconstruire le Sénégal, à partir de 2012, quand M. Abdoulaye Wade aura quitté le sommet du pouvoir, ne serait qu’une utopie.

 

Ces réformes se résument en ceci :

 

1.   éradiquer la médiocrité qui sévit à certains niveaux de l’administration de notre pays. La corruption est fille de la médiocrité. Une administration organisée favorise la tenue de finances saines et l’émergence d’une justice indépendante, caractéristiques essentielles d’un Etat moderne et producteur de croissance et de prospérité durable. A contrario, une administration où sévit la médiocrité est le lieu d’une corruption qui érode l’efficacité des agents publics et les rend improductifs et insensibles au sens même de leur mission.

 

Naturellement, les fonctionnaires de l’Etat et autres agents assimilés ne doivent pas être mis dans une situation de précarité matérielle ou d’impécuniosité chronique, phénomènes qui font de ces fonctionnaires et agents du service public, des victimes faciles de prédateurs impénitents qui hantent les couloirs des administrations, dans le seul but d’obtenir des avantages indus, jusque, présentement, au Palais de la Présidence de la République, à Dakar.

 

Le cas de Singapour, où cette question de la protection des agents publics contre la corruption a été réglée par une revalorisation maîtrisée de leurs émoluments, est une référence sérieuse à prendre en considération, comme exemple pour lutter contre le phénomène de la corruption dans l’administration.

 

L’avènement, demain, quand M. Wade sera parti à la retraite, en 2012, dans une administration recentrée et organisée, doit viser et rechercher une production qui réponde à des ambitions et à des objectifs maîtrisés et non aux  tendances accaparantes d’une oligarchie compradore qui s’identifie avec une conception acquisitive et ludique de pouvoirs sans limites et de biens indus, système qui met l’Etat, ses moyens, ses ressources, son autorité et son fonctionnement au service, d’un clan, d’un parti, d’une mafia.

 

La déclaration de patrimoine des dirigeants de l’Etat s’inscrit dans cette logique.

 

Le Sénégal peut-il subir et accepter plus longtemps le système dévastateur auquel le soumet le régime de M. Abdoulaye Wade ?

 

2.   Développer, tout à la fois, l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’industrie, le commerce et le transport, pour produire, distribuer et promouvoir les moyens de nourrir les populations et de leur permettre d’avoir des revenus durables et stables. Faut-il rappeler qu’une alimentation équilibrée, de bonne qualité et régulière contribue à développer l’intelligence d’une population et détermine un fort coefficient de créativité et de vigueur si utile à la santé du corps et de l’esprit ?

 

La lutte contre la pauvreté commence par là et il n’existe pas un autre chemin pour éviter la catastrophe.

 

3.   Conduire une politique publique d’éducation et de formation des élites, qui prendront en charge, grâce à un bagage intellectuel élevé et une maîtrise assurée des mécanismes du développement, les priorités qui sont celles de la communauté nationale, sans ignorer les réalités de l’intégration sous régionale, en termes de similitudes de situations et de contenu de la réalité des contraintes liées à un développement solidaire, entre pays voisins. L’avènement d’un nouveau mental sénégalais est indispensable à la renaissance du Sénégal que nous voulons bâtir sur les cendres que nous aura laissées le régime de Wade.

 

L’instruction civique, qui n’est plus dispensée de manière systématique au Sénégal, doit être réinscrite dans les programmes d’enseignement au niveau élémentaire et au niveau secondaire, pour ramener en surface les valeurs et vertus de discipline, d’ordre social, de respect du bien public, d’honnêteté et de courtoisie dans les rapports humains, d’ambition pour son pays.

 

4.   Pratiquer une politique de production et de création d’emplois, dans le but d’intégrer dans les circuits de croissance et de progrès, des Sénégalaises et des Sénégalais bien formés, patriotes, conscients de leurs responsabilités vis-à-vis de la nation et soucieux de participer positivement à l’entrée de leur pays dans l’ère du savoir et de la science, dans la société de la modernité et du progrès.

 

Quand les ¾ des Sénégalais, voire davantage, s’enlisent dans la pauvreté, vivent dans la promiscuité ou, d’une saison des pluies à l’autre, pataugent dans les eaux pestilentielles des inondations, avec les sauriens, les reptiles et autres crapauds, le rêve de grandeur du Sénégal ne peut avoir de sens. Un pays ne peut s’enrichir et distribuer les revenus qui proviennent de sa production économique, que si les autorités qui le dirigent se soucient, en permanence, du sort des populations et, surtout, d’éradiquer la précarité et la misère au sein des couches les plus défavorisées de la société.

 

A cet égard, les gaspillages des deniers publics, les voyages intercontinentaux coûteux et sans aucun rendement, les déplacements fréquents pour des soins médicaux pris en charge par le budget national, alors que des structures sanitaires de qualité existent au Sénégal, avec d’excellents Médecins reconnus comme tel par la communauté scientifique internationale, sont autant de pratiques mafieuses, égoïstes et irresponsables dont souffrent, chaque jour, les Sénégalaises et les Sénégalais. C’est la raison pour laquelle, dès après le départ de Wade, des réductions budgétaires drastiques devront être opérées dans certains secteurs et les économies réalisées seront réaffectées dans les secteurs de la santé, de l’éducation nationale, de la culture, de la protection de la nature et des équipements destinés au développement des activités sportives et des loisirs en faveur de la jeunesse.

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Je voudrais aborder à présent les schémas conçus au terme des Assises Nationales.

 

Ces schémas ont pour vocation de servir de cadre à toute l’action gouvernementale, demain, lorsque sera venu le moment de construire une démarche logique, réaliste et efficace, de reconstruction du Sénégal.

 

Nous avons signé la Charte de gouvernance démocratique.

 

Par cet acte, nous avons, volontairement et consciemment, apporté notre adhésion sans réserve aux projections, traduites en forme de principes et de dispositions qui fonderont la nouvelle République du Sénégal que notre combat vise à instaurer, lorsque le régime libéral actuel, conduit par M. Abdoulaye Wade, sera conjugué au passé, dès 2012, s’il plaît à Dieu et grâce au travail concerté des Sénégalais.

 

Ce qui est constant, c’est que notre pays peut redevenir « un pays de justice sociale et d’équité, avec des citoyens égaux en droit, animés d’un haut degré de sens civique, engagés dans un développement durable, s’appuyant sur une sécurité crédible et un aménagement harmonieux et équilibré du territoire ». (Préambule du projet de Constitution élaboré par les Assises Nationales). Nous sommes d’autant plus heureux de ce souci d’équilibres régionaux dans l’approche du développement que nous avons souhaité, depuis une dizaine d’années, la promotion de Zones d’Aménagement et de Développement Intégré (ZADI).

 

Dans le même préambule du projet de Constitution que j’ai évoqué plus haut, il est juste de souligner le regard projeté sur « le respect et la consolidation d’un Etat de droit où le gouvernement est fondé sur l’éthique, la démocratie participative, la concertation, le respect des Institutions et des libertés individuelles et collectives et la défense des intérêts nationaux ».

 

Le projet de texte ajoute la nécessité de respecter, pour le fonctionnement normal d’un Etat de droit « la séparation et l’équilibre des pouvoirs conçus et exercés à travers des procédures démocratiques ; le respect des libertés fondamentales et des droits du citoyen comme base de la société sénégalaise ; le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes, de l’injustice, des inégalités et des discriminations ; le renforcement de la solidarité au profit des personnes les plus vulnérables comme une obligation civile, civique, sociale et religieuse ».

 

Comme on le sait, la pratique religieuse relève du domaine des libertés de l’homme, dans son rapport avec Dieu, à l’image de sa vie sociale au milieu de ses semblables.

 

Face aux dérapages et à certaines influences qui envahissent l’Etat, en raison d’une confusion qui, à terme, peut se révéler dangereuse pour la République , le projet de Constitution que proposent les Assises Nationales, pour l’après-Wade, souligne, en son article 1 bis, « l’Etat observe la neutralité dans les affaires confessionnelles et favorise la coexistence harmonieuses des religions. Il ne doit y avoir ni privilège ni discrimination découlant d’une appartenance ou non à une confession ou à une confrérie ».

 

Le même article poursuit : « l’Etat a le devoir d’assister toutes les Institutions religieuses de manière transparente, sans discrimination aucune, dans des conditions déterminées par la loi et par le strict souci de préserver et de garantir la paix civile et l’unité nationale ».

 

Dans ce domaine, l’actuel Chef de l’Etat - en aura-t-il le temps ? - a encore beaucoup à apprendre et à comprendre. Hélas !

 

Aujourd’hui, le pouvoir autocratique exercé dans notre pays par le régime libéral, ne laisse aucune ouverture au peuple, pour faire face à des dérives endémiques, estampillées, acceptées et soutenues par des forces aveugles sous le prétexte du principe d’obéissance à l’autorité politique.  Ainsi, même les marches dont le principe est posé dans la Constitution, sont soumises à des demandes d’autorisation préalable alors que la seule information transmise à l’administration rend possible toutes marches organisées sur la voie publique, dès lors que celles-ci ne débouchent pas sur des risques de troubles à l’ordre et aux bonnes mœurs.

 

C’est la raison pour laquelle à l’article 3 du chapitre consacré à l’Etat et à la souveraineté, le projet de Constitution élaboré par les Assises Nationales, il est précisé à cet article 3 : « la souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum. Le peuple dispose du droit d’user de la pétition, dans des conditions déterminées par la loi, pour provoquer un référendum sur les questions d’intérêt national ».

 

Il est certain que s’il existait une telle disposition dans la Constitution de Janvier 2001, avec sa vingtaine de révisions constitutionnelles par simple voie législative, ce qui est une hérésie dans un Etat qui se dit démocratique, une pétition de la majorité des Sénégalais aurait permis l’organisation d’un référendum populaire pour faire partir le régime que dirige M. Abdoulaye Wade depuis bientôt onze années avec les résultats, les échecs, les reniements et les déceptions que l’on connaît et que l’on déplore avec tant de souffrances vécues.

 

Tout ce texte est présentement à l’étude. Il demeure ouvert à toutes idées et à toutes analyses susceptibles d’en améliorer le contenu, d’en préciser les objectifs visés, afin que, demain, le souvenir d’un président « ninki nanka », prédateur en chef, dictateur impénitent, mégalomane nocif et boulimique, appartienne à un passé lointain. Pour que les Sénégalais se libèrent définitivement de ce cauchemar.

 

Sans aucun doute, il  relève du droit de chaque Sénégalaise et de chaque Sénégalais de nourrir et de promouvoir l’ambition de servir le pays, dans les plus hautes fonctions qui puissent exister dans et au sommet de l’Etat.

 

Des centaines et des centaines de Sénégalais, sans aucune forme de fausse modestie, sont aptes à remplir la charge suprême de Chef de l’Etat. Qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, ils existent bien et sont prêts à assumer une telle mission.

 

Pour ma part, je tiens à réaffirmer que je reste à la disposition de mon pays. Loin des querelles de préséance et bien loin des ambitions démesurées qui énervent l’action et la rendent inefficace. Je m’éloigne aussi, par option comme par conviction, des comportements exclusifs perpétrés dans des joutes et des combats qui se vêtissent du manteau de l’empressement et de l’aveuglement.

 

Je suis prêt, comme je le suis depuis toujours, à continuer de mettre à la disposition de mon pays, de notre pays, une expérience que je ne suis pas le seul à posséder, sans aucun doute, avec des références réelles que je partage, aussi, avec d’autres, un itinéraire que j’ai parcouru, les yeux ouverts, en même temps que ceux de ma génération et d’autres, plus jeunes.

 

J’apporte, aussi, en toute modestie, une visibilité internationale que Dieu m’a aidé à construire, pendant des décennies, dans les théâtres d’opérations et dans les conférences où la paix, la démocratie et le développement se sont conjugués avec les normes de sécurité et de justice dans les relations entre les peuples et les nations.

 

Je crois pouvoir, encore, me référer à une pratique certaine dans la gestion propre et sous contrôle de projets de développement, notamment, dans d’importants volets du secteur privé, secteur dans lequel j’évolue et travaille, depuis 25 années. Grâce à l’aide de Dieu et soutenu par les prières de mes parents et de mes proches, j’ai pu réaliser des résultats. J’ai rencontré, aussi, des obstacles inhérents à toute vie active, mais je les ai surmontés et suis reparti de plus belle vers de nouveaux projets, de nouvelles idées et de nouvelles actions, dont je remercierai toujours le Tout Puissant qui me donne ainsi, dans l’indépendance et dans la liberté, les moyens d’exister, de vivre et de soutenir mes semblables, dans la discrétion, dans la dignité et dans l’honneur.

 

Et j’entends poursuivre cette voie. Servir l’Etat, dans cet esprit et dans cette situation, ne peut être pour moi qu’une mission que j’accomplis au profit de mes compatriotes, sans rien en attendre d’autre que la satisfaction d’avoir contribué au bien-être de mes compatriotes et à l’avènement d’une société sénégalaise qui cultive l’esprit de justice, la vertu de solidarité, le souci du bien, et une pratique de la foi qui s’inspire de notre destin commun.

 

 Je continue, parallèlement et en parfaite concomitance avec ma vie politique, de travailler, sans arrêt, et de réaliser, de ce fait, des résultats dont je  tire une légitime satisfaction. J’ai pu, grâce à Dieu, investir dans l’agro-maraîchage et créer, dans ce cadre, près d’un millier d’emplois, dans l’exploitation agricole et dans les cultures maraîchères industrielles, dans la région de Dakar, à Mbayakh, dans celle de Thiès, à Kirène, dans le département de Mbour et au Saloum, dans les périmètres de Kavil, Keur Madiabel et Keur Mame Tapha Alassane, dans le département de Nioro.

 

Ces périmètres sont alimentés en eau par des forages pratiqués dans les nappes hydrauliques du Continent Terminal (C.T.), et nous sommes accompagnés, dans ce programme, en tant que citoyens, par les services techniques compétents. Nous y distribuons de la formation et des revenus, contribuant ainsi, modestement mais réellement, à créer des emplois et du bien-être au profit des populations.

 

Au plan national, notamment dans l’agro-industrie, et sur le plan international, avec des partenaires africains, européens, canadiens et américains. Dans le respect de la loi et en toute transparence.

 

Dans le même temps, forte est et demeure ma conviction que rien, dans l’action humaine, ne peut se réaliser dans la qualité et avec succès, mieux que si l’esprit d’équipe inspire et conduit les hommes. Travailler ensemble, dans l’ouverture d’esprit et dans confiance mutuelle, est, selon moi, le meilleur moyen de réussir dans les entreprises et dans l’exécution de projets, conçus, mis en œuvre, conduits, évalués étape après étape, ensemble, en se tenant la main, quand on veut que Dieu, notre Seigneur, nous tienne la main et nous conduise dans la bonne voie.

Demain, ce ne sera pas un home seul, au sommet du pouvoir, qui reconstruira notre pays, mais une équipe composée de porteuses et de porteurs de valeurs compétents et efficaces, soucieux du bien public.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Je terminerai, sur ce chapitre, en évoquant, précisément, les dispositions contenues à l’article 8 de ce projet de Constitution, et qui rendront possible, effectif et définitif, ce cri du cœur, « plus jamais çà ».

 

Il est stipulé, en effet, dans cet article 8 : «  la République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits collectifs. Ces libertés et droits sont notamment :

 

·        les libertés civiles et politiques : libertés d’opinion, libertés d’expression, libertés de la presse, libertés d’association, libertés de réunion, libertés de déplacement, libertés de manifestation,

 

·        les libertés culturelles,

 

·        les libertés religieuses,

 

·        les libertés philosophiques, 

 

·        les libertés syndicales,

 

·        la liberté d’entreprendre,

 

·        le droit à la santé,

 

·        le droit à l’éducation,

 

·        le droit de savoir lire et écrire,

 

·        le droit de propriété,

 

·        le droit au travail,

 

·        le droit à un environnement sain,

 

·        le droit à l’information plurielle.

 

Ces libertés et ces droits s’exercent dans les conditions prévues par la loi.

 

Toutes atteintes aux libertés et toutes entraves volontaires à l’exercice d’une liberté sont punies par la loi. Nul ne peut être condamné si ce n’est en vertu d’une loi entrée en vigueur avant l’acte commis. La défense est un droit absolu dans tous les Etats et à tous les degrés de la procédure ».

 

A l’article 27 du même texte, il est dit, expressément :

 

« Le président de la République nouvellement élu fait une déclaration écrite de patrimoine déposée au niveau de la Cour Constitutionnelle, qui la rend publique. Cette déclaration fait l’objet d’une mise à jour chaque année et à la cessation des fonctions. La déclaration initiale et les mises à jour sont publiées au Journal Officiel et par toutes autres voies décidées par la Cour constitutionnelle.

 

La copie de la déclaration du président de la République est communiquée à la Cour des Comptes et aux services fiscaux. Les écarts entre la déclaration initiale et les mises à jour annuelles doivent être dûment justifiés.

 

Le Premier ministre, les membres du Gouvernement, les Directeurs nationaux, les Directeurs des entreprises publiques de même que tout gestionnaire de biens publics sont assujettis à l’obligation de déclaration de patrimoine, au moment où ils entrent en fonction. Cette déclaration est faite dans les formes décrites à l’alinéa 1er.

 

La Cour Constitutionnelle a tous pouvoirs d’appréciation en la matière ».

 

Après avoir indiqué, en son article 1er que le Sénégal est une République laïque et démocratique, ce texte souligne que les langues officielles de la République du Sénégal sont le Français, le Diola, le Malinké, le Pulaar, le Sérère, le Soninké, le Wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée.

 

Evidemment, dans la pertinence de telles dispositions et dans leur caractère positivement révolutionnaire vers l’instauration d’un Etat de droit, moderne et rivé à l’évolution du monde, se trouve toute l’explication de l’aversion viscérale que M. Abdoulaye Wade a ressentie, mûrie et manifestée vis-à-vis des Assises Nationales et du travail produit par celles-ci. Nous sommes aux antipodes de ce qui se passe actuellement dans notre pays, dans le fonctionnement de ses Institutions étatiques.

C’est pour toute ces raisons que, du haut de cette tribune à Cincinnati, je veux rendre un hommage vibrant au professeur Amadou Mahtar Mbow et à l’équipe qui a dirigé les Assises Nationales et les a conduites au succès.

Ces éminents Sénégalais ont rendu un service historique  à leur pays, à leur peuple, à l’Afrique et à notre civilisation de liberté et de grandeur.

 

Pour conclure, il convient de rappeler que si les Sénégalais veulent le changement, ils peuvent le faire survenir, dans le cadre d’une planification rationnelle des actes à poser et d’une mobilisation organisée des forces vives de la nation.

 

Le président Wade a fini.

 

Le président Wade est fini.

 

Il ne peut plus rien faire pour le Sénégal.

 

Comme, du reste, en plus de dix années de pouvoir, il n’a que peu fait : sans doute quelques infrastructures, à Dakar, notamment sur la corniche ouest, sur dix à douze kilomètres, y compris la bretelle entre le phare des Almadies et le Stade de Ngor, encore en travaux, lentement, difficilement, comme si manquait l’argent. Et à quels coûts !

 

Avec à la clé, un refus systématique et entêté de tout contrôle, du moindre audit sur les coûts de ces ouvrages. Idem, sur la VDN, qui, pour le moment, s’arrête au rond-point qui se situe dans le prolongement de l’échangeur de la Foire , en direction des Parcelles assainies. Et, aussi, dix kilomètres sur 75, de la seule autoroute à péage qui s’est arrêtée – pour combien de temps encore ? – à la sortie de Pikine et qui attend une extension vers Diamniadio et Thiès. Il reste tout à faire et qui sera fait sans aucun doute par un régime autre que celui de M. Abdoulaye Wade, dès 2012.

 

Je tiens à la disposition des participants l’ensemble des références et des éléments de programme qui fondent, dans les principes comme dans la réalité concrète, les réformes que j’ai évoquées dans cette communication, tant sur le plan institutionnel que dans le domaine économique et social.

Le 18 décembre 2010, la Diaspora organisera une manifestation au Sénégal et à l’étranger, contre les dérives monarchiques et la cherté de la vie au pays .Cet événement de haute portée citoyenne et politique est l’affaire de tous les patriotes. Rien ne devra être négligé pour en faire un succès complet.

 

Le temps est venu d’accentuer la marche vers la libération de notre pays.

Le temps est venu de mettre fin aux hésitations, aux tergiversations.

 

Le temps est venu de relever les défis, sur le terrain, dans les villes et dans les villages, dans les pays étrangers où vivent les communautés sénégalaises.

 

Le temps est venu de développer les convergences nécessaires aux synergies existantes pour qu’elles se transforment en forces d’actions.

 

L’heure est venue, pour nous tous, Sénégalais patriotes, de relever les défis et tous les défis de l’histoire et du destin. Ce faisant, nous aurons semé dans le champ de l’effort et belles seront les moissons pour les générations futures qui nous en sauront gré.

 

A leur tour, elles s’engageront dans la même voie, la voie de l’honneur et celle de la dignité, qui requièrent, l’une et l’autre, que tout Sénégalais soit prêt à donner son sang et sa vie pour le triomphe des valeurs qui doivent faire la grandeur de notre pays, aujourd’hui et demain.