Conférence de presse de M. Moustapha Niasse,
Secrétaire Général de l'AFP
Keur Mame Tapha Al Hassane, le 22 novembre 2008

 

La situation de notre pays est particulièrement difficile. 

Cette situation, nous en vivons les effets directs et indirects, tous les jours. 

Ses composantes sont complexes. 

Faut-il repasser du temps à faire une litanie d’imprécations pour énumérer les maux que subissent les Sénégalais ? 

Je ne le pense pas. 

Sans doute, au cours de la discussion qui s’engagera, au cours de cette rencontre, les évoquerons-nous, pour illustrer les séquences de notre effort de recherche des mécanismes, des mesures pratiques et procédures pour sortir, par étapes successives, des crises qui sévissent chez nous. 

Je vous propose, dans cet esprit, une méthode d’approche qui cible directement aux dossiers prioritaires que sont, présentement : 

1.     La nécessité, pour les Sénégalais, de doter notre pays d’une architecture constitutionnelle nouvelle qui restitue l’Etat à la République et qui mette fin, définitivement, à la gestion quasi-monarchique de notre pays. 

Cette nécessité est le corollaire logique d’une ambition partagée par la majorité des Sénégalais, quand ceux-là, assistent, désolés, à la gestion actuelle des Institutions de leur pays. 

2.     La réémergence des valeurs et des sources morales qui alimentent un peuple responsable de son destin, de ressorts, réflexes et comportements producteurs de progrès par l’innovation, la création et le goût du travail bienfait. Les Sénégalais doivent être en mesure de redresser ce pays, dans la rigueur, dans le respect de la personne humaine et avec cette dose de fierté que l’on nous reconnaît et que nous avons tous héritée de nos ancêtres comme Samory Touré, Fodé Kaba Doumbouya, Moussa Môlo, Maba Diakhou Bâ, Cheickhou Oumar Foutiyou Tall, Lat Dior Ngoné Latyr Diop, Massamba Diayla Niasse et Alboury Ndiaye et, plus récemment encore, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, El Hadj Malick Sy, Cheikh Al Islam El Hadj Ibrahima Niasse, Thierno Mamadou Seydou Bâ, El Hadj Abdoul Aziz Sy et Thierno Mountaga Tall. 

3.     Créer les conditions d’un redressement planifié, réaliste et efficace de la situation économique du Sénégal. Le monde est en crise dans un contexte qui décourage les plus optimistes des experts et analystes de la question financière internationale. 

Mais cette crise ne peut servir de prétexte à aucun Gouvernement fût-il le plus rusé et le plus porté à chevaucher les coursiers de l’infamie comme celui de Me Abdoulaye Wade pour ne pas relever les défis du développement et faire face aux responsabilités qui lui incombent. 

L’analyse, même sommaire, du budget de l’Etat pour 2009, est la meilleure illustration du degré d’irresponsabilité du pouvoir en place, en matière de définition et de traitement des programmes à réaliser pour soulager et alléger les populations, toutes catégories confondues, du poids des crises créées chez nous par le régime de l’actuel occupant du Palais de l’Avenue Léopold Sédar Senghor. 

Doter le ministère dit de « la femme, de la famille et de l’on ne sait quoi » d’une augmentation de son budget pour 9 milliards de francs CFA n’est, en réalité, qu’une astuce maladroite et une provocation, dans le seul but de constituer un fonds électoral destiné à corrompre des chefs de clans et des tubes digestifs bipèdes toujours prêts à se nourrir du sang du peuple, en se faisant les complices invétérés des Ali Baba des temps modernes. 

Par ailleurs, il convient de traiter en urgence les deux dossiers suivants : 

-        Réhabiliter l’économie rurale et l’agriculture ; 

-        Faire renaître un tissu industriel de PME et PMI eu faveur des secteurs du commerce, du transport et de l’artisanat ; 

4.     Sauver, sans attendre, l’école sénégalaise. 

L’enseignement et l’éducation, c’est-à-dire, la transmission du savoir, de génération en génération, et son utilisation scientifique au service du grand nombre, sont l’unique voie qui distingue les sociétés humaines en leur conférant les capacités nécessaires pour maîtriser leur propre environnement, accroître leur sécurité, assurer leur bien-être, protéger leur santé. De ce fait, ces sociétés et les peuples qui les animent font entendre leur voix dans le concert des nations, exercent une influence reconnue dans la marche du monde, fabriquent et vendent, sans discontinuer, des produits, des machines, des biens et des services à ceux qui se sont résignés dans le statut de consommateurs dociles, improductifs et dépendants. 

Seule l’éducation donne de refuser la fatalité et de projeter un pays, un peuple, une économie, une civilisation dans la société du savoir, des technologies de dernière génération, pour entrer dans le cercle restreint des décideurs, dans une région géographique, un continent et dans le monde. 

Or, que constate-t-on au Sénégal, aujourd’hui ?  

Le régime en place et ceux qui nous gouvernent sont atteints d’une phobie chromosomique des enseignants, de l’enseignement, des milieux universitaires, des écoles et de toute activité humaine pouvant, dans leur raisonnement, contribuer à ouvrir les yeux du peuple sur le vol, le mensonge public, la paresse, l’inculture, l’incompétence et le manque de vision des hommes publics qu’ils sont. Improductifs, incapables de scruter l’avenir et de tracer les voies d’un véritable développement au service du peuple, ils ont décidé délibérément, de saboter l’éducation des enfants et la formation des élites dont une nation a toujours besoin.

Avoir cassé en trois morceaux le ministère de l’éducation nationale, il y a quelques mois, n’a été, de la part du Chef de l’Etat, qu’un acte de plus, dans son programme de destruction progressive des structures et des moyens de développement du Sénégal, parce que ce Monsieur a tout simplement opté pour le pouvoir personnel, les voyages intercontinentaux aux frais des contribuables, pour la mort de l’Etat et aussi celle des Sénégalais. 

5. Rénover les structures de santé et les équiper sur l’ensemble du pays, matériellement et en ressources humaines ; 

-        Achever les travaux des hôpitaux de Fatick, Ziguinchor et Kolda, restés dans leur état de chantiers délabrés depuis le départ du Président Abdou Diouf.