Célébration du 8ème Anniversaire de l'Appel du 16 Juin

Dakar - Samedi 16 juin 2007

Allocution de M. Moustapha Niasse
Secrétaire Général de l'AFP

 

 

Mes Chers Camarades,

Nous sommes, ce matin, encore une fois réunis, pour célébrer, ensemble, un évènement.

Le 16 juin 1999, après une longue période de mûre réflexion et d'analyse des réalités qui fondaient une situation particulièrement préoccupante concernant notre pays, je décidai de rendre publique une Déclaration de principes dont l'ambition était de prendre position, dans le calme et la sérénité, sur le contexte politique et économique qui prévalait, alors, dans notre cher Sénégal.

Quelques semaines plus tard, voyait le jour l'Alliance des Forces de Progrès, parti politique que nous fondâmes, entre patriotes sénégalais, pour porter sur nos épaules, en liaison directe avec les forces vives de toute une nation, un idéal de démocratie en mouvement, pour un développement concerté dont puissent profiter, dans la justice sociale et dans la dignité, toutes les couches de la société sénégalaise.

Ce faisant, nous avions la conviction que la pluralité était la caractéristique essentielle dans une démocratie, pluralité des options idéologiques, pluralité des choix de société, pluralité dans les approches par rapport aux phénomènes politiques et impératifs du temps, le tout convergeant vers des programmes partagés, dans un élan de complémentarité dynamique et d'efficacité.

Dans cet esprit, nous avons établi, avec des partis politiques sénégalais, un réseau de coopération utile et solidaire. Et nous avons créé des alliances. Je veux, ici, saluer tous ceux qui ont eu l'amabilité - leaders de partis et dirigeants d'autres organisations - de répondre à notre invitation. Je veux les remercier de leur présence parmi nous.

Aujourd'hui, le huitième anniversaire de cette Déclaration de principes, nous le célébrons, au moment où le Sénégal, plus que jamais, se trouve à la croisée des chemins. Nous sortons de deux scrutins, une élection présidentielle, le 25 février et des élections législatives, le 3 juin 2007. Ces deux scrutins portent et continueront de porter, pour l'histoire, la marque indélébile d'un habillage immoral, anticonstitutionnel, entachés qu'ils ont été d'un manteau lourd de conséquences pour l'avenir de notre pays, le manteau de la manipulation, le manteau d'une violation répétée des principes élémentaires du droit des élections, le manteau de comportements et d'attitudes inqualifiables dont les tenants du pouvoir actuel assumeront longtemps encore la lourde et incontestable responsabilité.

Ainsi et sous ce regard, nous sommes dirigés, aujourd'hui, par un président de la République qui sait, mieux que quiconque, par quels mécanismes il a organisé, avec des complicités successives à différents niveaux de la hiérarchie administrative, ce qui lui a permis, sans sourciller, de se déclarer élu, face à treize adversaires, dès le premier tour de l'élection présidentielle.

Et avec un score qu'il avait lui-même annoncé six mois plus tôt, dans une surprenante assurance qui était tout à fait à l'opposé de la réalité du maigre bilan qu'il pouvait présenter au peuple, après des années d'approximations, de tâtonnements, de promesses mirifiques et de projets pharaoniques, sans aucune prise sur les aspirations véritables des populations qui l'avaient élu.

Avec, à l'appui, quelques gesticulations à valeur cosmétique, aux effets superficiels.

Plus grave, depuis deux ans, la situation et sociale du pays se dégrade de jour en jour, avec une ampleur dans des proportions telles que personne aujourd'hui ne peut cacher ou taire son désarroi, ses inquiétudes ou son désespoir face à l'avenir de notre pays.

Pour commencer, le taux de croissance de l'économie qui tournait autour de 5 % entre 2000 et 2005 est passé à moins de 3 % en termes réels en 2006.

En 2007, ce taux ne sera certainement pas plus élevé, du fait de la très mauvaise campagne agricole 2006-2007, de la destruction de la filière arachidière et de la crise des secteurs de la pêche, de l'élevage, de l'énergie et des industries chimiques.

C'est dire que la politique dite de croissance accélérée avec des taux annuels annoncés de 7 à 8 %, à partir de 2007, a littéralement échoué.

Il n'en restera plus, bientôt, que les échos lointains d'illusions répétées et de mirages successifs que le régime en place balance, comme outils privilégiés de communication.

En suite, l'inflation, évaluée par l'évolution de l'indice du niveau général des prix, est passée, de 1,7 % en 2005 à 1,9 % en 2006, bien que le taux n'ait de signification, en fait, que pour les macroéconomistes partisans d'une politique monétaire rigoureusement encadrée.

Mais, pour les consommateurs et les Gorgolous, si nombreux dans notre pays, la dépréciation du pouvoir d'achat qui s'accentue tous les jours et qui réduit, quantitativement et qualitativement, comme une peau de chagrin, le contenu et la qualité du panier de la ménagère, résulte directement de l'évolution du niveau des prix des principaux postes de dépenses qui absorbent la quasi-totalité des revenus, traitements et salaires. Il s'agit du logement, du transport, de l'eau, de l'électricité, de l'alimentation, des frais de scolarité et des soins médicaux.

Il s'y ajoute, dans une ambiance d'incertitudes et de pressions de toutes sur la vie quotidienne des citoyens qu'il n'y a plus de place même pour les loisirs. Les jeunes ont tendance à déserter de plus en plus les terrains de sport, faute de moyens et aussi en raison des difficultés qu'ils subissent.

Sous la poussée des nécessités liées à ce qui peut être considéré comme un problème de survie, alors que les parents de plus en plus manquent de moyens pour soutenir leurs enfants, ces jeunes se livrent au concept du Barça ou Barsakh. Plus précisément, le spectacle de la misère des parents, misère partagée dans le silence par les enfants et l'absence de perspectives d'emplois face au chômage endémique, conduisent cette jeunesse à s'exiler vaille que vaille, bravant les dangers de l'océan et d'un accueil incertain sur les côtes européennes.

Cette semaine encore, des dizaines de jeunes ouest africains, y compris de nombreux sénégalais, ont été recueillis, en Mer Méditerranée au moment où ils frôlaient la mort.

C'est pour toutes ces raisons que je vous propose que nous saisissions l'occasion de cette Journée d'étude pour mettre en place, au sein de l'ANCP, un Observatoire du pouvoir d'achat, du coût et des conditions de la vie, observatoire qui aura pour mission d'évaluer, périodiquement, à l'attention de nos militants comme de nos sympathisants, l'évolution réelle du coût de la vie et du pouvoir d'achat dans les différentes régions du pays, dans le but de les aider à comprendre ces mécanismes.

Les Sénégalais n'en peuvent plus.

Chers Camarades, Chers Invités et Participants,

Les conséquences de la décroissance de l'économie, celles de la paupérisation accélérée des populations les plus vulnérables ont mis le système financier sénégalais dans une situation très inquiétante et particulièrement précaire pour le pays. Et le Sénégal ne sera une nation émergente que par la mise en place d'un système financier sain et performant.

Or, aujourd'hui, si nous assistons, la douleur au coeur, à une dégradation sans précédent du portefeuille des banques et des établissements de crédit, c'est surtout parce que l'Etat rencontre d'énormes difficultés de trésorerie qui augmentent le niveau de la dette intérieure.

Dans le même temps, les augmentations sauvages et démesurées des dépenses de transferts exceptionnels pour gérer - et gérer mal - la situation des populations sinistrées, le plan Jaakay ayant été un échec, la situation des entreprises en difficulté dans le secteur de l'énergie comme la SAR et la SENELEC, celle du secteur des industries chimiques comme les ICS, se sont faites au détriment des investissements qui étaient programmés pour l'agriculture, pour l'élevage, pour la pêche, pour l'éducation, pour la santé, pour le développement social et la solidarité nationale.

En effet, tous ces secteurs ont subi des prélèvements substantiels sur leurs dotations budgétaires, pour un montant total supérieur à 100 Milliards au cours d'une seule année budgétaire, celle de 2006.

Mieux, ces dépenses de transfert ont été effectuées à une période où le Trésor public a été amené à préfinancer des travaux d'infrastructures routières, celles de la Corniche Ouest notamment, pour des raisons à la fois électoralistes et démagogiques. On a vu le résultat.

Comme nous le savons tous, le Gouvernement de Maître Abdoulaye Wade s'est fourvoyé en choisissant de faire de la politique budgétaire le principal levier de la relance économique, à l'aide de grands travaux d'infrastructures routières, en oubliant, évidemment, les axes routiers, à l'intérieur du Sénégal, à savoir : Kaolack - Tambacounda, Tambacounda - Vélingara - Kolda, Kaolack - Sokone, Kaolack - Nioro - keur Ayib, Saint-Louis - Matam, Kanel - Bakel. Il faut aussi rappeler la route Ourossogui - Ranérou - Linguère, dont la première pierre a déjà été posée plusieurs fois et les engins qui y avaient été stockés ont été purement et simplement retirés. Les tronçons Mboro - Rufisque et Fatick - Diakhao - Bambey sont aussi concernés. Il ne faut pas oublier une bonne partie de l'axe Ziguinchor - Oussouye.

Le Gouvernement pense qu'en finançant directement ces investissements, il crée des emplois et relance la consommation et l'investissement privé. Cela peut être vrai dans une certaine mesure et sous certaines conditions.

Mais, le niveau de l'endettement intérieur, qui s'élève à plus de 200 Milliards, avance-t-on, risque d'annihiler les effets attendus d'une telle politique. Car on ne peut pas vouloir une chose et son contraire parce qu'il est établi, selon des faits précis et vérifiables que :

  • des chèques du Trésor servis à des fournisseurs en règlement de leurs créances sur l'Etat reviennent impayés, pour provisions insuffisantes, sur des montants inférieurs à 10 Millions de francs cfa ;
  • les propriétaires de logements conventionnés par l'Etat ne sont pas payés depuis trois trimestres, c'est-à-dire 9 mois sur 12;
  • des bons du Trésor arrivés à échéance sont parfois impayés. C'est ainsi que pour les bons émis en 2006, l'encours à 60 jours était de 25 Milliards à la date du 7 juin 2007 ;
  • les ICS n'ont pas encore remboursé les 15 Milliards d'emprunt 2006, garanti par l'Etat ;
  • l'emprunt d'Etat de 45 Milliards émis en juillet 2005, échéance juillet 2010, n'avait connu, à la même date du 7 juin 2007, c'est-à-dire il y a une semaine, aucun début de remboursement. Ainsi, le stock d'encours reste à 45 Milliards.

Bref, les finances publiques et le Trésor sont aujourd'hui dans une situation alarmante, eu égard à l'importance des engagements pris par l'Etat à la veille des élections, pour calmer le front social et pour relancer ses grands chantiers.

Cette situation appelle, sans délai, des mesures de redressement. Ces mesures doivent être de vraies mesures, car comme le disait Mendès France, " il est des matières où la demi-mesure est une contre-mesure ". Dans la situation actuelle, le Gouvernement doit trouver des ressources pour faire face à cette situation. Or, pour trouver de l'argent, le Gouvernement n'envisage que trois possibilités dans sa logique actuelle de gestion des finances publiques qui conduit à une impasse. A l'appréciation des méthodes de gestion actuellement utilisées par Me Abdoulaye Wade, il est constant que le Gouvernement envisage :

1. d'augmenter les recettes fiscales ;

2. de privatiser certaines entreprises rentables du secteur public ou parapublic ;

3. d'augmenter l'endettement privé intérieur ou extérieur ou les deux à la fois.

L'augmentation des recettes fiscales passe nécessairement par l'accroissement du produit des impôts indirects qui, seuls, représentent plus de 71 % des recettes totales.

Ces impôts sont non seulement inéquitables parce qu'indifférenciés, payés par tous les citoyens, de la même manière et quels que soient les moyens des uns et des autres. Ils sont, en outre, d'une collecte facile. Il s'agit, essentiellement, des taxes sur la consommation, c'est-à-dire des produits les plus demandés sur le marché et de la TVA et des taxes spécifiques sur le carburant et les droits de porte. C'est pourquoi, pour augmenter ses recettes ordinaires, l'Etat laissera encore augmenter les prix des denrées de première nécessité. Il continuera même de favoriser ces augmentations. Il en sera ainsi du carburant, du ciment, de l'eau, de l'électricité, du gaz, du lait, de l'huile et d'autres produits, en somme, de tous les produits et biens de consommation courante qui font l'objet de la demande sociale.

La baisse de l'impôt sur les sociétés, décidée il y a quelque temps, ne pourrait, sans risque, être remise en cause par l'Etat.

Le dernier créneau qui reste pour le dernier type d'impôt, à savoir l'impôt sur le revenu, ne saurait être touché, dans le contexte actuel, étant donné la faiblesse du revenu des Sénégalais y compris les revenus salariaux, du fait du coût très élevé de la vie.

Ce sont les politiques erratiques du régime en place qui ont fini de conduire à cet engrenage catastrophique pour les populations et pour le pays.

La privatisation, elle, ne peut concerner que deux ou trois sociétés rentables, la SONATEL, la LONASE et le PORT DE DAKAR. Or, ces privatisations ne pourront se faire sans provoquer le monde du travail et déstabiliser le front social.

L'augmentation de l'endettement privé quant à elle va poser problème et coûter très cher, compte tenu des tensions actuelles que subit la trésorerie de l'Etat. Les conditions de prêt risquent, en effet, d'être très élevées, avec des taux d'émission prohibitifs, comme c'est déjà arrivé, malheureusement, sous le régime dit de l'alternance.

Voilà, chers Camarades, l'état économique et financier dans lequel nous nous trouvons et dans lequel nous risquons d'évoluer encore, si ceux qui nous gouvernent s'entêtent dans leurs choix de gouvernance, dans leurs méthodes inefficaces de gestion du bien public et dans leur manque de rigueur.

Demain, il fera jour. Si Maître Abdoulaye Wade a gagné ces élections, il lui reste à gouverner le pays. Gouverner le pays, cela ne peut signifier continuer à tenir des discours politiciens, à parcourir le monde en se livrant à des déclarations toujours éloignées des priorités sénégalaises, à marcher sur les Institutions de la République, en recréant un Sénat que nous nous étions engagés, en l'An 2000, à supprimer parce qu'il ne répondait plus aux soucis de réduire le train de vie de l'Etat et aussi, principalement, parce qu'avec une réforme appropriée du Conseil Economique et Social qui existait alors, l'Assemblée Nationale comme Institution parlementaire, aurait largement suffi.

Evidement, ce que nous avons constaté par la suite, a fait remonter en surface une vérité politique vieille de trois mille ans et qui veut que dans un Parlement, quand on parle trop, l'on ne délibère pas. Et lorsqu'un Parlement ne délibère pas sur les priorités de la nation, lorsqu'il ne contrôle pas l'action de l'exécutif, les débats parlementaires deviennent un exercice-spectacle, sans plus.

Le faible taux de participation du peuple au scrutin législatif du 3 juin 2007 est venu corroborer et confirmer la nature et le contenu factices de la mascarade électorale de février 2007.

A Maître Abdoulaye Wade, nous redisons, encore une fois, qu'il a " emporté " les élections présidentielles du 25 février 2007, mais qu'il ne les a pas remportées.

Les Sénégalais ont besoin - et ils en ont le droit plein - de vivre dans la paix et dans la sécurité. La hausse des prix, que le " nouvel élu " ou " nouveau réélu " a servie aux populations sénégalaises en guise de remerciements pour récupérer les fonds publics engloutis dans sa mascarade électorale, est inacceptable, dans le fond comme dans la forme. Le prix du riz a été augmenté dès le lendemain du scrutin du 25 février. Le surlendemain, 27 février, le prix du gaz a été augmenté. Deux jours plus tard, le prix du carburant a été augmenté. Moins d'une semaine plus tard, le prix du sucre a été augmenté. Les prix de l'huile et du lait ont suivi. Pour le lait, cette augmentation a été décidée dans des proportions insupportables pour les populations. Alors qu'il s'agit d'un aliment vital pour les ménages et particulièrement pour les enfants, dont un grand nombre se trouve frappé de malnutrition.

Dans quelques jours, la semaine à venir sans doute, le prix du carburant va encore augmenter, avec tous les effets induits liés à une telle augmentation.

Toutes ces mesures sont en totale discordance avec les promesses que Me Abdoulaye Wade avait faites, pendant la campagne électorale, avant le premier scrutin présidentiel.

Nous revenons, à cet égard, à l'éthique, dans le domaine politique.

Ce qui, en politique, compte comme une priorité, ce ne sont pas les apparences.

C'est le contenu des programmes, c'est le contenu politique des projets. C'est l'action. Et c'est la vérité, c'est-à-dire, par-dessus tout, le sens et le souci du rapport à la morale. Et c'est cela qui différencie les vrais patriotes de tous ceux-là qui, depuis plusieurs années et surtout depuis ces deux dernières années, détruisent, jour après jour, le tissu économique du pays, les valeurs cardinales et les acquis qui faisaient la fierté des Sénégalais et la grandeur de ce pays. Nous sommes différents d'eux parce que, pour nous, une mise en perspective historique, sans cesse en mouvement, constitue la source intarissable où nous puisons les motivations et la force de notre engagement au service du Sénégal. Et cela parce que nous sommes des hommes de foi, parce que nous sommes des hommes de devoir, parce que nous sommes des hommes de fidélité et parce que nous sommes et que nous entendons demeurer des militants de la République du droit qui donne à chaque citoyen sa chance de s'épanouir, de vivre dans la dignité et de réussir.

Nous sommes dans cette voie, où nous pensons et agissons, de l'espace de la sémiotique, par l'interprétation des signes de la vie, à un choix de maïeutique qui induit des capacités de créativité et d'innovation productrices de progrès et facteurs de développement.

Nous voulons une démocratie arc-en-ciel, dans la palette des couleurs du soleil et dans la transparence des gouttes de pluie. C'est-à-dire dans l'honnêteté et dans la loyauté. Surtout dans le respect de la parole donnée. Les Sénégalais aspirent, légitimement, à des changements qui mettent fin aux déviances de nature politique, aux gaspillages du bien public, aux dérives autoritaires et aux violations de la loi. C'est que, de plus en plus, les principes moraux perdent leur sens et la répétition et l'ampleur des dégâts et des scandales font disparaître les repères dont notre jeunesse a tant besoin, aujourd'hui et demain.

A la place de la prolifération des lieux communs qui inondent l'opinion publique, à la place de tous ces effets d'annonce qui étouffent le citoyen, à la place des phrases creuses et toutes faites, le Sénégal a besoin de réformes profondes, d'une modernisation enviable de son mode de gouvernance et d'un retour durable des valeurs et vertus qui, chaque jour, semblent quitter les unes après les autres l'espace et le débat politiques dans notre pays.

Pour toutes ces raisons, nous devons garder le cap. Quant à moi, assurément et définitivement, je reste avec vous, dans ce combat politique exaltant que nous menons ensemble et depuis si longtemps.

Entre le Sénégal et nous, il existe un contrat moral de sacerdoce et de sacrifice, fondé sur un destin, un idéal, des convictions et des ambitions. Alors, nous continuerons de garder le cap, sans nous retourner, en marchant droit et en travaillant, sans discontinuer, dans le champ de l'effort. Quand nous cultivons l'esprit de générosité et la vertu de tolérance, quand nous promouvons, en phase avec le peuple, l'abnégation et la mystique du travail, quand nous reconnaissons au dialogue les vertus qu'il porte, nous ne voulons pas que l'on puisse croire que nous sommes prêts à aller vers des compromissions douteuses ou vers des alliances contre-nature avec ceux-là qui auront laissé dans l'histoire du Sénégal la marque de leurs capacités de destruction et de dévalorisation des bases mêmes de notre société.

A l'AFP, en relation solidaire avec toutes les formations politiques qui partagent les mêmes ambitions et les mêmes choix que nous, nous entendons continuer d'investir dans le futur en agissant sur le présent.

L'AFP est membre de la Coalition Alternative 2007.

L'AFP est membre du Front Siggil Sénégal. Dans l'un et l'autre cadres, précisément, tous les engagements pris vis-à-vis du peuple seront poursuivis, réalisés, dans toute la mesure du possible, avec les partis qui sont dans la Coalition Siggil Sénégal et à fortiori avec ceux qui sont dans la Coalition Alternative 2007.

Il s'agit, pour nous, d'une responsabilité collective, qui nous incombe au plus haut point, devant l'histoire et devant les générations d'aujourd'hui et celles de demain.

Nous sommes favorables à une unité réelle de l'opposition. Evidemment, une évaluation lucide des expériences récentes doit être faite, pour éviter la répétition de certaines erreurs et autres dysfonctionnements préjudiciables à la force de l'opposition.

Pour nous, le regroupement de l'opposition démocratique n'est pas un fait du hasard. Il s'agit d'un processus volontaire, conscient, qui se fonde sur une analyse précise des données politiques, économiques et sociales qui prévalent actuellement au Sénégal, face à un régime qui ignore le droit et la loi et qui a résolument tourné le dos à la démocratie et au respect de la personne humaine.

Mes chers Camarades,

Les problèmes que rencontre le Sénégal ont des solutions, quelle que soit leur nature. Qu'il s'agisse de l'éducation, de la formation, de la santé, des mécanismes de production de biens, de services, de développement et de bien-être, de la pauvreté, de l'émigration et des Sénégalais vivant à l'étranger, du monde paysan et des travailleurs des villes, du statut de la femme et de l'emploi des jeunes, de la justice sociale et de la solidarité, de l'exploitation judicieuse de nos ressources naturelles, il faut des hommes et des femmes qui comprennent que le savoir et le savoir-faire, le respect du bien commun, une vision sans équivoque de la mission qui incombe à chaque société humaine dans le déroulement de son destin, sont les seules voies susceptibles de sortir un pays des sentiers tortueux et hasardeux de l'irresponsabilité et de l'inefficacité. Et le philosophe avait bien eu raison de considérer qu'une société entre en décadence dès lors qu'elle commence à tourner le dos aux valeurs qui devraient faire sa propre grandeur.

C'est à ce prix et à ce prix seulement que le Sénégal sera en mesure de sortir de la série de crises que nous vivons actuellement : crise des valeurs, crise des repères et des mystiques de progrès, crise des capacités susceptibles de promouvoir des leviers d'innovation et de modernité.

C'est que nous devons mettre fin, par nos efforts concertés, à la politique de congélation socio-économique du pays, présentement mise en œuvre par le régime de Maître Abdoulaye Wade et les imprécations des zélateurs frénétiques de ce régime n'y changeront rien.

Mes chers Camarades,

Ceux et celles, parmi les participants à cette Journée d'Etude qui ont bien voulu présenter des communications, méritent nos remerciements. Ils vont contribuer à un débat consacré à des sujets importants dans le développement du Sénégal. Les échanges qui auront lieu, ici, autour des thèmes inscrits au programme nous permettront, aux uns et aux autres, de procéder à des échanges d'idées, fondés sur les expériences que nous partageons.

Nous parviendrons, avec l'aide et par la grâce de Dieu, à la victoire. Alors, poursuivons la lutte !

Que Dieu sauve le Sénégal !

Je vous remercie.