Allocution d'ouverture prononcée par Monsieur Moustapha Niasse, à l'occasion de la cérémonie annuelle commémorative de la Déclaration du 16 Juin 1999
 

Ngoundiane, le 16 juin 2004

 

Mes chers camarades,
Mesdames, Messieurs les Invités
Populations militantes de Ngoundiane,
Chers concitoyens,

Nous célébrons, ce matin, le cinquième anniversaire de la Déclaration du 16 juin 1999.

A un moment historique de l'évolution de notre pays, et à quelques mois d'une échéance que les Sénégalais attendaient et préparaient avec une effervescence questionneuse, nous avions été, à cette période de l'an 1999, nombreux à sonner la mobilisation des énergies, des synergies et des volontés, pour, ensemble, relever les défis. Nous le fîmes, convaincus que le peuple souhaitait des changements profonds à la tête de notre pays.

Changements, avions-nous dit alors, changements, disons-nous, encore, aujourd'hui, depuis Ngoundiane, au cœur du Cayor.

Le combat d'hier reste plus actuel que jamais. Nous avons quitté, il y a plus de trois années, le gouvernement du Président Abdoulaye Wade, à la suite de divergences dont le peuple a été le témoin, divergences dont la moindre ne fut pas notre refus d'une phagocytose programmée et d'une digestion de notre parti par celui du chef de l'Etat.

Nous étions en juin 2000, au trimestre premier de l'alternance. Il n'y eut à cette occasion ni négociations ni marchandage. La suite, nous la connaissons tous. Notre participation, presqu'une année durant à la gestion du pays et les traces positives qu'elle a laissées, ont été la conséquence de la responsabilité que nous avions de poursuivre le combat en veillant à l'application d'engagements pris vis-à-vis des électeurs de 2000. Nous avons travaillé dans cet esprit. Et nous pouvons être fiers, militantes et militants de l'AFP, en refusant de noyer notre parti, d'avoir opté pour la liberté plutôt que pour des positions qui n'auraient été en réalité que des carcans inhibiteurs de notre engagement résolu aux cotés et au service du peuple souverain.

Depuis, les événements se sont succédés, les uns après les autres, nous donnant raison et l'occasion de jauger, d'analyser, de juger, avec lucidité, les manifestations, retombées, bienfaits et méfaits de cette alternance survenue dans notre pays, en mars-avril 2000. Malgré tout, l'histoire retiendra qu'à cet avènement d'une alternance qui portait sur ses ailes l'espoir de millions de Sénégalais de tous âges, notre parti, consciemment, activement, apporta une contribution significative. Nous ne regrettons rien. Mieux, l'AFP assume, avec fierté, ce qu'elle fit hier. Elle est encore prête.

Depuis le début de l'alternance, la barque Sénégal a poursuivi son odyssée, voguant au milieu des flots, vers son destin.

Le peuple de notre pays, le regard fixé sur la ligne d'horizon, a continué et continue encore de tisser le maillage itératif de ses priorités et urgences. Dans la voie de cette marche et malgré les motifs nombreux de désespoir et de découragement, le peuple du Sénégal a puisé ses forces à la source des impulsions dynamiques qui traduisent les justes ambitions qu'il nourrit si légitimement pour être présent au rendez-vous des nations libres et prospères, demain.

Nous restons au milieu de ce combat, nous de l'AFP, et c'est pourquoi nous avons décliné, par deux fois, avec courtoisie mais avec fermeté, les offres du président de la République pour le retour de notre parti au Gouvernement, en août 2003 et en février 2004. Nous avons pris cette décision, au terme de préalables et ouvertes consultations avec toutes les instances statutaires de notre formation politique.

C'est que nous sommes restés fidèles aux idéaux de l'AFP que nous défendions alors, forts de la conviction, encore plus ancrée aujourd'hui, que le Sénégal doit refuser la fatalité du sous-développement durable. Nous pensions et nous pensons toujours que notre pays ne peut regarder venir, à grands pas, sans réagir, une ère de décomposition de la société sénégalaise, quand les populations rurales et urbaines vivent dans un état de pauvreté sans précédent, depuis notre accession à la souveraineté internationale. Nous poursuivons ce combat, avec la même ardeur et la même intensité, d'abord et principalement au sein de notre parti, qui est et demeure le cadre institutionnel que nous avons créé, il y a cinq années et, en même temps, avec des partis alliés regroupés au sein du CPC, Cadre Permanent de Concertation de l'opposition. Nous travaillons, aussi avec d'autres partis frères qui partagent notre volonté d'organiser les changements que le peuple attend avec une légitime impatience. Cette situation nous conduit, à présent, à tout entreprendre pour rechercher, trouver et mettre en œuvre quantité de moyens susceptibles d'aider nos semblables à donner une pleine cohérence au tissu d'une existence trop souvent malmenée, notamment dans le monde paysan abandonné à lui-même.

Pour toutes ces raisons, ce jour, nous voulons célébrer, dans et par la réflexion, l'attachement que nous partageons vis à vis de nos chères contrées, en convoquant l'histoire, celle d'aujourd'hui qui détermine celle de demain, pour renouveler notre engagement au service du peuple.

C'est pourquoi, sous cet éclairage, je vous propose quelques données de référence qui me paraissent, dans le contexte actuel, revêtir une importance singulière et qui illustrent et justifient tout à la fois notre projet de société et notre volonté de le réaliser le moment venu et avec l'aide de Dieu, au Sénégal.

La première de ces données est celle de la consolidation de notre démocratie. Nul ne peut, à présent, nier que la démocratie sénégalaise, si elle existe depuis des décennies, est devenue, avec l'alternance, une démocratie purement formelle, livrée aux humeurs changeantes et aux états d'âme d'un homme et d'une équipe qui agit au gré de réflexes incohérents, Plus grave, ce caractère mutant voire parfois volatile de notre système démocratique résulte de comportements, de décisions dénuées de tout fondement juridique avéré et de l'application faite des dispositions de la Constitution de janvier 2001 par le pouvoir en place.

Il est aujourd'hui établi que cette loi fondamentale est utilisée par le président de la République tout à fait hors de l'esprit et du champ d'inspiration philosophique en faveur desquels les citoyens avaient adopté, à une majorité significative et par référendum, la nouvelle Constitution, celle qui régit actuellement le fonctionnement des institutions de l'Etat. Même si, sur les formes que revêtent les procédures utilisées, il peut sembler, à première vue, que le para-légal puisse se confondre avec la légalité. Cette tendance et la pratique qu'elle induit sont illustrées par tout le débat portant sur la volonté et l'entêtement du Chef de l'Etat d'instituer un Conseil de la République dont tous les membres, à de rares exceptions près, seront désignés, en définitive, par lui-même. Et la saisine de la représentation nationale par le gouvernement, pour conférer à la procédure utilisée à cette fin un semblant de base de conformité constitutionnelle, ne modifie en rien l'inopportunité de ce Conseil. Au plan politique, voilà un organe totalement inutile dans le fond, hybride dans la forme et dans tous les cas superfétatoire, si l'on prend en considération les conditions économiques du Sénégal d'aujourd'hui. Ce Conseil sera budgétivore et il sera, tout au plus, destiné à accueillir en son sein des hommes et des femmes que le pouvoir aura voulu caser. Plus grave, il sera monocolore donc sans aucune possibilité de discussions utiles pour le pays.

Il n'est pas nécessaire de s'appesantir davantage, sur la liste des exemples de violations répétées de la Constitution, avec un entêtement qui en dit long sur l'inanité de tout espoir d'amener le Chef de l'Etat à changer dans ce domaine. La solution, alors, réside exclusivement dans le changement du régime du Président Abdoulaye Wade.

Ce changement de régime est souhaitable. Il est réalisable, par la voie des suffrages, à l'issue d'élections régulières, transparentes, loyalement organisées et sous le contrôle de tous les acteurs politiques concernés et du peuple souverain.

Ces élections, qui surviendront à l'échéance des périodes fixées par la Constitution, en 2006, pour les députés, et en 2007, pour le choix, comme nous l'espérons, d'un nouveau président de la République, nous avons l'obligation de les préparer avec soin et d'exiger qu'elles se déroulent dans la clarté républicaine. Evidemment, si le peuple en décidait autrement, ce que personne de raisonnable ne peut souhaiter, il ne serait pas alors nécessaire de souligner ou de rappeler à quel sort nous aurions choisi de livrer les Sénégalais . Pour le malheur de tous. Il est permis, à cet égard, d'être optimiste parce que nos compatriotes ne pourront jamais oublier les souffrances qu'ils auront si longtemps endurées jusqu'à une étape de leur vie ou, plus que jamais, ils auront besoin d'être dirigés par des guides soucieux du respect de la parole donnée, respectueux des engagements pris, capables de se mettre au service de tous les citoyens, de leurs droits, de leur sécurité, de leur bien-être, pour conduire, avec eux, leur commun destin. Evidemment, nous n'excluons pas l'éventualité d'élections anticipées. Tout reste possible avec le régime qui nous gouverne.

La deuxième donnée est celle de l'organisation même des élections prochaines, qu'il s'agisse d'élections législatives ou d'élections présidentielles. Notre parti, l'Alliance des Forces de Progrès, doit préparer activement ces élections, sur tous les plans. En fonction des circonstances que nous évaluerons sans complaisance, nous ferons face, en prenant nos responsabilités, comme nous l'avons déjà fait en l'an 2000, puis en l'an 2001 et encore en l'an 2002, bien que, pour ce dernier cas, nous ayons décidé, pour des raisons de solidarité avec des formations politiques alliées, d'agir dans une coalition CPC. Cette option ne peut être exclusive d'une ouverture vers une coopération sincère, fraternelle et profitable au peuple de notre pays pour combattre et faire partir le régime PDS.

Cette question réglée, notre parti n'est tributaire, dans l'absolu, d'aucune contrainte eschatologique qui limiterait son engagement dans la logique du libre choix, prolongement direct du principe de l'autonomie de la décision si chère à l'AFP. La réflexion que nous avons déjà engagée, nous la poursuivrons encore, rigoureusement, méthodiquement et rationnellement planifiée dans le temps et dans l'espace, en définissant des objectifs clairs qui ne laisseront aucune place à aucune forme d'improvisation, d'informalisation dans les mécanismes de gestion d'un pays comme le Sénégal. Nous ne devons jamais nous laisser surprendre ni par les événements ni par ceux avec qui nous partageons le champ politique, c'est-à-dire l'ensemble des partis légalement reconnus et qui ont pour vocation de servir le peuple et notre pays.

Le Général Charles de Gaulle, citant l'écrivain Maurras, rappelait souvent " qu 'en politique, il faut s'attendre à tout, car tout y semble permis sauf de se laisser surprendre "

Nous pensons, en particulier que l'institution, sur la proposition du CPC, d'une CENA (Commission Nationale Electorale Autonome) doit permettre, entre autres problèmes importants, de poser et de régler définitivement la question de la carte unique anti-fraude, la question du dépouillement contradictoire et concomitant des votes dans tous les bureaux électoraux sans aucune intrusion de l'administration territoriale, la publication, par voie de presse, le soir même du scrutin, des résultats. Cette mesure permettra au peuple d'enregistrer les résultats proclamés, à mesure que se dérouleront les dépouillements, de manière à empêcher toute manipulation ou falsification des procès-verbaux, comme cela est déjà arrivé naguère.

Nous devrons aussi veiller à ce que le mode de scrutin utilisé fasse l'objet d'un consensus large, dans le but d'éviter qu'avec moins de 50 pour cent des voix des électeurs, un parti ou une coalition s'adjugent injustement 80 voire 90 pour cent des postes d'élus. Cette situation a vicié les conséquences du scrutin législatif de 2001 et de celui de 2002 concernant les élections rurales et municipales.

Il y a, par ailleurs, les ravages que cause -comme ce fut le cas dans la zone de Kaffrine et ailleurs, au Sénégal- sur le déroulement du processus électoral par l'utilisation débridée, abusive et totalement illégale de l'argent par le parti du Chef de l'Etat, à l'initiative, sous l'impulsion et la coordination active de celui-ci. De tels comportements doivent être combattus vigoureusement, car ils faussent le libre jeu électoral et, partant, la manifestation transparente du suffrage des électeurs-citoyens.

La troisième donnée réside dans la poursuite du travail que nous avons entamé en octobre 2003 et que nous développons maintenant sur le terrain pratique de l'action politique. Il s'agit de nos tournées de proximité et de contacts avec la base militante dans les onze régions du Sénégal. Ces tournées nous ont conduits, en ce 16 juin 2004, dans ce village historique de Ngoundiane. L'AFP a été bien inspirée dans sa croisade itinérante d'élargissement et de consolidation de sa base politique. Sans hésiter, ignorant résolument les intempéries, les distances, les rigueurs de la géographie lunaire d'un réseau routier dantesque que ne dédaigneraient point les coureurs d'épreuves d'endurance du Paris-Dakar, nous avons parcouru les contrées des départements, communes et communautés rurales des régions de Kolda, en avril et de Matam, en mai de cette année. Au cours du dernier trimestre 2003, toute la région de Dakar a été visitée par le Secrétaire Général du parti, en compagnie d'une forte délégation du Bureau politique et des représentants des mouvements de femmes et des jeunes du parti, sans oublier ceux de l'ANCP et de l'ANUP. Enfants de ces terroirs qui font le Sénégal des profondeurs, nous nous trouvons avec fierté au cœur même du corpus populi, totalement en phase avec ce que ce pays compte de plus sain, de plus vrai et de plus sûr face à l'avenir.

Nous ne pouvons ni ne devons avoir de doute d'aucune sorte sur ce que la mauvaise gouvernance que subit le Sénégal ruine, si elle dure encore longtemps, les chances de sortir notre pays des difficultés qu'il rencontrait à la veille de l'alternance, en 1999 et que le régime du parti-Etat, créé par le PDS, a accrues et alourdies dans des proportions gigantesques dépassant tout entendement humain. Alors s'imposent d'elles-mêmes des exigences nouvelles, objectives et incontournables, plus impérieuses que celles qui prévalaient avant l'alternance et qui avaient motivé notre mobilisation et notre combat d'alors. Tous les patriotes de ce pays doivent prendre en charge ce combat, si nous voulons, comme le recommandent avec pertinence, Mamadou Ablaye Ndiaye et Alpha Amadou SY, deux jeunes et brillants Philisophes-Ecrivains sénégalais, " " que tout exercice d'une fonction politique soit considéré comme un sacerdoce et non comme une sinécure. " " Ces deux patriotes ajoutent aussitôt que… " " cette mutation est une impérieuse exigence, car la politique du ventre s'est sédimentée dans les gisements les plus profonds de la culture politique au Sénégal. "

Les Sénégalais ont le droit de rêver et ils rêvent effectivement pour une autre Sénégal que nous avons commencé de construire, avec les femmes, les jeunes, les patriotes et tous les démocrates de notre pays, au plein cœur du sens même que nous avons voulu donner, en 1999, à la Déclaration du 16 juin.

Pour conclure ce message de l'AFP destiné au courage du peuple du Sénégal, je voudrais vous redire ceci : la célébration du cinquième anniversaire de la Déclaration du 16 Juin 1999 est pour nous l'occasion de réaffirmer, une nouvelle fois, notre attachement à l'idéal qui nous a conduits à créer l'Alliance des forces de progrès. L'élection présidentielle du 19 mars de l'an 2000 était à nos yeux annonciatrice d'une ère nouvelle pour notre pays ; elle devait être porteuse des changements tant attendus par nos compatriotes, changements autour desquels s'étaient réunis, dans l'enthousiasme, des millions de Sénégalais, de tous âges et de toutes conditions. C'est bel et bien cette dynamique, synonyme d'une autre façon de faire de la politique, et de n'entrevoir celle-ci qu'à travers la satisfaction de l'intérêt général qu'incarnait la Déclaration du 16 Juin 1999. Que n'a-t-on dit à l'époque, à propos de ce texte, certains allant jusqu'à prédire un avenir politique funeste à ses auteurs, d'autres n'y voyant qu'un simple exercice de rhétorique politique sans autre finalité que l'échec.

Or, cinq ans après, et quels qu'aient pu être les aléas de l'alternance et les effets dévastateurs, en termes d'illusion et de déception pour Les Sénégalais, de la politique spectacle menée par les dirigeants actuels, nous pouvons dire, sans prétention, que l'AFP, notre parti, continue d'incarner l'espoir d'une vie politique revigorée. Aujourd'hui, l'AFP est au centre de l'échiquier politique. Notre parti a été, en 2000, le vecteur principal de l'aspiration profonde au changement. Notre parti demeure encore aujourd'hui le mouvement qui s'identifie le mieux à un retour aux valeurs de l'action et de la responsabilité. Oui l'AFP occupe toute sa place dans le champ politique sénégalais, entendu non pas comme un espace voué aux ambitions personnelles, aux coups les plus bas, aux pratiques prédatrices, aux querelles de personnes, mais comme le lieu où se retrouvent, de plus en plus, les femmes et les hommes décidés à agir pour que le changement ait un sens concret dans notre pays.

Oui, l'AFP s'assume pleinement dans une opposition lucide mais inébranlable, à un pouvoir qui a résolument tourné le dos aux promesses d'une vie meilleure, d'une action gouvernementale mise au service des Sénégalais, d'une rupture avec des comportements empreints d'arrogance et de mépris.

Que sont devenus les 840 Milliards de francs CFA déclarés avoir été obtenus, il y a exactement douze mois, auprès du Club de Paris, annonce qui avait suscité une grande espérance chez les Sénégalais qui, non informés de la réalité des choses, avaient cru de bonne foi que ces 840 Milliards francs CFA étaient définitivement acquis ? Qu'est devenu le fameux pont sur la Gambie, ramené au Sénégal, après trois jours de discussions à Banjul ?

En lieu et place d'une véritable accession à la citoyenneté, l'équipe au pouvoir offre le spectacle d'un jeu partisan étriqué, exclusivement dicté par la course aux privilèges et aux avantages matériels de toutes sortes.

Là où l'éthique républicaine devrait tenir lieu de règle de conduite, il n'y a aujourd'hui place que pour le népotisme, prenant en otage l'Etat et confondant patrimoine public et privé.

Oui, je le dis de la manière la plus solennelle, ceux qui à travers la Déclaration du 16 Juin 1999 ont pris l'engagement de mettre en œuvre des réformes radicales tournées vers l'amélioration des conditions de vie des Sénégalais, ne se reconnaissent pas dans les gadgets et la quincaillerie politique qui font office, aujourd'hui, de règles et de mode de gouvernement.

Mes chers camarades,

Nous ne voulons pas jouer les cassandre. Mais nous devons être vigilants, vigilants et actifs, actifs et entreprenants, dans l'unité et dans la concorde.

Notre pays, aujourd'hui, a besoin de paix, de concorde, d'unité consolidée, de tolérance mutuelle permanente au plan religieux comme sur le terrain politique.

Nous de l'AFP, notre vocation, notre mission, résident, nous le savons, dans un processus maîtrisé de conquête du pouvoir. Nous détenons, vous le savez, la solution de la plupart des problèmes de notre pays. Parce que ces solutions existent. Pour les trouver, il faut de l'expérience, une formation politique et technique avérée, du savoir-faire, de la perspicacité avec une bonne dose de générosité complétée par une volonté constante et sincère de servir le peuple souverain, la nation et le pays

Et nous sommes prêts à assumer, aujourd'hui, demain, quand le peuple souverain le décidera avec l'appui de Dieu, les charges les plus exaltantes, quels que puissent être leur poids et leur complexité, pour notre pays, pour son peuple, pour la liberté, la justice et pour la grandeur d'un Sénégal nouveau qui sera dirigé autrement.

Je vous remercie de votre attention.


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