Le Secrétaire Général

Rencontre entre une délégation de l'AFP et une délégation de l'APR-YAAKAAR

Allocution de bienvenue de Monsieur Moustapha Niasse,

Secrétaire Général de l'AFP

Dakar, le 2 janvier 2009

 

Monsieur le Président de l 'APR,

Chers participants à la rencontre de ce jour,

Il y a deux jours, Monsieur Macky Sall, Président de l'Alliance pour la République et moi-même, avons eu un entretien important sur la situation qui, à plusieurs niveaux et dans de nombreux domaines, prévaut dans notre pays.

Notre rencontre a eu lieu dans la soirée du Mardi 30 décembre 2008, à Dakar. Cette rencontre faisait suite à des prises de contact antérieures, entreprises sous l'inspiration d'une commune volonté de capitaliser, par la consultation et la concertation, tout le potentiel de patriotisme, la diversité des expériences et un engagement de plus en plus actif des citoyens au service des urgences qu'appelle la mobilisation des énergies pour aider le Sénégal à sortir de la crise dans laquelle il se trouve profondément enlisé.

Plus que jamais, aujourd'hui, les forces vives de la nation sont interpellées. Notre rencontre s'inscrit en droite ligne du devoir de mobilisation qui nous incombe.

Et le dénominateur commun le plus solide, qui focalise les réponses à l'appel du devoir, se trouve dans les symboles que portent des circonstances comme celles de ce jour, ici au siège de notre parti.

Bienvenue à Monsieur Macky Sall et aux membres de la délégation de son parti, l'APR-YAAKAAR.

Nous travaillons dans la transparence, parce que la morale est binaire, qui ne souffre pas de nuances. Il y a les patriotes. Il y a les autres. Et nous sommes des patriotes.

Les partis avec lesquels nous sommes en alliance au sein de la Coalition Alternative 2007 ont été tenus informés de notre réunion, qui se situe dans le cadre de la dynamique de concertations positives qui se déroulent aussi entre d'autres formations politiques de l'opposition, et tout cela en parfaite osmose avec le plan d'action et le programme élaboré par And Siggil Senegaal dont nous sommes membres fondateurs, dans la perspective des prochaines élections locales du 22 mars 2009.

Parce que nous avons compris que l'heure est grave. Nous avons compris que les équilibres qui fondent les bases de notre pays, sa stabilité, son présent, son avenir, l'accomplissement de son destin dans la marche de l'humanité, ne sont plus seulement menacés. Ils sont en voie d'être rompus et pour longtemps.

Le régime de Me Abdoulaye Wade a fini de conduire le Sénégal à toucher le fond. Et le pays est à l'arrêt.

En effet, l'agriculture est bloquée dans un flot de discours et de promesses dont la vanité n'est que la confirmation d'un échec patent. Cet échec s'est traduit par l'abandon du monde paysan à lui-même et à une misère endémique sans précédent. Il en est de même pour la pêche comme pour l'élevage, le transport, le commerce, l'école, l'Université sénégalaise et la recherche scientifique, ainsi que le sort de nos compatriotes vivant à l'étranger. La jeunesse de notre pays, à l'exception de rares privilégiés qui ont pris le raccourci des prébendes offerts par le pouvoir en place, a perdu ses repères, oubliée qu'elle est par le régime de M. Abdoulaye Wade, à part de vagues et pharaoniques projets dont l'inanité le dispute à l'irréalisme, comme des substances soporifiques destinées à endormir les plus naïfs.

Les banlieues de Dakar sont en ébullition. Les morts d'homme se multiplient dans les régions, à Kédougou puis à Kaolack, dans une violence débridée. Le dossier de la crise casamançaise reste en l'état, mal géré, mal conduit.

C'est pour toutes ces raisons que nous avons voulu et pensé que nos deux partis peuvent et doivent se tenir la main et ensemble apporter ainsi leur contribution au vaste mouvement des forces de l'opposition qui, en jonction avec le peuple, va mettre fin à la régression économique, aux injustices et à l'impunité.

L'histoire de l'humanité et les réalités politiques du temps qui passe et se renouvelle sans cesse dans ses composantes sociologiques nous enseignent, avec pertinence, que les peuples, à un moment donné de leur évolution, savent se dresser comme un seul homme pour assumer leur destin commun. Il s'agit d'un combat pour tous et par tous.

Ce combat est déjà en cours, au sein du Front Siggil Senegaal. Nous le poursuivrons ensemble.

Au cours de notre rencontre de ce jour, nous allons aborder, dans un esprit d'ouverture, la possibilité de mettre en place des mécanismes et des procédures qui permettront une coopération fonctionnelle et fructueuse dans la gestion du dossier de la participation de l'opposition aux élections locales de mars 2009, dans le cadre des formules et projets présentement en discussion. Nous pourrons en particulier examiner la question pratique des zones où nous devrions précisément agir de concert, communauté rurale par communauté rurale, commune par commune, région par région, charger nos équipes respectives de conduire les stratégies les plus opportunes dans les discussions et la répartition détaillée des candidats proposés à l'investiture, au moment où les listes seront élaborées, pendant et à la clôture définitive des opérations d'investiture. Pour ensuite, avec toute l'opposition sénégalaise, conduire une campagne électorale de qualité et de vérité et mettre en commun et en mouvement les synergies nécessaires susceptibles de permettre aux démocrates de ce pays de gagner sur les ennemis de la démocratie et de la liberté.

Nul n'ignore que le pouvoir de M. Abdoulaye Wade, qui parle d'un fichier déclaré fiable, dispose, en réalité, de plusieurs fichiers électoraux, utilisés, en fonction des objectifs de fraude visés, pour détourner le vote des électeurs, comme en l'An 2007. Les fausses inscriptions, les bureaux de vote fictifs, la rétention des informations qui doivent être communiquées aux citoyens conformément aux dispositions du Code électoral, les transferts d'électeurs d'une région à l'autre, la manipulation, les combines, tout est entrepris par le régime en place pour dénaturer, au profit des fossoyeurs de la démocratie et de leur chef, un scrutin lourd de dangers pour eux, parce que leur bilan est nul et destructeur.

Les élections locales de mars 2009 doivent se dérouler dans la transparence.

Le peuple peut mettre fin à la marche du Sénégal vers le chaos.

Le règne de l'injustice, le règne des injustices, peut-on même dire, toutes les dérives et situations inacceptables et inhumaines, doivent prendre fin au Sénégal, et cela dans les délais les plus brefs.

Les maux dont souffrent les populations sénégalaises sont nombreux : injustices sociales, qui n'ouvrent aux démunis aucune perspective de promotion vers un bien être légitime, injustices économiques avec les actes de corruption flagrante chaque jour posés et vécus au Sénégal, au vu et au su de tous, dans une totale impunité, phénomène liberticide qui accentue le mal de la dégradation des chances de tous les citoyens devant le droit au travail, le droit à la sécurité, le droit au bonheur, le droit à l'éducation, le droit à la santé, tout simplement le droit à une vie digne et honorable pour tout être humain.

Face aux dangers qui menacent la République, nous devons garder espoir, et, ensemble, relever tous les défis. Nous devons le faire dans l'action organisée et concertée. Nous le devons au peuple du Sénégal, nous le devons aux peuples d'Afrique.

En vous recevant ici et maintenant, nous recevons un leader politique qui a résolument pris la décision d'inscrire lucidement son action dans la trajectoire du combat des Sénégalais déterminés à dire et à pratiquer leur opposition sans équivoque aux obstacles dressés contre le respect et la protection des libertés publiques et des droits humains dans notre pays.

Encore une fois, je vous souhaite la bienvenue. Que Dieu sauve le Sénégal !

 

Moustapha Niasse

                                   Dakar, 2 janvier 2009