Mouvemment National des Femmes de l'Espoir et du Progrès (MOUNFEP)

Cérémonie officielle d'installation du Bureau Exécutif National

 

Allocution de Mme Mata Sy Diallo, Présidente du MOUNFEP

 

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs les membres du Bureau politique,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Honorables invités,

Chères sœurs,

Chers camarades,

C'est avec une vive émotion et une grande fierté que je m'adresse à vous, en ce jour historique.

Tout d'abord, permettez-moi de vous renouveler, chères sœurs, mes remerciements pour la confiance que vous avez bien voulu placer en ma modeste personne en me portant à la tête du MOUNFEP.

Je formule le vœu d'être à la hauteur d'une si grande responsabilité et souhaite que toute l'équipe se charge de gérer, avec moi, ce mouvement qui ambitionne d'être à l'avant garde et le fer de lance de notre parti.

Comme nous l'a déjà recommandé, avec insistance, notre Secrétaire Général, nous devons agir dans la cohésion, dans l'unité et dans la solidarité. Je m'y attacherai, avec force, pour le renforcement et la consolidation de l'Alliance des Forces de Progrès.

Depuis les mouvements de soutien jusqu'à la 1ère Conférence Nationale des Femmes de l'Espoir et du Progrès, le cheminement a été long certes, mais combien riche pour nous. Et, malgré certaines difficultés inhérentes à toute organisation dynamique, Dieu nous a préservées des remous souvent dévastateurs qui ont secoué ça et là d'autres formations politiques.

Mes chères sœurs,

La construction de la société sénégalaise se fera avec les femmes, pour un avenir de progrès et d'émancipation. Le sens de la prospective devra donc orienter nos activités car, le MOUNFEP est ouvert à toutes les compétences. Le dialogue, si cher à notre défunt Président Léopold Sédar Senghor, est sa règle et le sens des responsabilités sa référence. Mes chères sœurs, les enjeux de l'avenir sont entre nos mains.

La femme sénégalaise figure en bonne place dans le discours officiel de l'AFP. Déjà, dans sa déclaration du 16 juin 1999, son programme de campagne et son allocution-réponse au 1er meeting des femmes le 2 janvier 2000, pour ne citer que ces références, Monsieur Moustapha Niasse n'a cessé d'évoquer notre situation et notre participation à la construction nationale.

A ce propos il disait : " La femme sénégalaise, mère, épouse, éducatrice, mérite que lui soit reconnue la place qui est la sienne, comme composante essentielle de la société. A cet effet, doit être conçue une véritable politique de la famille, qui élimine toute folklorisation politicienne, car la femme sénégalaise est parmi les principaux acteurs du développement, forte des valeurs qu'elle porte avec fierté.

Qu'elle soit ménagère, vendeuse, analphabète ou intellectuelle, la sénégalaise n'a jamais été aussi présente, dans ces moments de crise grave, par sa participation à tous les efforts entrepris en vue d'améliorer l'épanouissement de son cadre familial." (Fin de citation)

Monsieur le Secrétaire Général, Dans votre profession de foi, vous aviez prévu la prise en compte des droits de la femme sénégalaise et de la jeunesse de notre pays, dans un esprit de justice et de solidarité nationale. Ainsi, vous aviez proclamé l'AFP Parti des Femmes et des Jeunes.

Par cette démarche de rupture, qui a convaincu des milliers de sénégalais, des femmes, pour la première fois, se sont impliquées dans la politique en faisant la promotion de votre candidature. Depuis les mouvements fondateurs de l'AFP, il est indéniable que les femmes ont été les premières à s'être mobilisées et à battre campagne aux élections présidentielles de février 2000. Depuis lors, elles sont toujours présentes à tous les grands rendez-vous de l'AFP pour vous témoigner leur engagement et leur fidélité.

Le premier anniversaire de votre déclaration, organisé le 16 juin 2000 sur l'initiative du groupe de réflexion, constitue encore une preuve de la détermination des femmes de l'AFP.

C'est d'ailleurs lors de la célébration de ce premier anniversaire qu'elles ont proclamé leur devise " Andandoo Ci Fullaak Pasteef. "

Les femmes sont ainsi au début et à la fin de tout engagement politique. D'ailleurs, leur fidélité, leurs capacité de mobilisation et leur poids électoral ne sont plus à démontrer.

Cependant, si nous nous référons aux investitures pour les élections législatives et municipales et au processus actuel de structuration du Parti, il est évident qu'il reste beaucoup à faire.

Sur 14 députés, nous ne comptons que 2 femmes. Une seule femme est Présidente de Conseil régional. Concernant les autres structures régionales et municipales, les femmes occupent la portion congrue. Dans les structures mixtes du Parti, sur les 9 régions structurées, nous ne comptons que 5 femmes Secrétaires Générales. Sur les 66 membres du Bureau Politique, nous ne trouvons que 13 femmes dont 2 titulaires seulement.

Si la question de la parité ou du quota en faveur des femmes n'avait pas jusqu'ici fait l'objet d'une revendication particulièrement énergique au sein de l'AFP, c'est sans doute parce que ce Parti était encore trop jeune. Mais l'égalité des chances entre les femmes et les hommes doit désormais être partie intégrante de son programme et de son fonctionnement.

Monsieur le Secrétaire Général, L'AFP, se voulant un Parti de rupture, doit donner une autre image des femmes. Il doit transmettre " une autre manière de militer " par l'éducation et la formation.

Cette éducation et cette formation visent à l'implication de la femme à la bonne gouvernance, à l'amélioration de son statut social et à sa participation au développement.

Ainsi, elles passent du statut de bénéficiaires à celui d'acteurs dans la lutte pour la promotion et l'application de leurs droits.

Au sein du parti, cette lutte doit être axée :

- sur le renforcement de leurs compétences et de leurs capacités, et

- sur l'égalité des chances en introduisant la question " genre " dans les programmes politiques pour le partage équitable du pouvoir. A ce propos, le MOUNFEP insiste sur la création d'un Observatoire du Genre pour une prise en charge effective des problèmes inhérents aux femmes.

Monsieur le Secrétaire Général, Au-delà du débat sur le quota à accorder aux femmes ou la parité, la question essentielle est d'assurer une égalité des chances d'accéder aux postes de décisions pour les femmes et les hommes. Et, à ce propos, tout le monde sait qu'il peut suffire d'une volonté politique pour changer les choses.

Avant de conclure, je voudrai exprimer la solidarité et le soutien des femmes de l'AFP aux familles des victimes du bateau " le Joola ", aux femmes et aux familles de la Casamance, aux paysans et éleveurs qui, depuis deux ans, souffrent de pauvreté du fait d'une mauvaise politique du gouvernement, à tous ces jeunes qui attendent toujours les nombreuses promesses électorales de Maître Abdoulaye Wade ainsi qu'à tous ces travailleurs et travailleuses qui courent après l'amélioration de leurs conditions de travail.

Mes chères sœurs, je ne saurais terminer sans vous réitérer tous mes remerciements. Que Dieu nous garde !

Je souhaite plein succès à notre grand parti pour un Sénégal émergent.

Vive l'AFP.

Vive notre Secrétaire Général Moustapha Niasse.

 

PLAN D'ACTION

Dans le cadre de la stratégie de notre parti, un plan d'actions va nous être proposé. Il nous faudra nous engager résolument dans la re dynamisation de notre parti à travers : - des rencontres avec nos sœurs dans les régions, les départements, les communes et les communautés rurales ;

- des initiatives dans l'action sociale telles que : . le renforcement de notre mutuelle " les Racines du progrès ", . la formation dans les Nouvelles Technologie de l'Information et de la Communication, . l'éducation et la formation, . la préparation à des examens et concours pour les femmes qui le désirent ;

- des initiatives novatrices dans les démarches pour rechercher la paix en Casamance. Nous, femmes de l'AFP, devrons nous impliquer de manière à prévenir tout conflit dans notre pays. Il s'agit là d'un problème fondamental car sans la paix, il ne peut y avoir de développement et nous les femmes n'appuieront jamais les va-t-en guerre qui nous font perdre époux et enfants. La femme AFP doit agir positivement dans la prévention des conflits et s'impliquer dans la recherche de la paix.

- le problème de la bonne gouvernance se pose aussi à ce niveau, la bonne gouvernance aurait empêché l'enlisement au niveau de notre chère Casamance.

- des initiatives pour la création de l'école du parti en ouvrant des cycles de formation politique pour les femmes et pour les jeunes avec l'appui à nos petits enfants qui adhérent déjà à l'Alliance Nationale des Pionniers de l'Espoir (ANPE). La protection des enfants (garçons et filles) sera parmi nos objectifs majeurs.

- à développer enfin l'approche genre dans toutes nos activités notamment en mettant sur pied un Observatoire du Genre.