ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Inauguration de la 12ème législature

 

30 juillet 2012

 

Par M. Moustapha Niasse

 

 

L’Assemblée Nationale de la 12ème législature s’installe, ce jour, 30 juillet de l’An de Grâce 2012, dans la solennité et dans la rigueur que requiert un tel évènement.  

Tous ensemble, unis dans la prière et rassemblés pour l’action, nous marquons ainsi, devant Dieu et devant les hommes, le début d’une étape nouvelle dans la marche de notre pays, le Sénégal, sur le long chemin de son destin. 

Ce matin, c’est un nouveau rendez-vous que le peuple du Sénégal, à travers la Représentation nationale, prend avec l’histoire.  

Je suis heureux de vous adresser, avec la plus profonde sincérité, des remerciements chaleureux, à chacune et à chacun de vous. Vous m’avez témoigné votre confiance, en m’élisant à la présidence de l’Assemblée Nationale. Dans ces remerciements, vous me permettrez de faire une mention particulière pour nos sœurs qui, ce jour, inaugurent, avec nous, l’ère de la parité. 

Je voudrais également, chers Collègues, vous féliciter pour avoir été choisis par le suffrage universel, cristallisant ainsi l’espoir de nos concitoyens. 

L’Assemblée Nationale est, par essence comme par vocation, un haut lieu du pouvoir législatif. Sous ce regard, elle porte et elle assume la responsabilité du devoir de légiférer et du pouvoir, par la force des lois, de contribuer, selon des modalités prévues par la Constitution de la République, à accompagner et à favoriser l’avènement d’une société fondée sur le droit, sur les principes de liberté et sur la solidarité qui font la force des nations. 

Depuis la nuit des temps, les communautés humaines, dotées d’intelligence et de créativité opérationnelle, ont ressenti le désir de représentation, par le phénomène et par les procédures de la délégation de pouvoirs, traduite sous le concept et sous le vocable de missions.  

L’Assemblée Nationale du Sénégal, et en particulier celle qui entre, aujourd’hui, dans l’espace et dans le temps de la 12ème législature, est et doit rester dans la vocation pleine d’une Institution constamment à l’écoute du peuple qui a élu ses membres éminents.  

Honorables Députés,

Chers Collègues, 

Notre mission est d’écouter, d’entendre et de comprendre le contenu, le sens et la portée des pulsions qui fondent, dans leurs diversités enrichissantes, les ambitions de grandeur, de justice et de vérité d’un peuple, celui du Sénégal, digne héritier des générations antérieures et des pères fondateurs, dans ce qu’ils avaient de plus noble dans la pensée, de plus courageux dans l’action, dans une foi inébranlable en les capacités illimitées du Créateur, convaincus qu’ils ont toujours été que l’honneur et la dignité n’ont pas de prix et que l’homme vit, consciemment, pour semer dans le champ de l’effort et pour, par la suite, transmettre aux générations à venir, des valeurs et des vertus. C’est sous cet éclairage que nous devrions vouloir et je suis persuadé que c’est le cas être les dignes représentants du peuple. 

Nous le ferons dans la solidarité, plongés au fond de cette source de générosité que crée l’esprit des lois et qui repose, fondamentalement, sur la liberté des citoyens et sur leurs droits conséquents que sont : le droit à la vie, le droit à la sécurité, le droit à l’éducation, le droit à la santé, tout simplement le droit à une vie de dignité et de bien-être pour tous. 

Voter les lois, que les projets viennent du Gouvernement de la République ou, comme le veut le droit, à partir de propositions élaborées par les Députés eux-mêmes, assurer un contrôle intelligent et organisé de l’action gouvernementale, dans un élan de concertation ouverte, voilà, parmi d’autres, une mission essentielle de notre Institution.  

Le développement du Sénégal, la prise en charge des priorités des populations et, par-dessus tout, l’objectif principal de croissance économique et d’une gestion lucide de la demande sociale, dans une société du droit et de la loi, relèvent tout à la fois des trois Institutions de la République que sont, selon les dispositions de la Constitution, le Pouvoir exécutif, le Pouvoir législatif et le Pouvoir judiciaire. L’Etat se résume et trouve son identité véritable dans une coopération voulue, organisée et gérée, en commun, par ces trois espaces de pouvoir.  

Le sens de l’Etat et le contenu de la mission qui lui incombe trouvent, dans ce cadre, leur véritable sens, les fondamentaux de leurs missions respectives. 

Pour cette raison, la volonté de rupture qui fonde le déroulement et les résultats des deux scrutins présidentiel et législatif, de l’année 2012, respectivement en février – mars et en juillet, revêt une charge de responsabilités substantielles. 

Coopérer, se concerter, travailler ensemble et partager, dans une démarche d’intelligence en mouvement et de générosité rationnelle, voilà l’éclairage sous lequel chacun, aujourd’hui, au Sénégal et en face des défis qui nous interpellent, devrait comprendre le concept de rupture dans le mode de gouvernance de notre pays et dans la conception des politiques publiques qui doivent conduire aux changements et aux réformes que la Charte de gouvernance démocratique, issue des Assises Nationales de 2009, a proposée au peuple du Sénégal.  

Dans le plein respect des uns et des autres, et sur la base de ces dynamiques de concertations entre les Institutions de la République, les Députés que nous sommes, serons en mesure de conduire, pendant cette 12ème législature, les procédures et les actions destinées à nous permettre de franchir, une à une, avec sérénité et lucidité, les étapes successives de notre mission, en conformité rigoureuse avec les textes qui régissent notre Assemblée.  

La séparation des pouvoirs ne peut signifier une culture de l’antagonisme entre l’Exécutif et le Législatif. Dans la gouvernance vertueuse, la concertation et le dialogue, menés dans une sérénité responsable, constituent la voie royale pour préserver la stabilité d’un pays.  

Le premier Ministre, dans quelques jours, présentera, en ces lieux, sa Déclaration de Politique générale. M. Abdoul Mbaye posera cet acte en sa qualité de premier Ministre nommé par le Chef de l’Etat, M. le Président Macky Sall, élu le 25 mars 2012, au suffrage universel, par 65.8 % de ses concitoyens, à la charge de président de la République. 

Il nous appartiendra, en  toute logique, dans la loyauté la plus totale, de faciliter à l’Exécutif, un accès aux instruments dont il a besoin, pour traduire en actes profitables à toute la nation, un programme et des projets que le peuple du Sénégal a validés, à travers les urnes. La philosophie du contrôle de qualité, qui habite le Gouvernement autant qu’elle habite l’Assemblée Nationale, illustre, avec éloquence, cette option de convergences concertées des efforts devant conduire à la satisfaction des Sénégalais, dans la gestion de leur pays.  

Nous devrons donc nous employer à cultiver cette nécessaire solidarité entre les deux pouvoirs, exclusivement en faveur de l’intérêt général. Au demeurant, nos mandants ne sont-ils pas, pour l’essentiel, les mêmes qui, prenant la pleine mesure de leurs responsabilités, ont plébiscité, le 25 mars 2012, le Président Macky Sall ?  

Honorables Députés,

Mes Chers Collègues

Je veux conclure cette adresse, en vous invitant à faire fructifier, tous ensemble, le legs multiséculaire de l’arbre à palabres, dans toutes ses dimensions.  

Ensemble, engageons nous, avec résolution et hauteur, à élaguer les longueurs inutiles et à prendre soin du feuillage nouveau, qui apparaît aux premiers rayons de ce printemps de la liberté et de la démocratie qui s’offre, de manière lumineuse, à l’Assemblée Nationale de la 12ème législature.  

C’est ainsi que nous apporterons notre contribution dans le combat nouveau pour le développement de notre pays, notre cher Sénégal. 

 

Moustapha Niasse