Séminaire organisé à l'occasion de l'installation officielle du Collège des Commissaires politiques du parti

 

Dakar,le 9 septembre 2007

 

Allocution d'ouverture de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général de l'AFP


  Mes Chers Camarades,  

Nous avons, ensemble, par la grâce de Dieu, pris la résolution d’accomplir, avec méthode et avec rationalité, une mission qui nous est commune et qui relève, directement, de notre engagement au service de notre pays. Au moment où nous créions l’Alliance des Forces de Progrès, nous avions perçu, compris et accepté que cette mission fût et demeure de nous mettre et tenir à la disposition du plus grand nombre, pour un Sénégal de démocratie et de liberté. Cette mission, elle est aussi d’apporter notre contribution, planifiée et volontaire, à l’émergence d’un Sénégal prêt à se prendre en charge, et qui chemine, avec assurance, sur la voie conduisant à un développement concerté, dans la paix, le bien-être et la solidarité, en faveur de tous les Sénégalais. 

Notre option n’a pas varié. Notre mobilisation au service de cette noble cause est sans équivoque. 

Notre engagement inspire et anime tout à la fois notre action militante, nos combats quotidiens, nos idées, nos projets, nos programmes, notre espoir et nos rêves. Cet engagement nous donne la force d’ignorer le découragement, le renoncement, la fatalité et la résignation. 

C’est que nous sommes actifs dans le champ de l’effort. Et rien ne nous en éloignera. 

La situation qui a résulté de l’échec du régime dit de l’alternance doit être redressée. Et dans cette voie, l’AFP, au sein de l’opposition démocratique, a un rôle particulier à jouer dans ce redressement. 

Dans cette logique, nous devons être prêts à assumer les responsabilités d’Etat qu’induit notre engagement politique dans sa globalité. La réorganisation du parti, dans un tel contexte, revêt le caractère d’une donnée primordiale. A circonstances nouvelles, mesures nouvelles. 

Ainsi, quatre objectifs fondamentaux se présentent à nous, comme des impératifs de première grandeur, pour permettre à l’AFP, qui plie mais ne rompt pas, de poursuivre sa marche glorieuse et résolue vers son destin, par sa vocation et ses capacités. 

Nous sommes dans un parti politique, organe vivant et évoluant au gré des mutations et du contexte marquant la vie de toute communauté humaine. Traversant, dans le cours du destin, moments d’enthousiasme et d’exaltation, et, aussi, des périodes d’interrogations où, devant l’immensité des tâches et sous la pression des évènements, une remise en cause devient nécessaire. Celle-ci se justifie. Elle se justifie pour nous permettre de repartir et rebondir, avec allant, dans la cristallisation de nos convictions, pour garder l’initiative. 

L’AFP est en mesure d’entrer, dans l’esprit que voilà, dans une phase nouvelle où elle organise et conduit sa propre révolution interne, consciencieusement et avec un sens élevé des responsabilités que lui dicte l’histoire. 

Dans le fond comme dans la forme, il s’agit, pour nous, de construire un parti moderne, efficace, responsable de ses actes et conscient du rôle qui lui incombe, dans le contexte politique qui, présentement, entraîne des récurrences particulièrement désastreuses pour le peuple, pour les jeunes du Sénégal, pour les femmes, les retraités, les émigrés.  

A cette fin, l’expérience que notre parti a engrangée, depuis huit années, devient une source intarissable et qualifiante où nous trouverons force et intelligence, esprit d’initiative et de méthode et, plus singulièrement, les mécanismes les plus appropriés pour avancer, les yeux ouverts et le cœur alerte, dans les chemins du succès, dans un élan non interrompu de créativité. 

Les quatre objectifs fondamentaux que nous visons seront la réorganisation du parti, dans ses textes statutaires et réglementaires, et dans la définition de principes et de procédures simples mais efficaces pour assurer un fonctionnement régulier de ses structures, dans la transparence et dans une parfaite démocratie. Nous veillons à ce que les réformes à promouvoir se déroulent avec la participation de toutes les bonnes volontés et en mettant en œuvre l’expérience et le savoir-faire des uns et des autres, c’est-à-dire de l’ensemble de nos militantes et militants. 

Cet objectif de réorganisation du parti s’accompagne d’un second, qui est celui de la formation des militants et des élites.  Parce que tout militant a le légitime droit d’aspirer à être parmi les élites d’un idéal, d’un projet et d’une cause, dans sa sphère géographique et dans l’accomplissement des responsabilités qui sont les siennes et qu’il détient par voie élective, en raison des qualités qui lui sont reconnues. Les responsabilités distribuées à des camarades méritants reposent, toujours, dans leur essence, sur l’espoir que les militants placent en eux. Ce second objectif de formation peut et doit être atteint à différents niveaux, dans un contenu et avec des méthodes qui répondent, conséquemment, aux besoins ressentis et aux possibilités offertes. 

Le troisième objectif est celui de la mobilisation. Parce que toute formation politique a la naturelle ambition de se massifier, de manière consciente, sans précipitation et avec intelligence. Notre parti jouit d’une large assise populaire. Nous entendons l’élargir en le dotant, durablement, de l’excellence à laquelle aspire tout projet de société digne de ce nom. 

Le quatrième objectif est celui de l’occupation effective du terrain, dans le cadre d’une mobilisation permanente et d’un comportement de constante proximité avec l’ensemble des militants et des responsables du parti. Et cela sans aucun hiatus. Il s’agit, pour nous tous, d’être aux côtés des populations. Nous devons être présents, militants et responsables, dans chaque terroir, dans chaque communauté rurale, dans chaque commune, dans chaque département. Cet impératif s’impose, naturellement, aux responsables, et à tous les responsables. Il s’impose, aussi, au Secrétaire Général du parti, dans sa base politique, comme aux autres responsables, dans la leur propre. Tous ensemble, nous devons, avec régularité, partager la vie des militantes et militants de nos propres  bases. Nous devons les accompagner dans leurs actions, apprendre à travailler avec eux, dans la solidarité. Ainsi, de temps en temps, le Bureau politique, la Direction du parti, le Secrétaire Général lui-même, les bureaux nationaux du Mouvement des Femmes, du Mouvement des Jeunes et les organes de coordination des Alliances, devront effectuer des descentes régulières sur le terrain, dialoguer avec les militants et, avec eux, tracer de nouvelles étapes dans l’œuvre commune et trouver les moyens nouveaux pour assurer les progrès nécessaires à la réalisation des ambitions de l’AFP. 

Je ne le soulignerai jamais assez : la mobilisation à laquelle j’invite nos militantes et militants n’a de sens que si nous sommes tous à nos bases, respectivement, en contact direct avec les populations et en restant à leur écoute. Un effort d’auto-incitation est indispensable, à cet égard. 

Le rôle du Coordonnateur national et de l’équipe de direction du parti est particulièrement important sur cette question. 

Le Secrétaire Général du parti, comme c’est le cas dans toute formation politique, ne sera jamais en mesure, pour des raisons pratiques, de remplacer les responsables des instances de base, depuis la cellule jusqu’à la coordination régionale. Dans le domaine de la gestion quotidienne des militants, il peut apporter aux responsables élus des conseils, des appuis sous toutes formes, échanger avec eux, procéder à des analyses partagées et à la réflexion tendant à permettre de tracer des perspectives, d’élaborer des schémas et de dérouler des programmes partiels, locaux, départementaux ou régionaux, en vue de faire avancer le parti en termes de rentabilisation politique et de maîtrise ordonnée des actes que pose l’AFP.  

C’est au terme d’une longue période de réflexion, d’analyse et d’évaluation des paramètres qui déterminent, selon les circonstances, le mode de fonctionnement de notre parti, que votre Secrétaire Général a estimé qu’il était temps et qu’il était possible, qu’il était, aussi, utile et qu’il était nécessaire de mettre en place un Collège de Commissaires politiques. Ceux-ci, en nombre suffisant, assisteront la direction du parti dans la gestion de l’ensemble des modules, sur quatre dimensions que sont la réorganisation du parti, la formation, la mobilisation et l’occupation du terrain, dans l’esprit et dans le cadre d’un programme « Endurance et volonté de réussir » que nous devons nous donner les moyens de dérouler, sans cesse, avec méthode et intelligence.  

Notre parti en est capable. Notre parti a déjà démontré qu’il en est capable. Puisqu’il en est capable, nous devons atteindre ce quadruple objectif.  

C’est ainsi que 112 Commissaires politiques ont été désignés, choisis parmi plusieurs centaines de camarades, hommes, femmes et jeunes, personnes du troisième âge, tous capables d’assumer une telle mission. L’AFP aurait pu disposer d’un Collège de 400 ou 500 Commissaires politiques, tous aussi méritants les uns que les autres. Mais il a fallu se conformer aux urgences et aux nécessités du moment, pour arrêter le nombre de Commissaires politiques à 112 dans un souci évident d’efficacité. Ceux d’entre eux qui n’auraient pas été à la hauteur, seront remplacés par d’autres, sans que cela  puisse, en aucun cas, diminuer leur mérite ou la profondeur de leur engagement. Les missions qui leur sont confiées seront conduites, grâce à ce nombre, par des Commissions de deux, trois, quatre voire cinq Commissaires, en fonction de la spécificité, de l’importance, de la complexité ou de l’urgence que revêtiront les missions. Chaque Commissaire politique a reçu, ce matin, un exemplaire du Dossier d’informations de base qui a été élaboré depuis plusieurs semaines et qui indique, de manière didactique, les composantes de la pyramide des structures du parti ainsi que suffisamment d’éléments d’information sur le fonctionnement de celles-ci. Au cours de ce Séminaire, toutes les explications complémentaires leur seront données. Il sera également recueilli les avis, opinions et propositions que les camarades émettront sur les sujets et thèmes en discussion. 

Et au terme de nos discussions, une synthèse sera faite, dans les jours à venir, de l’ensemble des contributions ainsi apportées par les participants à ce Séminaire à la recherche des procédures et des mécanismes qui serviront de trame à ce Manuel de procédures qui sera le vade mecum, c’est-à-dire le livre-guide du Commissaire politique. Ce document révélera sa propre utilité et sa pertinence, avant, pendant et après chaque mission. 

Il s’agit d’un document de référence dont le contenu devra être compris, assimilé et totalement maîtrisé par ses destinataires. 

Ainsi élaboré, ce Vade   Mecum  sera l’œuvre de l’ensemble des camarades qui auront, les uns et les autres, apporté, tout au long de nos travaux, une contribution significative à une démarche logique : montrer la voie, tracer le chemin, élaborer un contenu précis pour un programme d’action dont le but essentiel est d’améliorer et d’organiser le fonctionnement de notre parti. 

C’est dans cet esprit que la Commission des Commissaires politiques choisis, aura, avant chaque mission, avec le Secrétaire Général, assisté du Coordonnateur national des activités du parti, une séance de travail au cours de laquelle les paramètres et termes de référence de la mission seront établis et les objectifs définis. Les mesures pratiques nécessaires seront prises en ce qui concernera les étapes de la mission, les moyens logistiques et les procédures convenables pour l’occasion. 

D’ores et déjà, je suis en mesure de souligner que les Commissions de Commissaires politiques seront impliquées dans l’ensemble des opérations de placement et de vente des cartes du parti, de même que dans la supervision, le contrôle et l’authentification de la régularité des renouvellements de toutes les directions et les organismes d’administration des instances, depuis la Cellule jusqu’aux Coordinations régionales, sans aucune exception, toujours en relation avec le Secrétaire Général, le Coordonnateur national et le Bureau politique de notre parti. Les responsables des coordinations régionales et des délégations départementales et communales seront étroitement associés à ce processus, en tant que parties prenantes à la mise en application de ce nouveau programme de rénovation de l’AFP. 

Mes chers Camarades, 

Je voudrais, à présent, faire état de certaines mesures pratiques sur le contenu du dossier des missions que vous aurez la responsabilité de conduire. Celles-ci figurent dans la fiche de travail qui est un document didactique, à valeur pédagogique. 

Un souci de logique en constitue la trame. Ainsi cette fiche de travail doit être au centre de la réflexion et de l’action des Commissaires politiques, quelle que soit la situation devant laquelle ils peuvent se trouver. Ce document contient 7 points, à savoir :

1.    la mission du Commissaire politique : les mesures d’approche.

1.1.          le contenu de la mission, dans ses composantes politiques

1.2.          l’équipe opérationnelle chargée de la mission

1.3.          la conduite de la mission : méthodologie, durée, lieu, délai imparti, spécificités éventuelles 

2.    les moyens logistiques. 

3.    le dossier de la mission proprement dite.

3.1.          les objectifs visés

3.2.          les protagonistes, dans les cas de conflits et les personnes-ressources susceptibles de faciliter le déroulement de la mission (identités remarquables, notables, vieux militants et personnes du 3ème âge)

3.3.          les acteurs concernés, dans les cas de missions à contenu administratif ou technique portant sur le fonctionnement des instances du parti ou sur les opérations de placement et de vente des cartes ou sur l’élection des directions et organes des différentes structures de l’AFP. 

4.    l’évaluation, à mi-parcours, et l’évaluation de synthèse de la mission, en deux étapes. 

5.    l’élaboration d’un pré-rapport à soumettre au Secrétaire Général du parti pour directives complémentaires éventuelles, mécanismes de mise à niveau du dossier et solutions pratiques sur les problèmes posés. 

6.    le rapport final, assorti de propositions. 

7.    la mise en application pratique des solutions trouvées et la gestion des procédures et moyens destinés à  boucler, définitivement, le dossier. 

Au terme de ce processus, le Secrétaire Général du parti, assisté du Coordonnateur national et en relation avec le Bureau politique, fera exécuter la suite des conclusions et décisions en ce qui concerne, notamment, la communication à faire aux structures et aux responsables intéressés, sur les dispositions à prendre, conformément aux Statuts et au Règlement intérieur du parti ainsi qu’aux différentes circulaires et directives organisant le fonctionnement et la vie de l’AFP. 

Sur toutes ces questions, le Séminaire des Commissaires politiques est instamment invité à échanger idées et opinions, pour une complète compréhension du contenu, des concepts et du sens donné à leur rôle ainsi qu’à leur place dans un parti qui se veut moderne. 

Mes Chers Camarades,  

Vous le savez. Le Sénégal traverse, depuis huit années, plusieurs crises aussi graves les unes que les autres. C’est que notre pays est mal gouverné. Les Sénégalais ont déchanté. 

Aujourd’hui, la crise profonde qui sévit au Sénégal n’épargne aucun secteur. Le Sénégal doit être sauvé. Il faut trouver une solution à cette crise. Plus elle durera, plus il sera difficile de trouver les moyens de l’éradiquer. Il faut se parler. Il est encore temps de sauver les meubles, grâce au génie des Sénégalais qui savent se dépasser et se surpasser. 

Gouvernants et populations, pouvoir et opposition, tous doivent s’organiser pour sortir le pays du chaos. Ce n’est pas en nous ignorant superbement, les uns les autres, que nous sortirons notre pays de la crise. 

Il s’agit d’une responsabilité historique. Cette responsabilité est collective. Et nous avons l’obligation de l’assumer. 

Ce qui, en politique, compte comme une priorité constante, ce ne sont pas les apparences. Ce qui compte, c’est la valeur et le contenu des programmes, le sens de l’intérêt général, la dimension et la signification des projets, la morale qui sous-tend la vie et l’avenir des citoyens, la générosité et l’honnêteté qui inspirent les bonnes volontés et les décideurs pour conduire leurs compatriotes à se comporter comme des hommes responsables soucieux de ce que les générations futures trouveront, comme héritage, plus tard. 

Ainsi, par-dessus tout, ce qui compte c’est l’action, qui perd tout sens dès lors qu’elle sort de son rapport naturel avec la morale, avec l’éthique, avec tous ces sentiments, valeurs et vertus qui différencient l’homme de l’animal. 

C’est pour toutes ces raisons que nous, de l’AFP, en liaison solidaire avec tous les patriotes sénégalais, militons pour une mise en perspective historique de nos choix et de notre engagement, sans cesse en mouvement.  

Comme nous l’avons déjà affirmé « l’AFP est membre de la Coalition Alternative 2007, l’AFP est membre du Front Siggil Sénégal. Dans l’un et l’autre cadres, précisément, tous les engagements pris vis-à-vis du peuple seront poursuivis, réalisés, avec les partis qui sont dans le Front Siggil Sénégal et à fortiori avec ceux qui sont dans la Coalition Alternative 2007 ». 

L’AFP puise ses forces dans la traçabilité objective et dans la vérité incontestable de ses convictions. Dans cette logique, elle trouvera les motivations et les capacités qui alimentent son option pour l’abnégation et sa propre élévation à des niveaux où les hommes pensent à leurs semblables, avec générosité et grandeur.  

Notre combat, à l’AFP, vise à rendre possible l’émergence, si ce n’est le retour – car le Sénégal a déjà été une République – d’une communauté nationale organisée en République du droit. Un Etat qui donne à chaque citoyen sa chance de s’épanouir, de vivre dans la dignité et de réussir.  

Nous nous battons à l’AFP pour une démocratie arc-en-ciel, où la transparence et la luminosité du respect des principes éclairent notre voie vers un Sénégal meilleur où la diversité des choix et des idées ne sera pas source d’animosité, d’adversité et de guerres intestines et de destruction d’un pays. Nous voulons une démocratie. Nous voulons sauvegarder notre pays. Nous voulons organiser une vraie République.  

Mes chers Camarades, 

Nous avons créé l’outil de résistance et de renaissance qu’est l’Alliance des Forces de Progrès, sous le signe de l’espoir. Ayant cheminé ensemble et solidairement au nom de l’idéal patriotique qui nous a réunis, ayant surmonté ensemble et solidairement les épreuves que nous avons rencontrées, il nous appartient maintenant de nous immerger dans le temps de la maturation, pour répondre à de nouveaux impératifs et rebondir, sous l’impulsion des actes que nous posons, sur le chemin des cimes, dans la foi et dans la détermination. 

Pour emprunter le titre de la magnifique biographie que la sociologue Fatima Meer a consacrée à Nelson Mandela, nous pourrons, avec l’aide de Dieu, aller « plus haut que l’espoir ». 

Je vous remercie de votre attention militante.

 

   

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