ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET FORMATION PROFESSIONNELLE: POUR UNE NOUVELLE POLITIQUE 

Une lettre du secrétaire général 

 
Dans le contexte de la mondialisation et de la globalisation, le Sénégal doit relever le défi de la compétitivité internationale de son économie grâce à l'accroissement de la productivité de tous ses agents et facteurs de production et grâce à l'accroissement de la productivité de ses filières porteuses notamment celles reposant sur le secteur primaire (agriculture, élevage, pêche, foresterie, etc.), sur le secteur du tourisme et du développement des petites et moyennes industries et le secteur des services.

En l'absence de ressources naturelles en abondance et du fait de sa position géostratégique sur la côte orientale de l'Océan Atlantique en tant que carrefour de passage, le Sénégal doit relever le défi d'être une plate-forme de services.

Pour relever rien que ces deux défis, le Sénégal doit, entre autres, se doter d'infrastructures de base et d'un système performant de développement de ressources humaines ; ceci justifie largement la priorité devant être accordée à l'enseignement technique et à la formation professionnelle comme instrument de développement et de promotion de capacités scientifiques, techniques et technologiques permettant de matérialiser les objectifs de compétitivité, de productivité, et de positionnement en tant que plate-forme de services dans le monde.

Malheureusement le dispositif actuel de l'ETFP souffre de maux déjà identifiés mais auxquels des solutions viables n'ont pas été appliquées.

Ces maux concernent :

· l'instabilité et la dispersion de la tutelle ; · l'absence de flexibilité dans la création et la gestion des programmes ; · la faiblesse des capacités de formation de formateurs et de gestionnaire du dispositif de pilotage ; · la faible mobilisation des sources de financement ; · la faiblesse de l'efficacité interne et externe du système ; · l'absence d'articulation et d'orientation avec le milieu professionnel ; · la diversité des niveaux d'enseignement et des diplômes délivrés; · l'absence d'organisation du système d'apprentissage.

De ce diagnostic, découle une impérieuse nécessité de provoquer des ruptures par rapport au passé, ruptures qui permettront de refonder l'enseignement technique et la formation professionnelle sur des bases nouvelles lui conférant des missions nouvelles.

Il s'agira :

- de créer un ministère fort et stable chargé d'élaborer et de mettre en œuvre la politique de l'enseignement technique et de la formation professionnelle

- d'organiser le partenariat avec le milieu professionnel et la participation de ce milieu professionnel dans la conception, la gestion et l'administration des politiques et programmes de formation professionnelle et la mise en place d'un cadre de concertation et de régulation avec toutes les parties prenantes : il s'agit là de créer un conseil national de concertation pour l'enseignement technique et la formation professionnelle

- de conférer aux établissements d'enseignement technique et de formation professionnelle une autonomie et une souplesse de gestion s'éloignant de la gestion centralisée et de l'absence de flexibilité dans la mobilisation et l'utilisation de ressources additionnelles et des modifications de programmes et des diplômes.

- de créer un Fonds national de l'ETFP, alimenté par des contributions de l'Etat, des entreprises privées, des Collectivités locales, des parents d'élèves et des individus serait une solution viable pour régler les problèmes de besoins d'investissements en équipement moderne des établissements et des centres de formation.

Moustapha Niasse
Secrétaire général de l’AFP