UN CONTRAT DE PARTENARIAT AVEC LE MONDE RURAL

Une lettre du secrétaire général de l’AFP au monde rural

 
Les difficultés rencontrées par les paysans pour commercialiser leurs productions d’arachide et de riz montrent que le gouvernement de l’alternance n’a pas pris la mesure des défis auxquels sont confrontés le monde rural et l‘agriculture paysanne.

En demandant au monde rural de voter le 29 avril pour la liste de l’Alliance des Forces pour le Progrès aux élections législatives, l’AFP propose au monde rural un contrat de partenariat basé sur la lutte contre le la pauvreté, l’insécurité alimentaire, l’équité et le progrès.

L’AFP considère que depuis l’indépendance, le monde rural, paysans, éleveurs, pécheurs mais aussi les habitants des petites villes de l’intérieur n’ont pas bénéficié de la part de l’Etat d’un soutien suffisant pour transformer et moderniser l’agriculture paysanne et l’économie rurale.

Après quarante ans d’indépendance, plus d’un paysan sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté, Moins d’un paysan sur quatre a accès à l’eau potable, à l’électricité et au téléphone. Moins d’un enfant rural sur deux est scolarisé. Moins de trois paysans sur dix savent lire et écrire. Pourtant, les revenus tirés par l’Etat des productions agricoles ont largement contribué à l’administration et au développement urbain.

Les communautés rurales et les petites communes n’ont ni les ressources humaines ni les ressources financières indispensables pour fournir aux ruraux les services publics les plus élémentaires. Les régions érigées en collectivités locales en 1996 sont maintenues sous perfusion par l’Etat et sont déjà menacées de suppression par le gouvernement sans aucun débat.

Les politiques d’ajustement structurel menées depuis 1980 ont abouti à un quasi-abandon du monde rural. Les sacrifices qui ont été demandés n’ont même pas permis la relance de l’agriculture paysanne. Les jeunes ruraux sont de plus en plus persuadés que leur avenir réside dans l’exode rural vers Dakar ou le départ. La tentation d’un développement agricole sans les paysans, basé sur une agriculture libérale, à base de capitaux est de plus en plus forte parmi les tenants actuels du pouvoir. Certains considèrent que les paysans sont incapables de moderniser notre agriculture et de la rendre productive et compétitive.

L’AFP veut rompre avec les politiques passées et les conceptions défaitistes. Elle propose au monde rural un contrat de partenariat basé sur un principe et sur une vision.

Le principe est que l’Etat doit traiter les ruraux comme tous les autres citoyens. Toutes les politiques publiques doivent donc inclure, comme objectif prioritaire, la réduction des inégalités entre les ruraux et les citadins en ce qui concerne les infrastructures de base et l’accès aux services publics dans un délai raisonnable.

La vison est celle d’une agriculture familiale moderne, productive, compétitive et durable, donc capable d’assurer à notre pays la sécurité alimentaire et de contribuer au développement économique et social grâce à l’exportation de produits agricoles transformés. La vision est aussi celle du développement de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises de service et de transformation en milieu rural et dans les petits centres urbains. La vision est aussi celle d’une conservation de nos forets, de nos pâturages et de notre faune sauvage. Nous voulons que les jeunes ruraux aient accès à l’éducation et à la formation et puissent choisir de rester travailler et vivre dans leurs régions.

Si les Sénégalais nous donnent un nombre de députés suffisant pour participer à un gouvernement de majorité plurielle, nous proposerons et défendrons les engagements suivants :

La création d’un grand ministère du développement rural et des ressources naturelles, la création d’un conseil national du développement rural auprès du Premier ministre chargé de la coordination de l’ensemble des politiques concernant le monde rural, la participation des ruraux et de leurs organisations professionnelles à la conception et à la mise en œuvre des politiques destinées au monde rural, l’élaboration d’une politique à court, moyen et long terme de développement rural.

Cette politique comprendra, sur le court terme, la relance de l’agriculture familiale. Sur le moyen et le long terme, la modernisation de l’agriculture familiale, le développement des activités économiques non agricoles, la gestion durable des ressources naturelles, le développement des infrastructures de base et l’accès des ruraux à tous les services publics, en particulier, l’éducation, la formation professionnelle et les soins de santé. Une politique audacieuse de décentralisation et d’aménagement du territoire sera mené avec un transfert important de services et d'entreprises publiques hors de Dakar. Les collectivités locales seront dotées des ressources financières et humaines indispensables à l’exercice de leurs attributions. Une grande réforme foncière sera menée. Elle sera basée sur la reconnaissance des droits des paysans sur leurs terres et sur leurs ressources naturelles.

L’AFP se veut le parti de tous les Sénégalais, mais particulièrement des populations les plus défavorisées, les paysans, les jeunes et les femmes du milieu rural. Le 29 avril, votez pour un contrat de partenariat de l’AFP avec le monde rural.

Moustapha Niasse
Secrétaire général de l’AFP