CPA

 Coalition Populaire pour l’Alternative 

MEMORANDUM

 

Mardi 16 mai 2006

 

C’est aujourd’hui, le 16 mai 2006 à Paris, au Siège de l’UNESCO, que Monsieur Abdoulaye WADE, Président de la République du SENEGAL, reçoit le PRIX FELIX HOUPHOUET BOIGNY POUR LA PAIX.

Ce prix est décerné aux Artisans de Paix et aux Grands Démocrates, Défenseurs de la DEMOCRATIE, à l’image de l’illustre Parrain qui a été un apôtre de la PAIX et un grand RASSEMBLEUR. Un symbole pour la Côte d’Ivoire, pour l’Afrique et également pour le Monde.

Les Femmes de la CPA CONSTATENT que la Cérémonie pour la remise du PRIX a lieu au moment où le Sénégal vit dans l’incertitude de la PAIX et de la Cohésion nationale, dans un climat politique sans dialogue ni concertations, où les libertés sont menacées, où la démocratie est en régression, où l’économie est par terre, les sociétés privées et publiques asphyxiées, où le monde rural vit dans la détresse et la misère noire, où dans les villes comme dans les campagnes, les populations s’éclairent à la bougie, et la situation sociale est délétère.

Les Femmes de la CPA DENONCENT la situation politique polluée par :

  • Les arrestations arbitraires qui sont devenues quasi hebdomadaires ;
  • Les convocations à la DIC (Division des Investigations Criminelles) qui sont monnaie courante et pèsent sur la tête de tout leader politique. Le Pouvoir qui use et abuse de cette institution, au point d’en faire une police politique ;
  • Le processus électoral mal engagé, véritable pomme de discorde, présage des lendemains incertains qui pourraient conduire à des troubles dans le pays, hypothéquant la paix civile ;
  • Les menaces sur les libertés individuelles et d’expression qui sont illustrées par les nombreuses interpellations et les condamnations de journalistes ;
  • L’utilisation à outrance de la télévision nationale par LUI, l’UNIQUE Pouvoir PDS en campagne électorale permanente, sans parler de l’abus des biens de l’Etat, des moyens de l’Etat, de la logistique de l’Etat. Qui ne remarque pas les ballets incessants de véhicules de l’Etat formant de longs cortèges sillonnant et traversant le pays en long et en large, pour tenir, organiser, présider des meetings et même procéder à des renouvellements des instances PDS à la base, et bien évidemment aux frais de la République. Cela a pour nom : la PATRIMONIALISATION de l’Etat ou l’ABUS DE BIENS SOCIAUX. Le Sénégal serait-il menacé par une MONARCHIE ?
  • Le vote des militaires qui risque d’être un facteur de déstabilisation et de division dans les rangs de l’Armée. Le Pouvoir PDS n’est-il pas en train d’organiser le « APRES MOI LE DELUGE » ?

Les Femmes de la CPA DENONCENT la situation économique et sociale qui se dégrade de jour en jour, une conséquence de la mal-gouvernance, de l’abus de biens sociaux et de l’incompétence avérée du Pouvoir PDS qui gouverne par tâtonnement. A cela s’ajoutent :

  • La boulimie frénétique avec laquelle les autorités de l’Etat attribuent, cèdent, échangent, troquent des terrains du Domaine Public Maritime et du Patrimoine national à une catégorie de privilégies ;
  • Les scandales financiers à répétitions ;
  • La destruction du système agricole notamment le démantèlement programmé de la filière arachidière ;
  • Les entreprises nationales bradées en catimini, pillées, ponctionnées et mises à genoux, conduisant ainsi des milliers de travailleurs au chômage : Industries chimiques du Sénégal (ICS), Société africaine de Raffinage (SAR), Société Nationale de commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) ;
  • Les sociétés nationales mal gérées, confrontées à d’énormes difficultés, telle la SENELEC qui se trouve dans l’incapacité de fournir et distribuer correctement l’électricité aux populations qui crient leur ras le bol contre les délestages et coupures intempestives quasi quotidiennes.

Les Femmes de la CPA dénoncent également les inégalités trop flagrantes dans le traitement des salariés notamment ceux du secteur privé qui confirment bien que pour de nombreux sénégalais « à chaque jour suffit sa peine », eux qui tirent le diable par la queue, vivent dans des conditions de précarité, disposant tout juste de quoi assurer un repas journalier. C’est de façon inquiétante que leur pouvoir d’achat s’amenuise, aggravé par les fréquentes hausses de prix des denrées de première nécessité et des produits de consommation.

Les femmes de la CPA dénoncent :

  • La pauvreté galopante qui s’installe chaque jour dans les foyers. Certaines ménagères sont réduites à la mendicité et à la prostitution pour faire bouillir la marmite, mettant ainsi en péril la santé, l’équilibre et l’éducation des enfants. La pauvreté rendant vulnérable, conduit à l’insécurité et fait le lit de la violence.
  • Le gaspillage et l’utilisation de l’argent du contribuable distribué à une certaine clientèle politique, quand les populations sont dans la détresse et dans le dénuement le plus total ; tout cela, relayé de façon indécente par les média d’Etat, heurte la morale, comme pour narguer les Sénégalais qui ne mangent plus à leur faim. La PAIX est menacée, le front social est en ébullition, la colère gagne les sans-emplois et les chômeurs ; les élèves et les étudiants sont en grève ; le Pouvoir PDS « mélange » et divise les communautés religieuses et les confréries ; crée des situations inexplicables et inextricables, souvent insolites : LE PAYS EST EN DANGER !

Devant un tel tableau, comment le Président de la République peut , en toute sérénité accepter de recevoir un PRIX pour la PAIX quand il n y a pas la PAIX dans son pays ? Quand il n’a pas su préserver la concorde nationale et juguler la rébellion en Casamance, contrairement à sa promesse de réaliser la PAIX en 100 jours. Quand les populations victimes des inondations de 2005 pataugent dans la boue. Quand les institutions de la République sont menacées parce que foulées aux pieds. Quand le Pouvoir PDS n’a pas encore présenté des excuses aux autorités religieuses catholiques. Quand le dialogue politique est rompu. Quand la Constitution fait l’objet de multiples retouches au gré des intérêts du Prince. Quand le code électoral subit des changements. Quand il y a tentative de tripatouillage du fichier électoral et enfin quand la monarchie et la dictature menacent le pays ?

Les Femmes de la CPA DEMANDENT au Président de la République de s’atteler à préparer, sans délai, la Paix dans les villes et les campagnes ; à éteindre les foyers de tension ; à réparer les injustices ; à soulager les souffrances et la misère des populations urbaines et paysannes ; à reloger les populations sinistrées qui vivent depuis bientôt 9 mois dans des conditions d’insalubrité insoutenables.

Le Pouvoir PDS passé maître dans l’art des promesses électorales outrancières, du saupoudrage et des solutions à l’emporte-pièce n’hésite pas à prendre prétexte d’une catastrophe qui frappe une tranche de la population des banlieues pour reporter les élections comme cela a été le cas au moment des inondations avec le plan Jaxaay (une promesse de plus) annoncé dans la précipitation et à grand bruit.

Avec effroi, les Sénégalais découvrent il y a 3 jours dans la presse, que rien n’est fait pour les sinistrés de la banlieue et que les 3000 logements ne pourront pas être réalisés, et les pluies vont bientôt tomber.

Les femmes de la CPA DEMANDENT au Président de la République de tout mettre en œuvre pour redresser les entreprises en détresse, pour sauver les emplois et en créer de nouveaux ; de renouer un dialogue franc, sincère et démocratique avec la classe politique, les communautés religieuses du pays, les syndicats, les étudiants… ; mettre fin au désordre en épargnant les citoyens des querelles internes au Parti démocratique sénégalais, le parti au pouvoir.

Cette esquisse de la situation politique, économique et sociale du pays, explique aujourd’hui plus que jamais, les raisons pour lesquelles les Femmes de la CPA s’opposent à l’attribution du PRIX FELIX HOUPHOUET BOIGNY POUR LA PAIX au Président de la République du Sénégal, Monsieur Abdoulaye WADE.

NON ! Les Femmes de la CPA disent NON !

Ce prix ne peut en aucun cas être décerné au Président de la République du Sénégal, ce serait un prix usurpé. UN PRIX NON MERITE !

Les Femmes de la CPA réclament plus de justice sociale, plus d’égalité, plus d’équité car il n’y a pas de PAIX SANS JUSTICE.

                                                            

                                                                                      Dakar le 16 mai 2006

    

 Ont signé, les Femmes des partis membres de la CPA  : AFP – APL – BPS – FAR YOON-WI – FDP – FN – LD/MPT – MRG – MSU – NJ /MAG – PIT – PPS – PR – PRDS – PS – PSP – PT – RND – UDTS - UPAS