Lettre à mes électeurs

 

Chers Compatriotes,

Pendant plus de trois semaines, nous avons partagé, dans l’engagement patriotique et dans la ferveur militante de l’espérance vers un Sénégal nouveau, une démarche, un espoir, des objectifs de générosité, un idéal, un rêve, tout au long d’une campagne électorale, qui aura été historique. 

Nous avons, dans l’ensemble des terroirs de notre pays, écouté les appels de la jeunesse du Sénégal, les prières des femmes de ce pays, l’évocation des hauts faits de nos ancêtres et de nos héros nationaux, dans l’idée, dans la conviction, dans la certitude que le changement allait survenir et permettre à tout un peuple de se prendre en charge, dans la pleine perception du sens et du poids de nos responsabilités communes. Le changement que nous espérions n’a pas été au rendez-vous, précisément parce que des forces qui s’opposent au progrès ont organisé, derrière les rideaux et dans la pénombre de la falsification et de la combine, leur « victoire », planifiée, plusieurs mois à l’avance, contre l’esprit de justice et contre le principe de transparence, contre les intérêts du peuple, contre la volonté des élites et contre celle de la majorité des Sénégalais. 

Les Sénégalais se souviendront. 

Il y a eu, le 25 février 2007, un scrutin, un vote, effectués, sur des bases falsifiées, avec un fichier électoral manipulé, composé pour gagner et uniquement pour gagner, au dessus et en dehors de la volonté des citoyens électeurs. En violation de plusieurs dispositions du Code électoral. 

La fiction et le virtuel ont dominé la réalité démocratique. Il y a donc eu vote mais pas d’élection. 

Sous l’éclairage de cette réalité, les Sénégalais ont été tétanisés devant l’ampleur des effets directs et indirects de cette manipulation politicienne du processus électoral, bien avant le jour du scrutin du 25 février 2007. Les Sénégalais ont été tétanisés, mais ce qui est remarquable c’est qu’ils n’ont perdu ni leur lucidité légendaire devant tout évènement de la vie ni leur détermination à poursuivre le combat. Ils n’ont pas perdu espoir. 

A cet égard, il convient de rappeler et de souligner que les peuples ne meurent jamais. Et les Sénégalais d’aujourd’hui sont décidés, plus que jamais, à relever les défis plantés sur leur chemin par ceux-là qui considèrent, avec un grand tort, qu’ils ont raison de ne penser qu’à préserver les positions qu’ils occupent, les réseaux et les privilèges dont ils jouissent sans limite, les responsabilités qu’ils se sont octroyées et qu’ils n’assument nullement dans l’intérêt du peuple. Les Sénégalais, plus que jamais, armés de leur foi en Dieu et du courage qui les habite, refusent le diktat électoral. C’est pourquoi, nous entendons poursuivre le combat, debout et déterminés, dans le champ et dans le chemin de l’effort, car nous savons que ce pays, qui est nôtre, doit être préparé et légué aux générations futures, comme une terre de grandeur et de noblesse. Nous n’accepterons pas la fatalité et nous refusons la résignation. Parce que, tout au long de l’histoire de l’humanité, des peuples sont entrés dans la décadence dès lors qu’ils ont commencé de tourner le dos aux valeurs qui devaient faire leur propre grandeur. 

Je veux remercier mes électeurs, mes camarades, mes alliés, mes amis, les sympathisants qui partagent le sens de mon combat.  

A l’issue de ce tour, décrété unique contre toute vérité et toute logique, de l’élection présidentielle de l’an 2007, je tiens à adresser cette lettre à mes électeurs, aux membres de notre parti, l’Alliance des Forces de Progrès, et à ceux, toujours présents à nos côtés, des partis de la Coalition Alternative 2007, pour leur dire ma gratitude entière. 

Ils ont administré la preuve que les maléfices de l’argent et la métastase de la corruption ne peuvent atteindre les Sénégalais qui ont choisi de rester dignes devant les tentatives de parasitage de l’espace politique, entreprises par les tenants du pouvoir actuel. 

Demain, il fera jour. 

Et la jeunesse saura relever les défis, et avec elle tous les patriotes qui diront, en chœur, la main sur la poitrine : « on nous tue, on ne nous déshonore pas ! » 

C’est fort de toutes ces vérités que j’ai voulu vous adresser, solennellement, à toutes et à tous, mes remerciements les plus sincères, le cœur rempli de la fierté d’appartenir à ce pays et à ce peuple. 

En particulier, je veux dire un immense merci à la jeunesse de notre pays pour cette belle mobilisation, à travers les onze régions du Sénégal, pendant plus de trois semaines. Ce fut émouvant de vivre, ensemble, ces grands moments de vibration et d’enthousiasme, avec une jeunesse confiante dans l’avenir du Sénégal. 

C’est que le succès est toujours au bout de l’effort. C’est pourquoi, le temps qui change et les saisons qui se succèdent, et qui rythment notre existence sur terre, doivent être et demeurer, pour nous militants de la démocratie et du développement concerté, une source d’émergence de nouvelles synergies, verticales et horizontales, pour porter, ensemble et solidairement, le poids de nos propres responsabilités. C’est ainsi que nous continuerons de vouloir donner un sens à notre vie d’hommes libres et un motif d’espoir pour tous ceux-là qui pensent que l’exception sénégalaise n’est envisageable que dans la grandeur, dans le travail organisé, dans l’opiniâtreté et dans le courage qui marqueront nos idées, nos projets et nos actions. 

Debout, continuons notre combat au service de la vérité. 

Que Dieu sauve le Sénégal !

                         Encore une fois, merci !


Moustapha Niasse
Candidat de la Coalition Alternative 2007
Secrétaire Général de l'Alliance des
Forces de Progrè
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