Déclaration de M. Moustapha Niasse,
candidat de la Coalition Alternative 2007,
à l'issue de l'élection présidentielle du 25 février 2007

 

Déclaration de M. Moustapha Niasse, candidat de la Coalition Alternative 2007, à l'issue de l'élection présidentielle du 25 février 2007.

Le scrutin présidentiel, prévu par la Constitution, pour élire un nouveau président de la République, pour la période 2007-2012, a eu lieu, au Sénégal, le 25 février 2007.

Je figurais parmi les 15 candidats dont le dossier avait été retenu par le Conseil Constitutionnel, comme conforme aux dispositions légales en matière d'élection.

Les résultats de ce scrutin ont été établis et rendus publics par la Commission nationale de recensement des votes. Si le Conseil Constitutionnel confirme ces résultats, le candidat de la Coalition Sopi 2007, Maître Abdoulaye Wade, sera proclamé élu, pour un nouveau mandat de cinq années.

A la lumière des faits et évènements qui ont marqué les étapes successives du processus électoral, de la phase des inscriptions jusqu'à la clôture du scrutin du 25 février 2007, les Sénégalais se sont fait une raison. Quelles que soient les conditions dans lesquelles le fichier électoral a été géré, dans un unilatéralisme incontestable, le résultat est là, que beaucoup de Sénégalais essayent encore de décrypter et d'interpréter comme un mystère quasi impénétrable.

Une chape de plomb est posée, depuis le soir du 25 février 2007, sur le processus dont l'aboutissement s'est traduit dans les scores annoncés.

La vérité, un jour, apparaîtra aux yeux de tous, telle qu'elle est, telle qu'elle sera, dans la permanence et dans l'intangibilité des canons de l'éthique et de la morale et, aussi, des principes qui fondent la République. Celle-ci, dans ses aspirations légitimes pour une démocratie transparente, sans combinaisons et sans combines, gardera toujours la tête hors de l'eau, pour assurer le triomphe des idéaux de justice et d'honnêteté qui déterminent, à chaque étape de l'évolution des sociétés humaines, le fonctionnement des communautés civilisées et porteuses de progrès.

Pour ma part, j'avais une ambition pour mon pays et, en conséquence, un projet de société, que je partage avec toutes celles et tous ceux qui ont décidé de se dévouer, sans limite, au service du bien commun et du plus grand nombre, dans un Sénégal apaisé.

Je veux dire que, aujourd'hui et demain, j'entends maintenir cette ambition et que je demeure actif dans l'espace du terrain politique. Je le fais pour la jeunesse de mon pays, pour ses femmes, pour ses élites et ses cadres, pour ses paysans et ses travailleurs. Je le fais, sans aucune réserve, parce que je reste fidèle à cet idéal de générosité et de dévouement au service du peuple, idéal qui a toujours inspiré, soutenu et consolidé mon engagement politique, commencé sur les bancs du Lycée Faidherbe de Saint-Louis, depuis plusieurs décennies. Je n'avais alors que dix sept années.

Sous ce regard, je laisse à ceux qui, prématurément, ont annoncé ma retraite politique, l'entière responsabilité de leurs sentiments et de leurs calculs, comme s'ils pouvaient, à ma place et en mon nom, en décider, pour des raisons qui leur appartiennent. Je demeurerai dans le champ de l'effort au service des jeunes du Sénégal, jusqu'à la fin de mes jours. C'est que j'appartiens à une catégorie d'hommes qui ne connaissent ni la résignation, ni le découragement et qu'aucun stress de nature politique ne peut parvenir à déstabiliser.

Alors, pour moi, le combat continue. Il continue, avec une vitalité renouvelée, pour que le Sénégal, notre pays, ce Sénégal qui appartient davantage aux générations à venir, voie s'extirper de ses veines les germes de la décadence et les motifs de déchéance morale que tentent d'y introduire des comportements, des attitudes et des pratiques que la morale condamne irrémédiablement.

Les enjeux sont suffisamment importants pour imposer aux citoyens de notre pays le devoir de relever les défis de l'histoire, en se tenant debout et en marchant vers l'avant, pour reconstruire ce qui est aujourd'hui profondément détruit, pour ramener en surface les vertus et valeurs qui ont toujours fait la force de notre peuple, pour valoriser et illustrer le legs que nous ont laissé nos ancêtres, pour demeurer dans le chemin que nous ont montré les héros de la nation sénégalaise, qu'il se soit agi de guides religieux, de résistants reconnus comme des modèles de combativité face à l'adversité et pour défendre l'honneur et la dignité d'une nation, qu'il s'agisse, plus récemment, d'hommes politiques qui ont conduit ce pays à l'indépendance, comme les Présidents Lamine Guèye, Léopold Sédar Senghor et El Hadj Mamadou Dia, - à qui nous souhaitons une longue vie - parce qu'ils ont administré la preuve de l'amour du pays qui, toujours, pour eux, a été placé au-dessus de tous et de tout.

Le Sénégal ne mérite pas le sort qui lui est, dans le temps présent, réservé, quand la confusion, le verbiage, le manque de densité dans les idées comme dans les actes dominent les sommets de l'Etat, comme si quelque part nous étions retournés au temps du roi Midas et de son barbier et comme si les Sénégalais étaient devenus un peuple de myrmidons. Ce que nous refusons résolument.

Aucun Midas des temps modernes ne nous fera perdre de vue que le Sénégal, aujourd'hui, a besoin de résoudre des priorités fondamentales et n'a nul besoin de s'attarder sur des querelles stériles et des enfantillages grossiers qui induisent de légitimes interrogations sur l'équilibre psychologique de leurs auteurs.

Le Sénégal a produit des héros, encore une fois, qui se sont illustrés par de hauts faits qui alimentent et alimenteront encore pour longtemps les sources où la jeunesse de notre pays continuera de puiser les énergies, les idées et l'élan de patriotisme qui font les grands peuples.

Cheikh Anta Diop, Amadou Makhtar Mbow et d'autres intellectuels éminents de notre pays sont de cette veine et le temps des ténèbres que nous traversons, aujourd'hui, ne peut nous faire perdre espoir.

C'est dans cet esprit et pour toutes ces raisons que moi, Moustapha Niasse, homme d'Etat et patriote sénégalais, j'entends poursuivre mon combat politique.

C'est dans cet esprit et pour toutes ces raisons que je tiens à remercier, du fond du cœur et en prenant à témoin Dieu et les hommes de mon pays, toutes celles et tous ceux qui m'ont apporté leurs voix, le 25 février 2007. En particulier, j'exprime ma profonde gratitude aux jeunes et aux femmes du Sénégal, sans oublier tous les autres citoyens, qui m'on signifié et confirmé massivement leur confiance, confiance dans ma vision d'un Sénégal nouveau qui requiert d'être gouverné autrement, confiance dans le programme proposé au peuple par la Coalition Alternative 2007, résolue à trouver des solutions concrètes aux problèmes que rencontrent nos compatriotes dans leur vie quotidienne.

C'est dans cet esprit et pour toutes ces raisons que je considère que la Coalition Alternative 2007 a posé un acte historique et fort, en décidant de refuser de baisser les bras devant les combines et les falsifications, notamment électroniques, planifiées et mises en œuvres depuis près de deux années, dont les effets ont tétanisé le peuple depuis le soir du 25 février 2007. Nous ne réduirons, dans ce cadre, ni l'intensité ni le rythme des actes que nous continuerons de poser pour maintenir l'espoir de la jeunesse de notre pays vers un Sénégal de justice, de transparence, de promotion et de respect des libertés, un Sénégal qui se développe dans l'unité nationale et dans la solidarité, pour un Sénégal où la justice sera au service du citoyen, où des emplois seront créés pour toute la jeunesse et non pour une catégorie de celle-ci, pour un Sénégal fier de lui-même et capable de marcher debout vers son destin inéluctable. Un Sénégal qui ne comptera sur le feu ni sur le sang pour maintenir au pouvoir des dirigeants qui rament à contre-courant, en oubliant les intérêts du peuple.

Pour Régis Debray, " gouverner, c'est ouvrir boutique. Et donc peupler les arrière-boutiques " le problème des tenants du pouvoir actuel, c'est qu'ils n'ont pas de boutiques, ils n'ont que des arrière-boutiques.

Le combat continue. Nous continuerons notre combat contre la médiocrité, l'impunité et toutes les contre-valeurs qu'on cultive avec le terreau de la manipulation, de la confusion, de la corruption et de la violence.

Le Combat continue, parce qu'il reste encore, dans le champ de l'effort, de multiples tâches à entreprendre et à accomplir, avec une constante lucidité, loin des imprécations présidentielles et des crises de délirium verbal qui veulent s'imposer dans le débat public, vidant ce débat de toute hauteur et de toute dignité. Car ce sont là les signes annonciateurs par lesquels, dans l'histoire de l'humanité, les dictateurs ont toujours jeté le souffle du sang et de la sueur sur des peuples qui les avaient, au début, élus, croyant, en toute bonne foi, qu'ils avaient fait le bon choix.

Le Combat continue.

Que Dieu sauve le Sénégal, aujourd'hui, demain.

Dakar, le 2 mars 2007.