DECLARATION DE LA COALITION ALTERNATIVE 2007
DU 04 MAI 2008


 

Les leaders de la Coalition Alternative 2007 (CA 2007) se sont réunis dimanche 04 mai 2008 au domicile d'Amath Dansokho à Dakar, sous la présidence de Moustapha NIASSE, président de la CA 2007.

La CA 2007 se félicite du soutien de l'opposition qu'elle a contribué à apporter, dans le cadre de l'action du Front Siggil Senegaal, aux travailleurs et à leurs centrales syndicales, à l'occasion de la célébration de la fête du 1er mai, sous les formes de défilés et de rassemblements permettant des analyses de la situation nationale et des luttes des travailleurs pour de meilleures conditions de vie et de travail, pour la justice, la sauvegarde des outils de travail, des entreprises et des emplois. La CA 2007 en félicite toutes les centrales syndicales.

Pour avoir écouté les travailleurs, les leaders de la CA 2007 condamnent l'attitude d'Abdoulaye Wade dans la gestion du pouvoir d'Etat : il privilégie ses soucis politiciens de conservation du pouvoir et sert le rêve et la fuite en avant aux travailleurs qui posent à l'Etat leurs problèmes à résoudre avec diligence, vu l'urgence qu'ils représentent.  L'attitude de Wade constitue un sabotage sans scrupule de l'éducation et de la formation, par le refus entêté à la fois de discuter sérieusement avec les syndicats d'enseignants et de respecter les devoirs de l'Etat ainsi que les responsabilités des partenaires sociaux. L'école sénégalaise, à ses divers niveaux, doit échapper, au bénéfice de la qualité des différentes formations, au désastre d'une année blanche ou validée pour la forme et au mépris des dégâts.

Dans le domaine de la production et de la gestion de la crise alimentaire Abdoulaye Wade sert toujours du rêve et des ruses aux Sénégalais qui sortent d'un mauvais hivernage caractérisé par la grave insuffisance des récoltes, surtout en matière d'arachides et de céréales. Les urgences ne peuvent pas être réglées par dix milliards quand les besoins sont chiffrés à cent quarante milliards de francs CFA.

Concernant les solutions pour le moyen et le long termes, le fumeux plan GOANA est une chimère de plus, élaborée dans la précipitation, sans écoute d'un seul technicien qui se respecte, et constituée de chiffres fantaisistes sur les quantités de céréales à produire. Aucune considération pour les conditions et modalités de la production du riz, par exemple, ne rend crédible le plan GOANA. La même désinvolture sans souci pour la vérité, caractéristique de la déclaration affirmant un engagement de l'Inde à vendre, chaque année et pendant six ans, 600.000 tonnes de riz au Sénégal, caractérise aussi les chiffres des quantités à produire, en matière de céréales, selon le fantaisiste plan GOANA.

Abdoulaye Wade doit traiter avec sérieux les problèmes du Sénégal et cesser de privilégier ses objectifs politiciens de conservation du pouvoir. Les dissolutions de conseils ruraux, municipaux et régionaux auxquelles il procède, à un rythme de plan élaboré, sont arbitraires, n'étant fondées sur aucun blocage des conseils concernés, et par conséquent, tout à fait inacceptables. Il doit arrêter ce processus qui méprise la démocratie et la légitimité républicaine. Ce sont des actes de consécration de la violence caractéristique de sa gestion du pouvoir d'Etat. Wade doit savoir que l'exploitation des ressources minières dans la région de Kédougou ne se fera pas au détriment des populations même si, de manière antidémocratique, il enlève des élus pour une délégation spéciale à la mairie de Kédougou. Aucun pouvoir ne pourra se sentir assez sécurisé, par cette structure fondée sur un acte de violence institutionnelle, pour tenter une gestion prédatrice de nos ressources minières de l'est du pays.

La CA 2007 rappelle à Abdoulaye Wade que son premier devoir, en position de chef de l'Etat, est de s'attacher sérieusement à la recherche de solutions véritables aux problèmes majeurs du pays. Pour les leaders de la CA 2007, seul le dialogue national, dans le cadre des Assises nationales proposées par le Front Siggil Senegaal et maintenant en préparation avancée, peut permettre aux Sénégalais de trouver les vraies voies de sortie de la crise multidimensionnelle qu'ils vivent. Il n'y a pas d'autre dialogue possible, notamment avec Abdoulaye Wade, pour résoudre les problèmes actuels du Sénégal.

Que Wade change enfin d'attitude, discute avec le pays et cesse de passer son temps à concevoir des ruses politiciennes pour tenter de conserver longtemps le pouvoir par des moyens antidémocratiques, ainsi qu'à dépenser sans mesure les deniers publics, s'obstinant en même temps, à refuser de revoir le train de vie de l'Etat.


Dakar, le 04 mai 2008
La Conférence des leaders de la CA 2007