ÉLECTIONS LOCALES : La Ca 2007 plaide pour une large coalition

 

SOURCE : "Le Matin" du 16 février 20O8

En conférence de presse hier au siège de l'Afp à Dakar, la coalition alternance 2007 a appelé tous les partis politiques de l'opposition non affiliés à la Cap 21 notamment ceux du Front Siggil Sénégal à le rejoindre pour faire face au Pds au pouvoir.

La Ca 2007 a remis sur la table de discussion, concernant les prochaines élections locales, l'épineuse question du fichier électoral qui serait entièrement géré par la coalition au pouvoir sans la moindre intervention de la Commission électorale nationale autonome (Cena) ou d'autres partis politiques. Pour elle, le refus de l'État d'aborder cette question avec l'opposition dévoile la volonté de ce dernier de procéder à la fraude comme toujours. C'est pourquoi, elle a émis le souhait de voir rejoindre leur coalition les partis politiques réunis au sein du Front Siggil Sénégal et toutes autres formations de l'opposition non proches de la mouvance présidentielle ainsi que tout citoyen animé de bonne volonté.

Car, à en croire les alliés de Moustapha Niasse, "le Sénégal a remporté la palme de la fraude en Afrique". En direction des locales de mai prochain, la Ca 2007, sur un tout autre registre s'est aussi intéressée à la situation du Sénégal. Selon cette formation politique, les multiples grèves qu'endurent le système éducatif national et le secteur sanitaire entre autres sont engendrées par le non-respect des engagements pris par l'État. Conséquence, le tissu social est au bord de l'implosion. De l'avis des conférenciers du jour Madior Diouf et Massène Niang, la société sénégalaise d'aujourd'hui est structurée de telle sorte qu'on se croirait dans une société de classes. Cette nouvelle donne lourde de conséquences est à imputer à la fracture sociale générée et nourrie par le régime de Me Wade.

"Le président de la République avait déclaré qu'il allait baisser les prix des denrées de première nécessité au mois de janvier 2008, aujourd'hui nous sommes au mois de février et rien n'est encore fait en ce sens" a tenu à rappeler M. Niang qui poursuit : "Pis, la fiscalité indirecte est comme toujours très élevée et se chiffre à 72 %". La situation dans le monde rural a été examinée par nos interlocuteurs qui affirment que l'État du Sénégal a vendu le 12 février dernier pour le compte de la campagne arachidière de l'année écoulée 34 000 tonnes d'arachide alors que d'habitude la facture de vente de cette ressource agricole s'élève à 1 million 200 000 tonnes. Un échec cuisant de la filière arachidière. D'où l'urgence d'insuffler au Sénégal un vent nouveau.

 

 

Par Jean NZALÉ