Quand Wade délire, par Ousmane Ndiade

                                                                                                    

L'histoire se répète deux fois, une fois comme drame et la deuxième fois  comme farce (K.Marx). Une des marques indélébiles du mensonge est la versatilité des propos. Voilà que pris de panique, le vieux sénile nous ressort du frigo l'histoire du ou des bateaux de pétrole (allez savoir!) que l'honorable El Hadj Moustapha Niasse aurait détournés. J'espère que les Sénégalais ne sont pas amnésiques et se rappellent bien de ses propos au lendemain de sa "victoire" frauduleuse de 2007. Le vieux sénile et bonimenteur disait que Abdou Diouf l'avait envoyé au Nigéria pour savoir qu'est ce qu'est devenu le bateau de pétrole à lui offert par le gouvernement nigérian. Et en deuxième version remixée, dans son délire d’hier,  c'est Habib Thiam qui l'a envoyé. Rappelons, pour certains jeunes lecteurs, que sous le gouvernement Habib Thiam, le vieux sénile était Ministre sans portefeuille chargé d'ouvrir la portière de la voiture présidentielle, alors que Niasse était Ministre des Affaires Etrangères à la demande insistante de Abdou Diouf, comme d'habitude. Imaginez un seul instant que Niasse se rende compte qu'on lui donne un coup de couteau dans le dos! Mieux, je l'ai écrit ici, au moment de la précampagne et campagne, lorsque certains adversaires ont voulu utiliser cette "information wadienne" pour nuire au candidat de Bennoo Siggil Senegaal, je leur expliquais :

1- que le pétrole comme l'uranium, l’or, le diamant etc. sont des matières premières stratégiques donc soumises à une certaine législation internationale.

2- le pétrole nigérian, ou saoudien ou koweïtien n'appartient pas à ces pays, mais à des sociétés internationales qui les exploitent et payent des dividendes selon un contrat bien déterminé.

Aujourd'hui que le vieux sénile nous sorte ces balivernes prouve à  quel estime il nous tient! Pour preuves, les bateaux de pétrole  qu'il avait déclaré avoir  reçus de Khadafi (ah l'ami Khadafi) et qui nous auraient  soulagés du poids du pétrole sont toujours en haute mer ou bien les a t-il détournés?

Le doyen Mody Niang  a raison, il l'a toujours écrit : ce vieux ne mérite aucun respect! Mais devons-nous nous arrêter à çà? Oh que non! Un défi nous est lancé à nous tous : les audits deviennent une urgence et une exigence.

Un ami libéral, actuellement à Bokk Giss Giss (vision tardive), m'interpela ces jours ci en ces termes: vous n'écrivez plus, vous n'intervenez plus dans les stations radio! Je lui répondis que je ne tire pas sur un corbillard, j'ai eu tort. Non seulement il faut tirer sur le corbillard, mais surtout brûler le cadavre! Wade nous pompe l'air.  Une nouvelle époque vient de naître et une autre refuse de mourir ; l’histoire ne doit pas bégayer.

Ousmane Ndiade

ousmanendiades@hotmail.com

 

Dakar le 29 mai 2012