Commémoration du 3ème anniversaire de l'AFP

Hôtel Méridien Président

L'A.F.P., face aux défis du monde rural

Introduit par : Madame Mata SY DIALLO Membre du Bureau Politique


Les systèmes politiques ont pour vocation principale d'instaurer de nouvelles réformes pour promouvoir le développement de la nation à travers une formulation pertinente et une exécution cohérente des politiques économique, sociale et culturelle.

C'est à ce titre, que notre camarade Secrétaire Général, Moustapha Niasse, dans sa déclaration, historique et et patriotique, de principes du 16 juin 1999, intitulée " J'ai choisi l'Espoir ", a marqué courageusement la rupture avec les systèmes d'alors qui ne répondaient plus aux exigences de la société sénégalaise. Il était dès lors question de jeter les bases d'une reconstruction nationale pour un " Sénégal autrement ".

Ainsi, venait de naître, notre parti, l'Alliance des Forces de Progrès (AFP) avec son projet de société qui, à terme, permettra à la famille sénégalaise de retrouver son identité, son statut, en somme, toute sa dignité.
La politique étant l'art de gouverner, il est aisé de comprendre l'appel du pied lancé par notre camarade Secrétaire Général dès la naissance du Parti, pour une gestion transparente et démocratique des affaires publiques concourant à un mieux être des populations rurales et urbaines.

Aujourd'hui, cette population rurale, qui représente 80 % des Sénégalais et qui s'adonne aux activités agro- sylvo-pastorales, est plongée dans un doute jamais égalé dans l'histoire de notre cher pays le Sénégal.
Quand tous les éminents économistes sont d'accord que le développement d'un pays commence par le secteur primaire, et que nos gouvernants actuels ont pour option l'abandon d'un quelconque appui vis-à-vis de ce secteur, avec une privatisation à outrance, vous conviendrez avec moi, chers camarades, qu'un arrêt de pluie ou une simple pluie de contre-saison ne pourra servir de prétexte pour crier à la misère du monde rural en mettant en exergue les critères de pauvreté.
La réalité, elle est tout autre, car la pauvreté du monde rural est endémique et résulte d'une politique est la " main tendue ".

Chers camarades,

Evitons de tomber dans le piège qui fait de la misère du monde rural une fatalité, car en réalité, ce n'est que le résultat d'un système dont la mise en place est l'application ont fini de déceler les limites dans tous les domaines d'activités liés au développement.

La philosophie de notre parti, nous met, aujourd'hui, incontournablement au cœur du problème communément titré par la presse en ces termes :
· Le monde rural en détresse
· La crise paysanne
· La famine en milieu rural
· Etc.

Posons-nous la question de savoir : de quoi souffre réellement le monde rural sénégalais ?

En réalité, il y a la généralisation de la paupérisation (niveau de pauvreté jamais égalé depuis l'indépendance du pays) et la thérapeutique trouvée est la mise en place d'un programme national de réduction de la pauvreté qui, dans sa conception, n'est rien d'autre qu'un aveu d'impuissance des pouvoirs publics à satisfaire le minimum de la demande sociale surtout en milieu rural.
D'ailleurs, ce programme traduit dans nos langues nationales, particulièrement en wolof, est une source de frustration pour les soi-disant bénéficiaires (surtout un terme comme " ndool " qui a une connotation péjorative).

En outre, l'environnement actuel vient créer ou accentuer d'autres défis du milieu rural, à savoir :
· L'insuffisance de points d'eau ;
· L'insuffisance des infrastructures socio-éducative ;
· L'Insuffisance des équipements pour l'allègement des travaux féminins ;
· L'insuffisance de lignes de crédit ;
· La destruction de l'environnement ;
· Les difficultés d'accès aux soins vétérinaires ;
· L'absence d'une électrification rurale ;
· L'insuffisance des matériels et intrants agricoles ;
· Un système de commercialisation de l'arachide défectueux .

Cette liste loin d'être exhaustive constitue la cause du malaise social dans nos campagnes.

Il est déplorable que le seul remède jusque-là proposé par les Pouvoirs publics restent un chapelet qui n'atténuent guère la vitesse de dégradation des conditions de vie des ruraux. Cependant, le secteur rural doit être, pour longtemps encore, la priorité de la politique de relance économique du pays.
En opposition à cette orientation, le Monde rural est fragilisé aujourd'hui, avec les systèmes de production et de commercialisation mise en place par les Pouvoirs publics.

Depuis quelques années, nous assistons à une baisse de la production agricole, qui a une conséquence négative sur le pouvoir d'achat des populations rurales. Cette baisse est essentiellement due à :

· une évolution défavorable de la pluviométrie dans certaines zones éco-géographiques ;
· une baisse de la fertilité des sols soumis à une exploitation irrationnelle
· une baisse de la qualité des semences utilisées par les paysans ;
· des difficultés d'accès à des semences en quantités suffisantes ;
· une utilisation de matériel agricole vétuste et obsolètes ;
· un encadrement technique insuffisant pour la vulgarisation agricole ;
· un accès difficile au système de crédit ;
· un accès difficile à la terre pour certaines couches de la société, notamment, la femme rurale ;
· une faible utilisation de fertilisant
· une agriculture intensive.

L'importance stratégique de l'agriculture dans l'économie nationale impose la mise en œuvre de stratégie de sortie de crise, pour augmenter la productivité et accroître, par conséquent les revenus des populations rurales de plus en plus laissées à elles-mêmes.

L'AFP, toujours soucieuse de devenir de la nation, surtout en cette période de crise, pointe du doigt certaines stratégies du développement agricole. Il s'agit notamment :
- du renforcement de l'encadrement pour la vulgarisation des résultats de la recherche et l'amélioration des capacités techniques des producteurs (agriculture semi-intensive) ;
- de la mise en œuvre d'une politique de production et de distribution de semences de qualité ;
- du développement du crédit agricole (CNCAS, Mutuelles d'épargne et de crédit) ;
- de la facilitation pour l'accès à des machines agricoles performantes adaptées aux spéculations et à l'environnement ;
- de la facilitation aux engrais minéraux par la distribution des formules à coût réduit;
- du renforcement des capacités d'organisation et d'intervention des producteurs (Coopératives, Unions, Groupements, etc.) ;
- du désenclavement des zones de production par la réalisation d'un vaste programme de pistes rurales pour faciliter la commercialisation des produits récoltés ;
- d'une nouvelle politique foncière pour un meilleur accès à la terre pour tous les producteurs ;

A l'AFP , nous pensons également, que pour atteindre l'autosuffisance alimentaire, notre carte variétale devra être élargie avec le développement du maraîchage notamment à côté des cultures vivrières. Il s'agira de procéder à une exploitation rationnelle des eaux souterraines et des eaux de surface pour le développement du maraîchage et des cultures de contre-saison.

Une telle agriculture, modernisée et productive avec une implication du secteur privé, suppose un financement de la production, comme de la commercialisation, répondant au contexte nouveau et, surtout, susceptible de s'adapter sans retard à l'évolution de la production. On ne peut encourager l'augmentation de la production et ne pas mettre en place, en amont comme en aval, un système de financement à la mesure des nécessités.

Il demeure indéniable que les grands maux de la filière arachidiaire sont, entre autres :
- le dictat des organismes de financements internationaux (Banque Mondiale, Fonds monétaires international) sur l'assainissement des finances publiques ;
- L'absence d'une vision pour l'agriculture ;
- En plus la commercialisation de l'arachide connaît depuis deux ans des déblocages accompagnés par une baisse des cours mondiaux du prix de l'arachide.
En conclusion, le credo de l'AFP, Parti d'espoir et d'avenir, s'inscrit dans ce triptyque :
· Eduquer, loger, soigner, informer les citoyens, en somme, faciliter l'accès aux services sociaux de base avec l'amélioration de la santé des populations ;
· Moderniser l'état et décentraliser les pouvoirs au niveau des régions, aussi bien dans la conception que dans l'application. Il s'agit de responsabiliser, d'élargir les compétences, de réaliser les infrastructures majeures (usines, universités, écoles, hôpitaux, routes, etc.) et enfin d'administrer la région ;
· Offrir au monde rural les conditions de vie acceptable en menant une réelle politique de réduction de la pauvreté avec un renforcement des infrastructures socio-éducatives et des capacités organisationnelles des masses paysannes.

Chers camarades, voilà, très brièvement tracées quelques pistes de réflexion, qui je l'espère bien, pourront alimenter nos débats futurs pour le mieux-être de nos concitoyens du monde rural..

Je vous remercie de votre aimable attention.



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