Déclaration de l'AFP SUR LA SITUATION NATIONALE

 

Le contexte politique national actuel est marqué par des excès de langage et de multiples formes de violence verbale qui avilissent l’espace d’un débat public où devraient prévaloir des idées et des projets en faveur du Sénégal, dans une atmosphère de courtoisie, de sérénité et d’élévation pour favoriser l’éclosion féconde d’un dialogue apaisé, dans le but de tirer le plus grand profit de l’intelligence de nos compatriotes et des valeurs de DIOM, de KERSA et de NGOR que porte notre peuple depuis des siècles, et qui sont transmises de générations en générations.

Dans cette optique, il faut toujours respecter la justice sénégalaise qui, en toute liberté, dit le droit, conformément à la loi et dans ses procédures et dans son esprit.

Un procès se fonde toujours sur des faits allégués, vérifiés, établis et constants comme le dit le vocabulaire juridique. Après quoi, un verdict est prononcé qui fonde un jugement dans le principe et dans ses conséquences.

L’Alliance des Forces de Progrès (AFP), son Secrétaire général, ses dirigeants et ses militants et militantes ont un respect scrupuleux pour la justice du Sénégal, dans ses décisions et dans son fonctionnement. En conséquence de quoi, l’AFP respecte les magistrats sénégalais et la magistrature comme un corps d’élite qui rend la justice.

Sous ce regard, l’AFP considère que, dans un procès, quand la justice prend une décision il faut garder en mémoire que les dispositions du Code pénal et celles du Code de procédure pénale ouvrent la possibilité de recours, comme le prévoit la loi. Les accents querelleurs en direction de l’adversaire, sont tout à fait en dehors de l’espace politique où chacun doit trouver sa place ; dans la pensée comme dans l’action, dans un élan de solidarité et de noblesse, d’ouverture et de générosité partagée.

Pour toutes ces raisons, l’AFP lance un appel solennel à tous les Sénégalais, politiques comme apolitiques, pour un ressaisissement de qualité qui repose sur nos vertus communes, sur notre histoire et sur notre volonté non équivoque de renforcer la démocratie, de respecter les libertés politiques et individuelles sans jamais oublier que le génie de l’homme permet à celui-ci de vivre et de s’épanouir dans la tolérance mutuelle et dans la paix pour tous. La politique est plurielle dans son essence, dans ses manifestations, dans les schémas d’action pensés par les uns et les autres au profit d’une communauté.

Par ailleurs, s’agissant du parrainage qui est proposé et qui va faire l’objet d’une loi, il est naturel que les candidats à l’éminente fonction de président de la République possèdent une crédibilité certaine, couvrant une bonne frange de la communauté nationale.

Il est normal, dès lors, que les citoyens sénégalais aient la possibilité d’apposer leur signature en faveur des candidats, sur une liste de parrainage touchant, au moins, la moitié des 14 régions du pays.

La France a introduit le parrainage des élus en 1962 pour « écarter les candidatures fantaisistes qui n’ont pour vocation que d’amuser la galerie, sans consistance, sans base politique et sans fondement objectif. »

A côté du parrainage des élus institué par le modèle français, onze (11) autres pays européens imposent le « parrainage citoyen », en exigeant tout simplement qu’un certain nombre de citoyens parraine les candidats. Le principe du parrainage est appliqué dans plusieurs autres pays à travers le monde.

L’AFP est favorable au parrainage citoyen qui permet d’éviter les candidatures fantaisistes qui polluent la compétition électorale pour le choix du président de la République, clé de voûte des Institutions. L’AFP fait remarquer que le parrainage est appliqué au Sénégal depuis 1992 pour les candidatures indépendantes. Il convient de préciser, pour que nul n’en ignore, que le principe du parrainage s’applique aussi bien aux candidats à l’élection présidentielle, qu’à tout candidat à des élections au Sénégal, qu’elles soient législatives ou locales. La prolifération des partis politiques qui sont près de 300 à l’heure actuelle, justifie aussi la généralisation du système démocratique des parrainages.

L’AFP invite tous les Sénégalais à apprécier, de manière lucide, les enjeux politiques dans un contexte national où tout doit être discuté, débattu et tranché par le vote démocratique.

La démocratie sénégalaise est vigoureuse ; elle est un bien commun que nous devons tous protéger et renforcer.

                                                                                                                                                         

Fait à Dakar, le 05 avril 2018

L’Alliance des Forces de Progrès