Déclaration de L'AFP sur la violence contre les journalistes

Depuis le début du mois d'août 2008, l'Alliance des Forces de Progrès observe la pause traditionnelle de quatre semaines, pour permettre à ses membres de retourner à leurs bases respectives. Cette écoute des populations pour mieux coller à leurs aspirations n'empêche pas la direction du Parti de continuer à suivre l'évolution de la situation nationale.

C'est ainsi que les faits gravissimes qui se déroulent sous nos yeux, à l'instigation des tenants du pouvoir, ont fait l'objet d'une attention toute particulière. On se rappelle les sévices subis par les journalistes Kambel Dieng et Karamokho Thioune, il y a bientôt deux mois. En plus, les caméras du monde entier ont filmé en direct le tabassage, à Chicago, du journaliste Souleymane Jules Diop par des nervis de l'entourage direct de Me Abdoulaye Wade. Non seulement ces actes n'ont pas été condamnés, à ce jour, par les plus hautes autorités de l'Etat, mais le régime de Me Abdoulaye Wade continue à se livrer, sur ces dossiers précis, à une intoxication qui en dit long sur ses intentions d'étouffer cette affaire, comme tant d'autres.

Ces faits étaient déjà assez accablants pour que les tenants du pouvoir n'en rajoutent pas. Mais voilà que, à peine trois jours après les menaces qu'un ministre en fonction a proférées publiquement contre deux organes de presse, 24 heures chrono et l'AS, des criminels téléguidés ont mis à sac les locaux desdits quotidiens, en exerçant rageusement leurs actes de violence sur les journalistes trouvés sur place.

L'Alliance des Forces de Progrès estime que ces faits inqualifiables ne sont pas isolés. Si on a à l'esprit la stratégie de musèlement de la presse privée publiquement conçue par le Parti-Etat et rendue publique par un membre du gouvernement, responsable de la "propagande" du Parti-Etat, on se rend bien compte qu'il s'agit de mettre fin à des libertés consacrées par notre Charte fondamentale.

Sous d'autres cieux, et en d'autres temps, ces faits de violence exercés directement sur les journalistes et leurs outils de travail avaient précédé l'instauration d'un climat de terreur ponctué d'enlèvements, de crimes et de tentatives de justification de l'injustifiable.

L'Alliance des Forces de Progrès condamne avec la dernière énergie tous ces actes barbares et anachroniques qui s'inscrivent dans une volonté suicidaire de s'opposer au mouvement historique qui accompagne aujourd'hui, partout sur la planète, le développement de la démocratie. L'Alliance des Forces de Progrès exige que les criminels de cet acabit et leurs commanditaires qui ne valent guère mieux qu'eux soient châtiés à la mesure de leur forfait incompatible avec l'exercice normal de la démocratie. Elle invite tout particulièrement la justice à remplir sa mission, en disant le droit, au nom du peuple sénégalais, quoiqu'il en coûte. Les auteurs de ces faits doivent être punis conformément à la loi d'autant plus qu'ils sont encouragés depuis plusieurs semaines par des appels inacceptables à l'assassinat de tous ceux qui ne cautionnent pas les dérives monarchiques en cours.

En ce qui la concerne, l'Alliance des Forces de Progrès poursuivra sans relâche son combat pour faire barrage au fascisme hors de saison et hors de propos. Elle réitère l'expression de sa solidarité profonde et agissante à toutes les victimes de l'état de violence suscité par Me Abdoulaye Wade lui-même et son régime.


Fait à Dakar, le 20 aout 2008 

Pour la Direction du Parti

Madieyna Diouf

Secrétaire national Chargé de la

Coordination des Activités du Parti