Séminaire du Mouvement National des

Jeunes pour le Progrès (MNJP)

 

Dakar, le 23 septembre 2006

 

 

Allocution de M. Mbaye DIONE Secrétaire Général du MNJP

 

Camarade Secrétaire Général,

Camarade Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du Parti,

Camarade, Présidente du Mounfep

Camarades Membres du Bureau Politique,

Camarades Membres du BEN du MNJP,

Chers conférenciers,

Chers Invités,

Chers Participants,

 Aujourd’hui, samedi 23 septembre 2006, se tient à l’Ecole Nationale du Développement Social et Sanitaire (ENDSS), un  séminaire à l’initiative du Mouvement national des jeunes pour le progrès (MNJP). 

Il s'agit d'un événement de première grandeur dans la série des manifestations programmées par le  MNJP, en cette fin de l'année 2006, à quelques mois des prochaines élections si Dieu le veut. Depuis quelques mois le Bureau exécutif national du MNJP, dans une parfaite harmonie, dans l’unité des cœurs et des esprits, a élaboré un programme d’activités  qui veut concilier deux exigences majeures : la réflexion intellectuelle et la mobilisation des militants. 

Le séminaire d’aujourd’hui qui s’articule autour des thèmes : crise du système éducatif d’une part et problématique de l’emploi des jeunes  et du phénomène d’émigration vers l’Europe de l’autre,  a voulu répondre à ces deux facteurs par l’organisation d’une réflexion approfondie sur des questions d’actualité qui préoccupent la frange jeune à laquelle nous appartenons, et par  la mobilisation de plus de 300 jeunes venus des 34 départements du Sénégal et de l’Alliance des élèves et étudiants de l’AFP.  

Cette présente rencontre intervient à un moment crucial de l’actualité de notre pays, qui se trouve à la croisée des chemins et au cœur des débats. Débats qui sont alimentés par la fatigue des sénégalais avec la crise énergétique qui a fini de s’installer avec notamment la raréfaction du carburant, la hausse des prix du gaz butane, la hausse redoutée du prix du pain, du sucre, la hausse du prix du charbon de bois, la récurrence des coupures intempestives d’électricité, la difficulté pour de nombreux citoyens sénégalais dont le monde rural avec une agriculture à genoux après plusieurs campagnes désastreuses, une destruction total du tissu industriel sénégalais avec le pillage des principaux fleurons de notre économie : ICS, SAR, SENELEC, SONAC, …dont le corollaire est la perte de milliers d’empois, l’insalubrité à Dakar, insécurité surtout en Casamance,  …toutes choses qui font que la crise perdure encore !     

Ce séminaire se tient aussi à quelques semaines de la rentrée scolaire et universitaire avec le climat chargé et lourd de tensions que les sénégalais subissent et constatent malgré tous les discours d’assurance tenus et entretenus et surtout au moment où la question lancinante de l’immigration clandestine ne manque pas moins de constituer une préoccupation majeure des jeunes de l’AFP, qui ne sauraient se soustraire à la jeunesse du Sénégal. 

S’agissant de l’imminente  rentrée scolaire et universitaire, les prémices de sa bonne tenue n’existent pas du tout et des inquiétudes subsistent toujours, au regard du bras de fer instauré par les autorités de notre pays avec les syndicats de l’enseignement, le CUSEMS notamment. Les impairs et les dysfonctionnements sont le lot courant dans nos collèges, lycées et les crises sont devenues de plus en plus fréquentes dans nos universités et écoles de formation professionnelle, agitées aujourd’hui par le douloureux phénomène de la « fuite des cerveaux » aussi bien au niveau des enseignants que des étudiants. Des conditions précaires de travail et de faibles moyens de recherche font qu’aujourd’hui un pléthore de chercheurs sénégalais a préféré quitter nos amphithéâtres et laboratoires pour des cieux plus cléments. 

Pour ce qui du deuxième thème, nous voulons juste signaler que le taux de chômage des jeunes a atteint aujourd’hui des proportions jamais égalées dans les statistiques de notre économie nationale. Et malgré les tergiversations du régime en place et tout le tintamarre fait autour de cette question, il n’est pas permis d’entrevoir une lueur d’espoir. Cette dure réalité affecte tous les jeunes diplômés ou non tant en milieu rural qu’en milieu urbain.

L’emploi est plus que jamais une préoccupation nationale alors que beaucoup de jeunes avaient fondé un immense espoir de trouver leur premier emploi avec l’avènement de l’alternance, grâce à un chapelet de promesses jusqu’ ici jamais tenues du Candidat WADE. 

A Dakar, le taux de chômage des jeunes est au dessus de la moyenne nationale et touche 41% de ceux-ci (PNUD, 1998). Cette situation s’explique entre autres par l’arrivée de plus de 3000 nouveaux demandeurs chaque année. Et il faut signaler aussi que le niveau de chômage varie aussi en fonction du niveau d’étude. Ainsi, 10% des chômeurs ont un niveau secondaire, contre 8,5% qui ont un niveau supérieur et 3% de non instruits (DPS, 2002). 

On compte au Sénégal, plus de 90% de jeunes à la recherche d’un emploi, dont 87% sont sans qualification professionnelle ou n’ont pas de formation adaptée aux besoins des structures de la place. 

Devant la montée de ce dur fléau et ses conséquences sociales dangereuses, il appartient d’abord à nos autorités politiques  d’asseoir une politique nationale de l’emploi, c’est à dire un ensemble cohérent de démarches actives, diversifiées et organisées visant à promouvoir la création d’emplois durables pour tous. La polémique entre le ministère de la jeunesse et l’administrateur sortant du FNPJ a apporté la preuve de la gestion gabégique des deniers publics qui ont été mis entre les mains de ses responsables.  

Mais faute d’une vision claire et de stratégies appropriées pour trouver des solutions au chômage des jeunes, la seule initiative jusque là prise consiste en l’augmentation du Fonds National de la Promotion de la Jeunesse (FNJP), dont l’objectif était de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.  

Cet outil, a jusqu’à présent servi à entretenir une clientèle politique jeune, cupide mais, aussi à gérer des transhumants politiques jeunes en leur donnant leur part du «gâteau»; les rares financements de projets jusque là, effectués, ont bénéficié à des militants du Parti Démocratique Sénégalais, sans qu’aucune étude sérieuse ne soit menée sur leur rentabilité et des garanties prises en cas de défaillance des futurs débiteurs. 

Il en est de même pour les sources de financement allouées aux femmes du pays et qui ont vu la disparition d’un milliard deux cent millions d’après le Ministre de femme. 

Qu’il s’agisse du FNPJ, du FPE, du Crédit Agricole ou de toutes les structures liées à la micro-finance, la même opacité anime l’Etat-PDS, qui se soustrait des règles classiques de gestion, pour satisfaire les appétits d’un clan insatiable. 

Le douloureux phénomène de l’émigration clandestine est aujourd’hui l’illustration parfaite de l’échec du régime dit de l’alternance dans politique de jeunesse surtout dans le domaine de l’insertion et de la promotion des jeunes. ans la gestion de ce dossier, une grande sensibilité s’attache aux opérations de rapatriement de ces jeunes sénégalais que le régime ne peut retenir faute d’avoir échoué dans sa politique de jeunesse. Le MNJP estime que le retour de ces concitoyens doit toujours se faire dans le plus grand respect de la dignité humaine et des leurs droits naturels et intrinsèques en tant qu’êtres humains. La jeunesse de l’AFP invite donc le gouvernement sénégalais, en particulier le Ministre de l’Intérieur, à révéler aux citoyens sénégalais le réel contenu des accords ou conventions de rapatriement qui le lie à l’Espagne.  

Ce qui pourrait permettre au peuple de se faire une claire idée des engagements pris mais aussi et surtout que chaque sénégalais sache les conditions réelles dans lesquelles, nos jeunes compatriotes nous sont ramenés.  

A nos concitoyens jeunes, hantés par le mirage de l’Europe qui les poussent à choisir entre  d’y aller ou à la mort,  « Barça ou Barsackh », nous vous rappelons que notre camarade Secrétaire Général Moustapha NIASSE, grand visionnaire disait déjà le dans son appel historique du 16 juin 1999 : « Sachant que nous ne pouvons pas changer de pays, changeons notre pays ». 

Enfin, je termine en vous renvoyant au Rapport Introductif du Secrétariat Général lors du congrès ordinaire de l’AFP en ses points 23 et 128 où d’une part il nous rappelait que « toute sortie de crise, dans une optique de promotion d’un développement durable passe nécessairement par l’investissement et l’emploi, notamment des jeunes et des femmes, dans des secteurs essentiels de croissance économique du Sénégal ». D’autre part il disait, je cite : « L’emploi des jeunes est la priorité des priorités à la quelle nous devons consacrer l’essentiel de nos discussions au cours du Congrès ». 

Sur toutes ces questions, les réflexions de nos conférenciers que nous remercions au passage et des participants, déboucherons sans nul doute, des conclusions  qui pourront servir à notre parti d’enrichir  le programme que l’AFP et ses alliés proposeront aux sénégalais. 

Camarade Secrétaire Général, 

Les jeunes filles et garçons, membres du MNJP, en s’inspirant des valeurs cardinales de la société sénégalaise auxquelles, vous aimez faire référence dans vos discours, s’engagent  solennellement  à vous accompagner jusqu’à la Magistrature suprême. Il s’agit, entre autres, d’éthique, de morale, de courage politique, de sens de l’honneur, de vérité, de générosité,  de persévérance dans l’effort, d’humilité et surtout de patience. 

Je souhaite juste rappeler que nous devons tous être animé d’un esprit de démocratie qui implique aussi l'esprit de discipline qui conforte le parti dans ses bases morales et dans ses convictions pour un fonctionnement concerté de tous ses organes.  

L'esprit de démocratie et l'esprit de discipline impliquent, en toute logique, que tout débat se situe  exclusivement au sein des instances du parti. 

Chers camarades jeunes de l’AFP, 

Je ne saurais terminer mon propos sans vous réitérer mon vœu le plus ardent de voir unis comme les doigts d’une main la jeunesse de l’Afp. Nous devons tous comprendre, une bonne fois pour tout que c’est seulement dans l’unité, la solidarité et la générosité que nous pourrons relever tous les défis qui nous attendent. 

Nous devons également nous armer de tolérance constructive réaliser nos ambitions, face à l'adversaire, face à ses tentatives d'affaiblissement et d'isolement des forces vives de la nation dont la vocation demeure de conduire le Sénégal vers les changements qu'appelle le peuple.  

Je vais terminer en lançant un appel à mes camarades jeunes pour une mobilisation de toutes nos énergies par présence effective sur le terrain, une participation active aux débats politique et surtout la sécurisation du processus électoral devant avec toutes les tentatives du PDS dont la finalité est de frauder pour se maintenir au pouvoir. Nous devrons être prêts à donner de donner de notre sang pour sauver le Sénégal et car c’est  le sens de notre engagement militant.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

  Dakar le 23 septembre 2006

Mbaye DIONE
Secrétaire Général du MNJP