3ème Assemblée Ordinaire de l'Alliance Nationale des
Cadres pour le Progrès (ANCP)

Dakar, le 26 juillet 2009

 

Allocution d'ouverture de M. Bouna Mohamed Seck, Représentant
le Secrétaire Général de l'AFP, M. Moustapha Niasse

 

 

Camarades Membres du Bureau Politique,
Camarade Secrétaire Général de la FGTS,
Camarade Coordonnateur de l'ANCP,
Camarades Membres de l'ANCP,
Chers Invités Membres des partis de la Coalition victorieuse BENNOO SIGGIL SENEGAAL,
Chers Invités,
Mesdames, Messieurs,

En l'absence du Président Moustapha Niasse, que ses responsabilités internationales ont retenu à l'étranger, il m'échoit l'honneur de présider la cérémonie d'ouverture de la 3ème Assemblée Générale ordinaire de l'ANCP. J'accomplis volontiers ce devoir militant, car à quelques encablures du 19 mars 2000, j'ai eu l'opportunité de participer à la réunion qui a consacré la création de l'ANCP.

Aujourd'hui, malgré le chant lugubre des Cassandre, voilà que l'ANCP, structure affiliée à l'Alliance des Forces de Progrès, se pare de ses habits de lumière, après avoir méthodiquement organisé les nécessaires mutations qui lui ont permis de mieux cerner ses missions et de les exécuter à la plus grande satisfaction de notre parti. Le Secrétaire Général, le camarade Moustapha Niasse, m'a chargé de vous transmettre ses mots d'encouragement et ses vives félicitations, pour votre brillant bilan et les nombreux points positifs que vous avez engrangés, au cours des 30 derniers mois écoulés.

Non seulement, vous avez relevé le défi en augmentant sensiblement vos effectifs, mais vos six Commissions ont travaillé d'arrache-pied, pour couvrir l'ensemble des secteurs d'activités qui intéressent directement le vécu quotidien de notre peuple et la marche de notre pays. Attentifs aux péripéties comme aux perspectives, scrutant tous les horizons, vous avez investi avec minutie des domaines aussi variés touchant à l'éducation, à la santé, à l'économie, à l'agriculture, à l'hydraulique, à l'environnement, à la communication et aux Institutions. Vos réflexions ont eu un caractère éminemment fonctionnel, parce que vous avez été d'un apport appréciable dans la confection du programme de la Coalition pour l'Alternative (C.P.A.), dans la campagne électorale du Président Moustapha Niasse, dans les luttes du Front Siggil Senegaal, dans les travaux des Assises Nationales et dans les élections locales, véritable chant du cygne de la Coalition prédatrice qui continue de se réclamer abusivement d'un sopi devenu terne, ténébreux et hideux. Nombre d'entre vous, à l'image de votre Coordonnateur, le camarade Alioune Sarr, Président du Conseil rural de Notto, ont été élus dans les Collectivités locales de leur terroir. Bref, sans revendiquer bruyamment le profil de l'intellectuel organique de Gramsci, vous avez entendu rester collés aux pouls de votre peuple.

Avec votre manifestation d'aujourd'hui, vous vous soumettez à un exercice démocratique, parce qu'il s'agit d'évaluer vos activités, de dégager des perspectives en élaborant un programme pour 2009 - 2010 et en renouvelant les organes de l'ANCP, c'est-à-dire le Bureau et les Commissions. Dans les plénières comme dans les ateliers, vous aurez l'occasion de discuter librement du Rapport général, du bilan financier et des termes d'un règlement intérieur adapté aux impératifs de l'heure. Le format que vous avez choisi démontre à souhait que vous appartenez à un parti politique qui, au cours de ses dix années d'existence, a cultivé le débat démocratique, la concertation et la libre circulation des idées, en dehors de toute rigidité monolithique, même si le périmètre est défini par des axes que nous avons librement adoptés, lors de notre Congrès ordinaire de mars 2003. Une contre-vérité a beau été répétée mille fois, elle n'en reste pas moins une contre-vérité. Pour trouver ce parti où la liberté et les idées sont asphyxiées, il faut aller le chercher vers d'autres ailleurs, loin, très loin de l'Alliance des Forces de Progrès.

Le contexte que traverse notre pays appelle une réflexion fine, face à des données certes visibles, mais qui engendrent le déroulement d'une culture de ruse de la part d'un pouvoir finissant qui s'obstine à ne pas reconnaître que le Sénégal est bloqué, malade et essoufflé. La crise profonde, multidimensionnelle, affleure de tous ses pores, dans une douleur lancinante qui n'épargne aucun secteur d'activités, aucun segment de la population. En neuf années, le régime de Me Abdoulaye Wade a réussi la prouesse peu enviable d'organiser la mise à mort des poumons de l'économie nationale que sont l'agriculture, l'industrie, la pêche et le tourisme.

Le front social est en ébullition permanente, notamment dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'hôtellerie, du nettoiement, de la justice, des transports. Dans de nombreuses entreprises les travailleurs victimes des politiques meurtrières et prédatrices voient leurs emplois menacés et leur pouvoir d'achat diminué sans cesse, face à la flambée des prix. La réalité de l'étau de la vie chère que subissent les populations, toutes couches confondues, est bien antérieure à la crise internationale et aux facteurs exogènes convoqués par les tenants du pouvoir pour justifier l'injustifiable.

Malgré l'anémie des finances publiques et un taux de croissance prévisionnel qui tourne autour de 2 %, malgré le ralentissement de l'activité économique, malgré la détresse de la jeunesse dont une frange importante s'est appropriée le cri tragique BARCA OU BARSAKH, le Gouvernement de Me Abdoulaye Wade continue de pressuriser le peuple exsangue, en lui imposant de financer la gabegie, l'affairisme et le confort d'une clientèle dont une partie est casée dans une Assemblée Nationale illégitime et captive, un Sénat, un Conseil Economique et Social créés et composés sur des bases politiciennes et anti-démocratiques et une vice-présidence dont les contours ne peuvent être appréhendés que dans le cadre du projet monarchique abject, anachronique et suicidaire.

Ce schéma institutionnel dicté par le calendrier du Prince est accompagné d'actes attentatoires aux libertés, aux Droits de l'homme et ce, dans l'impunité et l'arrogance totales. L'arrestation des hommes politiques, des journalistes, la tentative d'assassinat du Président Talla Sylla, les tortures infligées à Karamoko Thioune et à Kambel Dieng, l'interdiction illégale des marches, la loi Ezzan, le refus de rendre compte de la gestion des deniers publics comme le cas de l'ANOCI, tout cela participe de la construction diabolique et progressive d'une dictature qui avance à pas feutrés, avec un masque confectionné par des composantes du discours démocratique. Dans son ouvrage intitulé le système totalitaire, Hannah Arendt explique clairement comment ce type de régime exécrable est construit par pallier.

La vigilance et le devoir de résistance s'imposent d'autant plus aux patriotes que le développement des évènements dans la sous région n'incite pas à l'optimisme. La victoire surprenante au premier tour de l'élection présidentielle dans un pays voisin semble indiquer que l'expertise de la fraude est exportable. Nous vivons donc dans un environnement marqué par l'insécurité. Insécurité de la vie démocratique, insécurité pour les personnes et les biens dans les espaces de la ville, des zones suburbaines, des campagnes et des zones frontalières. La mal gouvernance nous programme des lendemains incertains et veut nous imposer une absence totale de perspectives pour le pays et ses populations.

Dans un tel contexte, l'AFP comme toutes les formations politiques de l'opposition et tous les patriotes, est interpellée. Nous avons la chance d'avoir un Secrétaire Général qui, de par son parcours, son expérience, son profil, sa crédibilité au plan national comme sur la scène internationale, force le respect. Il a entamé la résistance contre les prédateurs de tous poils dès les premiers mois qui ont suivi la victoire du 19 mars 2000, alors qu'il était premier Ministre. Ce que le faux Prince a omis de préciser, c'est que le camarade Moustapha Niasse, alors premier Ministre s'était opposé à sa nomination comme Ministre des Finances, à la place d'un compatriote de loin plus compétent. Aujourd'hui, au sortir des dernières consultations locales, notre parti, sous la conduite de son Secrétaire Général, en alliance avec les forces de BENNOO, a pu avoir quelque 2.000 Conseillers bien répartis sur l'ensemble du territoire national. C'est cette AFP debout qui doit résolument marcher vers l'échéance du prochain Congrès ordinaire. Cet évènement constitue, pour nous, un outil de ruptures, dans la transparence, dans la démocratie totale, en évitant les réflexes frileux et les blindages. La vente des cartes doit se poursuivre au grand jour et les renouvellements conduits dans la lettre et l'esprit de nos textes réglementaires. Le prochain Congrès doit être un Congrès de rajeunissement, d'élargissement, d'adaptation pour que notre parti, après dix ans d'existence, émette des signaux très forts confirmant sa volonté de rester fidèle aux idéaux qui l'ont porté au cœur de l'histoire de notre pays, depuis le 16 juin 1999.

Nous devons également, avec les forces de BENNOO, le monde du travail et tous les patriotes de la Société civile adapter notre lutte, notre combat aux enjeux de l'heure. Il nous faut, avec intelligence, imaginer, ensemble, une nouvelle stratégie qui prenne en charge le réflexe autoritaire qui meut les tenants du pouvoir actuel.

Car, mes chers Camarades, notre entreprise d'aujourd'hui, comme hier celle des pères de l'Indépendance, est une tâche de libération nationale, pour sauver notre pays des serres de la camarilla de prédateurs qui plombent l'avenir. Notre peuple, avec courage, sérénité et fierté, lors du scrutin du 22 mars 2009, a projeté à notre endroit un message pluriel d'unité, de rejet de l'existant, de rejet du projet monarchique infect. Le dialogue politique auquel on nous invite doit avoir pour tempo les échos de ce message clair de notre peuple qui nous a accompagnés, malgré les intimidations de toutes sortes dans la conduite des Assises Nationales, jusqu'à leur terme. Aujourd'hui, la seule évocation des Assises Nationales provoque des démangeaisons et des urticaires chez les affidés du régime de Me Abdoulaye Wade.

Ils ont tourné le dos au peuple, ils ont brûlé leurs vaisseaux. Quant à nous, nous avons choisi, ensemble, de lever résolument les voiles, pour jeter l'ancre sur tous les ilots de résistance, dans le but de les développer, de les fructifier, de les fédérer et de mettre un terme au règne de l'affairisme d'Etat, de la médiocrité et de l'arrogance. Pour que des scandales comme ceux de Mbane, des terrains de l'Aéroport, du pseudo Monument de la Renaissance, de l'ANOCI - que sais-je encore ? - ne soient plus qu'un mauvais souvenir.

Je conclurai en félicitant, au nom du Président Moustapha Niasse et du Bureau politique, le Coordonnateur, le Camarade Alioune Sarr, le Bureau de l'ANCP et les membres du Comité d'organisation.

En souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouverte, au nom du Secrétaire Général, le camarade Moustapha Niasse, la 3ème Assemblée Générale ordinaire de l'ANCP.


Dakar, le 26 juillet 2009 

Bouna Mohamed Seck