Communiqué du Bureau politique de l'AFP

Samedi 7 décembre 2002



Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le samedi 7 décembre 2002 sous la présidence du Secrétaire Général du parti, M. Moustapha Niasse, en vue d'examiner l'ordre du jour suivant :

1° - Examen de la situation nationale,

2° - Préparation du 1er Congrès ordinaire du parti.

Face à la campagne d'intimidation agitée par le pouvoir à l'encontre du leader de l'AFP et ayant trait à la question des passeports délivrés par l'Etat dans le cadre du Bureau de Promotion Economique du Sénégal dans les pays du Sud-Est asiatique, le Bureau politique de l'AFP rappelle le principe intangible suivant : l'AFP tient, en toutes circonstances, à observer dans son combat et à exiger de tous les autres acteurs de la vie publique nationale, la primordiale importance de l'éthique et de la foi, sans lesquelles la politique perd tout fondement moral.

C'est pourquoi, le Bureau politique de l'AFP exprime à M. Moustapha Niasse sa solidarité totale et réaffirme la détermination de l'ensemble des militants du parti à se mobiliser aux côtés de leur Secrétaire Général pour la défense de la démocratie et de l'État de droit dans notre pays.

Considérant les prises de position courageuses des démocrates sénégalais devant les dérives qui ont conduit à une situation pareille, le Bureau politique de l'AFP adresse ses remerciements aux leaders des partis membres du CPC et aux autres partis politiques ainsi qu'au Secrétaire exécutif de la RADDHO et au Coordonnateur du Comité d'Initiatives des Intellectuels sénégalais qui se sont levés pour faire échec aux menées visant à combattre un adversaire politique, par l'utilisation des appareils de la puissance publique.

Dans l'esprit du combat engagé par les patriotes et démocrates sénégalais, le Bureau politique de l'AFP félicite très chaleureusement le Secrétaire Général du parti, qui, lors de sa prestation du mercredi 4 décembre 2002, avec le sérieux et la compétence qui lui sont reconnus, a apporté à l'opinion nationale et internationale, tous les éléments d'appréciation qui fondent, sur la base du Droit, la réalité du programme d'investissement du Bureau de Promotion Economique du Sénégal dans les pays du Sud-Est asiatique. Dans ce cadre, M. Moustapha Niasse, en tant que Ministre des Affaires étrangères et Ministre de la République, avait rempli, avec loyauté et dévouement, la mission que l'Etat avait confiée, en 1996, à son département.

L'opinion publique sénégalaise, a noté, au demeurant, la pertinence et la clarté des données fournies au sujet de l'application de ce programme.

En conséquence de toutes ces données le Bureau politique de l'AFP engage le Président de la République incessamment à se situer en dehors de ces considérations partisanes et de la diversion politicienne. En effet, les Sénégalais n'ont pas élu, en mars 2000, un Président de la République pour que celui-ci place son mandat sous le signe du harcèlement politico - judiciaire contre ses adversaires politiques, au moment où les priorités liées au redressement et à la relance économique interpellent tous les Sénégalais.

La décision prise par le Secrétaire Général de l'AFP de se présenter librement devant la presse pour apporter à l'opinion publique nationale et internationale tout l'éclairage nécessaire sur ce dossier, constitue un exemple de transparence que le parti souhaite partager avec tous les acteurs de la classe politique nationale. Et l'AFP invite, à cet effet, tous les responsables cités dans des affaires ou des dossiers à en faire de même.

Enfin, le Bureau politique de l'AFP ne compte pas se laisser divertir : les Sénégalais ont pris la pleine mesure du drame qu'ils vivent dans leur chair. En effet, par delà la campagne de diffamation entreprise contre le Secrétaire Général de l'AFP, pour des motifs purement politiques, l'objectif visé par le pouvoir n'est rien d'autre que de faire oublier aux Sénégalais, les difficultés et les échecs récurrents nombreux et palpables menés par Maître Abdoulaye Wade. En vérité, les Sénégalais refusent la politique de l'oubli. C'est pourquoi, ils exigent le respect de leur droit à l'inventaire sur :

- la responsabilité de l'État devant le drame du naufrage du "Joola";

- l'échec de trois campagnes arachidières successives qui ont conduit le monde rural à la famine et à un état de grande pauvreté ;

- l'enlisement du pouvoir au milieu du dossier brûlant de la Casamance ;

- l'absence de toute vision politique pour répondre à une forte demande sociale et aux conséquences générées par une telle situation ;

- le caractère inopérant des mesures soit-disant mises en œuvre pour lutter contre l'insécurité dans les villes et les campagnes ;

- l'échec des dossiers de la privatisation de certaines sociétés d'Etat ;

- le drame de la circulation dans l'agglomération de Dakar, facteur du blocage du développement de la Ville et des cités de banlieue avec toutes les conséquences qui en découlent sur l'économie et sur la santé des populations ;

- L'échec des tentatives annoncées pour promouvoir une politique favorable à l'investissement privé.

Tous ces phénomènes ont conduit à une situation de récession dans tous les secteurs productifs. A cet égard, le Bureau politique de l'AFP, rappelle qu'il y a deux mois, l'AFP avait prévu un taux de croissance de moins de 3 % pour 2002, provoquant les dénégations du Gouvernement de Me Wade, qui annonçait un taux de croissance de 5 % pour 2002. Ce même Gouvernement vient d'avouer, à l'occasion de la Session budgétaire du Parlement, que notre pays connaîtra en fin de compte un taux de croissance de 2,4 %, au lieu de l'hypothèse initialement annoncée de 5 %, hypothèse sur laquelle avait été confectionnée le budget de 2002.

En outre, le déficit de recouvrement des recettes de 2002 viendra ainsi s'ajouter au déficit initialement prévu et détériorer sérieusement la situation des finances de l'Etat. Persistant dans ses errements, le Gouvernement présente, au surplus, un budget 2003 confectionné sur l'hypothèse irréaliste d'une croissance des recettes de 5 % pour 2003, qui n'est fondée sur aucune projection sérieuse et qui ne tient pas compte des moins-values importantes de l'année 2002.

Evoquant les préparatifs du 1er Congrès ordinaire du parti, le Bureau politique de l'AFP constate, avec satisfaction, l'évolution des travaux des commissions techniques instituées à cet effet et encourage les présidents et animateurs de ces commissions à poursuivre les efforts en cours.

 

Dakar, le 7 décembre   2002

Le Bureau Politique de l'AFP