Communiqué du Bureau politique de l'AFP

Jeudi 31octobre 2002



Le Bureau Politique de l'AFP. s'est réuni le jeudi 31 octobre 2002 sous la présidence du coordonnateur national, M. Madieyena Diouf, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, en mission à l'étranger. Lors de sa séance, le Bureau Politique a examiné l'ordre du jour suivant :
  • Situation nationale
  • Vie du Parti

Au moment où l'aile du PDS la plus arrogante, la plus intolérante, la plus incompétente, bref la plus nuisible, étale ses tentacules partout, le Chef de l'État, Maître Abdoulaye Wade, refuse de tirer les conséquences des responsabilités qui sont les siennes, devant les crises qui assaillent le peuple et continue de s'en prendre aux Sénégalais, qui précisément l'avaient élu à la magistrature Suprême pour apporter les solutions, qu'il dit détenir.

En effet, le Bureau Politique juge les réponses, jusqu'ici fournies, par le Chef de l'Etat, inadmissibles et irrecevables, surtout lorsque que devant des cas, où des responsabilités sont connues et situées, le Président de la République tente de rendre anonyme la corruption qui gangrène le pays. En effet, Maître Wade s'évertue, devant ces cas de mal gouvernance et de prévarication, à évoquer l'irresponsabilité collective des Sénégalais, pour justement discréditer la lutte contre la corruption et dissimuler, derrière le prétendu incivisme collectif, les lourdes fautes commises par des auteurs, qui se trouvent être ses proches collaborateurs, voire ministres.

Le Bureau Politique de l'AFP est vivement préoccupé par ces pratiques de nature à banaliser la grande délinquance économique.

Sur ce plan, le Bureau Politique de l'AFP rappelle au Président de la République et aux auxiliaires de sa machine de propagande les dénégations qui ont accompagné sa sortie virulente contre Transparency International et contre le rapport du PNUD sur la corruption au Sénégal. Il est temps de saisir le taureau par les cornes et de s'attaquer à la racine du mal, après un mea culpa en bonne et due forme qui se fait encore attendre. De ce point de vue, il est légitime de s'interroger sur l'opacité qui a entouré les réfections du Palais et de l'Avion présidentiels, ainsi que celle de la résidence de Popenguine.

Les mêmes errements n'épargnent pas le monde rural, déjà durement éprouvé. Le Bureau Politique exige du gouvernement qu'il fasse, en toute transparence, la lumière sur les conditions, les modalités d'acquisition et de distribution des vivres de soudure. Est-il acceptable que quelque 10 % de l'enveloppe destinée aux paysans soient constitués de bénéfices indus empochés par des gens sans scrupules ? Le bureau politique de l'AFP met solennellement en garde le Gouvernement pour que cette question ne subisse pas le même le traitement réservé au détournement d'objectifs des six milliards

Le Bureau politique engage le Gouvernement de Maître Wade à entamer, dans les plus brefs délais et dans la transparence absolue, la deuxième phase d'assistance au monde rural. Par ailleurs, au moment où nombre de ruraux ont par devers eux des bons impayés, le chef de l'Etat, lors de sa prestation pendant les journées nationales consacrées au monde rural, s'adonne à son sport favori, en agitant des mirages, la nouvelle loi d'orientation agricole.

Le Bureau Politique de l'AFP appelle le Président de la République à prendre la pleine mesure de la gravité des problèmes du monde rural, en particulier de la destructuration, à la suite de deux mauvaises campagnes, de l'économie rurale, des risques réels de dés-industrialisation, de la pérennisation du déséquilibre entre la ville et la campagne et enfin les conséquences de la désarticulation entre la culture de l'arachide et l'industrie. L'interaction de cet ensemble de facteurs négatifs va provoquer des ruptures dangereuses sur l'équilibre entre les régions et partant ébranler les soubassements de l'économie nationale.

Dans un tel contexte qui favorise l'exclusion sociale, le Bureau politique de l'AFP engage le Gouvernement de Maître Wade à éviter d'exercer des pressions sur les rescapés et les familles des victimes du bateau "le Joola". En effet, dans un État de droit, on ne saurait exclure d'emblée les procédures judiciaires.

A cet égard, le Bureau politique stigmatise la démarche empreinte de duplicité de certains membres de la représentation parlementaire qui ont exercé des pressions directes sur la famille d'une citoyenne, victime de la violence d'un ancien gros bras, devenu député.

Par ailleurs, le Bureau politique invite le Gouvernement de Maître Wade à prendre les mesures idoines pour abréger cette épreuve insoutenable imposée aux familles, que constitue la situation actuelle de l'épave du bateau " Le Joola ".

Examinant le deuxième point de son ordre du jour, le Bureau Politique place le combat de l'AFP sous le signe de l'urgence de la lutte contre les dérives des puissants lobbies qui menacent la République. Le Bureau politique de l'AFP exhorte ses militants à lutter pour renforcer le parti et en faire un rempart solide de la lutte pour la renaissance économique et morale du Sénégal. Le Bureau politique invite tous ses militants à se mobiliser pour placer le Congrès de l'AFP sous l'auspice de la modernité politique, de l'ouverture, de l'unité et du rassemblement en direction des forces du changement démocratique, de la réforme et de la rénovation sociale. Jamais, l'AFP ne sera l'opposition domestiquée du Prince !

 

Dakar, le 31 octobre  2002

Le Bureau Politique de l'AFP