Communiqué du Bureau politique de l'AFP

Jeudi 17 octobre 2002


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 17 octobre 2002, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, en mission à l'étranger, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur national, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

  • situation politique nationale
  • vie du parti
  • situation en Côte d'Ivoire

Abordant le premier point de son ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP est revenu sur la tragédie du bateau "Le Joola". Le Bureau politique de l'AFP a engagé le Gouvernement de Me Wade à favoriser le déroulement de l'enquête dans des conditions optimales et à exploiter les conclusions jusqu'à leurs conséquences ultimes. Il faut que justice soit rendue !

Pour faire face aux urgences, le Gouvernement doit assumer entièrement ses responsabilités en prenant en charge effectivement les rescapés et étudier la question de leur indemnisation, ainsi que celle des familles des victimes, avec diligence et équité.

Le Bureau politique de l'AFP déplore les accents indécents du Ministre de la Culture lors de son oraison funèbre qui était en porte-à-faux avec les valeurs que le Président de la République avait convoquées à Ziguinchor. En outre, au cours de la même cérémonie, le rite républicain a été outrageusement foulé aux pieds. Par ailleurs, le Bureau politique exprime sa vive préoccupation à la suite des évaluations fantaisistes et incohérentes du Gouvernement de Me Wade à propos du nombre des victimes de la tragédie du "Joola".

En ce qui concerne le monde rural, le Bureau politique de l'AFP constate qu'à ce jour il existe encore des bons impayés des deux dernières campagnes agricoles. A cette iniquité patente, il faut ajouter la distribution opaque des vivres de soudure qui, jusqu'ici, n'a pas fait l'objet d'un bilan crédible.

Par ailleurs, le Gouvernement n'a pas tiré les leçons des deux campagnes agricoles désastreuses qui ont accentué la paupérisation du monde rural. Les réunions et autres séminaires se suivent et, à ce jour, le prix au producteur de l'arachide n'est pas encore fixé. Les prévisions les plus optimistes évaluent les prochaines récoltes à 400.000 tonnes au plus, soit une baisse de plus de 60 %. Si l'on tient compte de l'autoconsommation évaluée à250 000 tonnes , il ne restera plus que 150 000 tonnes à répartir entre les semences et la trituration dans les usines de la Sonacos et de la NOVASEN. Puisque les paysans n'ont pu conserver des réserves personnelles de semences, il y a un risque réel d'année arachidière blanche au Sénégal en 2003. La situation financière de la Sonacos, qui était déjà peu enviable, risque de s'aggraver et ses activités connaîtront un ralentissement préjudiciable à l'emploi et à la consommation interne. Une nouvelle flambée des prix des produits de la Sonacos est à craindre. L'AFP exhorte le gouvernement à plus de vigilance pour que la privatisation de cette société stratégique de l'économie nationale, prévue l'année prochaine ne se fasse pas dans les pires conditions compte tenu de l'environnement délétère ainsi crée.

Par ailleurs, il est impératif que le gouvernement procède à une évaluation externe du système carreau -usine, tel que l'ont déjà demandé l' AFP et le CNCR .

Le monde rural souffre déjà d'un déficit céréalier important auquel viendra s'ajouter une baisse des revenus monétaires. Tous ces facteurs conjugués devraient entraîner un nouvel appel à l'aide internationale. On se souvient de l'appel du Président de la République à la communauté internationale suivi, peu de temps après, de la présentation d'excuses aux motifs que le Gouvernement avait été abusé par l'opposition et la presse "toutes tendances confondues". Après de telles incohérences, il est évident que la crédibilité du Gouvernement de Me Wade est largement entamée.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a évalué les progrès effectués dans la structuration du parti qui devra se poursuivre jusqu'au niveau des délégations régionales. Il engage le Comité national préparatoire du 1er Congrès ordinaire à organiser méthodiquement ce grand rassemblement qui constituera un jalon important dans l'histoire de l'AFP, en tant qu'outil de promotion des idéaux pour lesquels le peuple du 19 mars s'est levé.

Enfin, le Bureau politique de l'AFP a exprimé sa vive préoccupation sur la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire. Il encourage le Président de la République, Président en exercice de la CEDEAO, à poursuivre ses efforts de médiation entre le Gouvernement ivoirien et les mutins pour un retour à la légalité républicaine et à la paix.

Fait à Dakar, le 17 octobre 2002

Le Bureau politique de l'AFP.

 

Dakar, le 17 octobre  2002

Le Bureau Politique de l'AFP